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Publié par Soizick David, le 29 Juin 2026

À Montoir-de-Bretagne, l’École de Production de l’Agglomération Nazairienne ferme ses portes

L'École de Production de l'Agglomération Nazairienne (EPAN) n'accueillera pas d'élèves à la rentrée de septembre faute de financements suffisants.

À Montoir-de-Bretagne, l’École de Production de l’Agglomération Nazairienne ferme ses portes
Les élèves de l'EPAN ont été chargés de restaurer la bouée rouge de Pornichet © SaintNazaireNews.fr

Une école qui affiche de bons résultats, dont les élèves décrochent leur diplôme en remettant le pied à l'étrier, et trouvent un emploi dans des métiers en tension sur le territoire… Mais qui est contrainte de fermer faute de financements et de labellisation… C'est la situation de l'EPAN, l'École de Production de l'Agglomération Nazairienne, implantée à Montoir-de-Bretagne. Réunie en assemblée générale le 26 juin, l'association qui porte l'établissement a acté sa fermeture définitive. En cause, l'impossibilité d'assurer un plan de continuité et de financer le fonctionnement annuel d'environ 250 000 euros, conséquence notamment d'un refus de labellisation par l'Éducation nationale.

Une école reconnue par les entreprises

Créée en 2022 pour répondre aux besoins de recrutement de l'industrie locale, l'EPAN accueillait cette année 22 élèves, dont beaucoup avaient connu un parcours scolaire difficile. Son principe pédagogique, basé sur le « faire pour apprendre », accorde une place prépondérante à la pratique en atelier, au travers de commandes réelles passées par des entreprises ou des collectivités. Les résultats étaient au rendez-vous. Les élèves obtenaient leur diplôme de CAP en chaudronnerie ou soudage, poursuivaient leurs études ou rejoignaient directement le monde du travail. Mais ce modèle, pourtant reconnu par les industriels, se heurte à une réalité administrative. L'école de production a besoin d'un label de l'éducation nationale pour prétendre à certaines subventions indispensables à son fonctionnement. Si cette labellisation a été accordée à des écoles de production similaires dans d'autres régions, cela lui a toujours été refusé par l'Académie de Nantes. « Le dossier est remonté jusqu'au ministère de l'Industrie, mais rien n'y fait », regrette Pierre Sallenave, président de l'école. Les deux premières années, des aides destinées au lancement avaient permis d'assurer l'activité. Aujoiurd'hui, il faudrait trouver chaque année près de 250 000 euros pour faire tourner l'école. Le compte n'y est plus.

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« On a tout étudié »

Face à cette situation, plusieurs scénarios ont été étudiés plusieurs mois avec la Fédération nationale des écoles de production, qui rassemble une soixantaine d'établissements en France, et à laquelle appartient l'EPAN de Montoir-de-Bretagne. « Deux solutions s'offraient à nous : la fermeture ou un plan de continuité », explique Pierre Sallenave. Recherche de nouveaux partenaires, sollicitations des entreprises, échanges avec les collectivités et les pouvoirs publics… « On a tout étudié », assure-t-il. Mais aucune solution n'a permis de sécuriser durablement le financement de l'école. La fermeture laisse aujourd'hui onze élèves de première année dans une situation délicate. Alors que les onze étudiants de deuxième année termineront leur cursus et passeront leurs examens, leurs camarades ne retrouveront pas les bancs de l'EPAN en septembre. « Nous sommes en train d'étudier chaque situation afin qu'ils puissent poursuivre leur parcours dans des structures classiques», indique le président. L'établissement employait également l'équivalent de trois salariés à temps plein.

« Une école du savoir-être et du savoir-faire »

Au-delà de la disparition d'un établissement, Pierre Sallenave regrette la perte d'un modèle éducatif qui avait trouvé sa place. « C'est la disparition d'une école du savoir-être et du savoir-faire », confie-t-il. Chaque année, les élèves réalisaient des projets concrets pour des acteurs locaux. L'an passé, ils avaient restauré la bouée rouge de Pornichet. Cette année encore, ils ont réalisé les supports photographiques de l'exposition estivale Cargo. Le président évoque surtout le parcours des jeunes accueillis par l'EPAN. Souvent en rupture avec le système scolaire traditionnel, ils retrouvaient ici confiance à travers un enseignement fondé sur la pratique, l'accompagnement et le travail en équipe. « Depuis le mois de janvier, on voyait les élèves de première année se tirer mutuellement vers le haut », observe-t-il. Une dynamique qui s'arrêtera avec la fermeture de l'école, malgré des besoins toujours importants de recrutement dans l'industrie nazairienne. Et un crève-coeur pour tous ceux qui se sont investis.

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