Affaire Deniaud Arnout : l’élue Florence Beuvelet s’adresse au maire

La conseillère régionale et conseillère municipale Florence Beuvelet se dit "triste de ce gâchis" dans l'affaire Deniaud Arnout.

Affaire Deniaud Arnout : l’élue Florence Beuvelet s’adresse au maire

Florence Beuvelet a annoncé s’associer au collectif d’élus “ilsnenousferontpastaire” dans l’affaire qui oppose actuellement plusieurs élu(e)s du Conseil Municipal. Elle revient sur le devoir des responsables publics de signaler les violences faites aux femmes, et sur son expérience personnelle au Conseil Municipal.

La lettre de Florence Beuvelet

« Monsieur le Maire,

Depuis quelques jours, les médias nationaux, régionaux et les réseaux sociaux, nous diffusent
des informations sur des faits de violences sexuelles qui se seraient produits entre membres
de votre majorité municipale et dont vous avez eu connaissance.

La présomption d’innocence est le principe bien évidemment et il appartient désormais à la
justice de faire son travail. Je m’associe personnellement à cette tribune d’élus qui ont osé
briser le silence et révéler ces faits. Les violences faites aux femmes sont une plaie de notre
société. Nous, responsables publics, nous avons le devoir et je dirais même l’injonction de les
signaler. La loi nous y oblige.

Si je m’en réfère à ce que je lis, et précisément à votre déclaration, alors que vos adjoints vous
ont rapportés les faits il y a un an en s’en indignant et que la personne elle-même vous a
relaté les violences qu’elle a vécues. Pourquoi n’avez-vous pas agi immédiatement ? Quel cas
faites-vous de la souffrance de cette jeune femme qui s’est livrée à vous en toute confiance ?

Au Conseil municipal puis sur les réseaux sociaux j’ai subi les insultes d’un de vos adjoints,
Vous n’avez pas réagi, je n’ai jamais eu d’excuse, ni de vous, ni de lui.

Monsieur le Maire, vous nous faites régulièrement des leçons de vie et de morale au Conseil,
je vais à mon tour vous dire ce que je ressens aujourd’hui. Je pense que notre ville est plongée
dans ce scandale à cause de votre inertie et de votre toute puissance.

Nous attendons d’un maire qu’il sache prendre en conscience les décisions adéquates lorsque
les circonstances et les textes l’exigent.

Cette histoire malheureuse qui éclate au grand jour faute d’écoute et de respect de la parole
d’une femme, est très significative du climat qui règne dans la gestion de notre ville. Il y a les
mots, les belles promesses, la communication, la façade et aujourd’hui les actes, la réalité.

Humaniste, Inventif et Fraternel ? Peut-on parler d’humanisme quand on ne prend pas en
considération la souffrance de ses proches ? Peut-on évoquer la fraternité quand on ne tend
pas la main et que l’on se tait ?

En tant que conseillère municipale, en tant que femme, je suis très triste de ce gâchis dans
notre ville. Je mesure la souffrance morale de cette femme qui vit avec cette blessure et dont
la parole a été bafouée. Sa douleur méritait d’être reconnue dans l’instant où elle vous la
confiait.

Florence Beuvelet,

Conseillère municipale Saint-Nazaire
Conseillère communautaire Carene
Conseillère régionale Pays de la Loire
»

Publié le 04/06/2019 à 17:57.