Achat d’un véhicule neuf : le malus écologique explose au 1er janvier

Thierry Rondeau (Peugeot Saint-Nazaire / La Baule) et Nicolas Fourrage (Renault Saint-Nazaire), détaillent ce que la nouvelle grille de malus réserve aux acheteurs.

Vous songez sérieusement à changer de voiture ? Mieux vaut ne pas remettre votre projet à 2020 si vous ne voulez pas trop alourdir la note. À compter du 1er janvier, l’entrée en vigueur de nouvelles normes mesurant les rejets de CO2 impactera plus de la moitié des nouveaux véhicules immatriculés, avec pour conséquence directe une forte augmentation des malus, parfois de plusieurs milliers d’euros. Les véhicules les plus touchés ? Les essences, les compactes sportives, mais aussi la voiture familiale de monsieur tout le monde.

Une période de transition jusqu’au WLPT

Un nouveau protocole d’homologation WLPT ((Worldwide Harmonized Light Vehicles Test Procedures) mis en place pour les véhicules neufs, aurait du entrer en vigueur au 1er janvier 2020. L’état n’étant pas prêt administrativement, son application a été repoussée au plus tard au 1er juin 2020, et c’est une norme existante, le NDEC qui le remplacera jusqu’à son application. Dès le 1er janvier, le seuil de déclenchement du malus écologique sera ainsi fortement abaissé (à partir de 110 g/km de CO2, contre 117 g/km actuellement), et le malus maximum passera de 10 500 à 12 500€ (les véhicules émettant dès 173 g/km contre 191 actuellement seront concernés).

Les véhicules essence seront les plus taxés

Des véhicules jusque là exonérés de malus seront taxés, et alors que les diesels sont régulièrement pointés du doigt, ce sont les véhicules essence qui seront les plus durement touchés, car émettant structurellement plus de CO2. Les modèles de type “familiale” seront également fortement taxés, et dans l’ensemble, les plus impressionnantes augmentations concerneront des véhicules dont les émissions sont de 128g de CO2/km (malus plus de 7x plus fort). Des constructeurs pensent ainsi déjà abandonner la commercialisation de certains véhicules trop impactés. Pour exemple, une Fiat Tipo T-Jet 120 chevaux (152 g/km) obtiendra un malus de 4 279 € (soit plus de 20% de son prix d’achat), tandis qu’une Dacia Duster TCe 130 chevaux (138 g/km) s’acquittera d’un malus de 1 276 euros. De quoi semer la confusion dans l’esprit des automobilistes, pour qui ces changements ne sont souvent pas très clairs.

Et après le 1er juin 2020, les acheteurs paieront-ils moins ?

Si vous pensiez attendre le nouveau WLPT au 1er juin 2020 pour bénéficier d’un malus moins lourd, détrompez-vous. Certes, le seuil de déclenchement passera de 110 à 138 g/km. Cependant, les émissions de CO2 vont fortement augmenter, de 24,8 % en moyenne avec le WLTP, entraînant un changement de tranche immédiat de tous les véhicules. Par exemple, le Ford Puma 1.0 EcoBoost mHEV de 125 ch émet 96 g/km en NEDC 2.0 (avant juin 2020) et 125g/km en WLTP (après juin 2020). La facture continuera donc d’être salée pour un acheteur de véhicule neuf à moteur thermique, même si paradoxalement celui-ci pollue moins que celui de son voisin acheté il y a 5 ans (Selon l’Ademe, 75 % des véhicules neufs en France émettent moins de 140 grammes de CO2/km, contre 40 % il y a cinq ans). Une incitation sans équivoque à se tourner vers des véhicules à motorisation électrique : le gouvernement a ainsi prévu d’augmenter de 131 millions (soit une augmentation de 50 %) l’enveloppe dédiée au bonus écologique pour l’achat d’une voiture électrique en 2020.

Publié le 13/11/2019 à 19:56.