Ahmed Moussa, portrait d’un amoureux de Saint-Nazaire

Capitaine du SNAF, Ahmed Moussa, 37 ans, est un sportif incontournable dans la cité portuaire. Rencontre avec un footballeur qui détonne.

Ahmed Moussa, portrait d’un amoureux de Saint-Nazaire

Cela fait déjà trente ans qu’il foule les pelouses de la Presqu’île. Il en rigole : « On me dit souvent que je fais plus jeune que mon âge ». Du haut de ses 37 ans, Ahmed Moussa a pourtant encore des jambes de feu. Il est le capitaine du Saint-Nazaire Atlantique Football depuis sa création (2014). Deuxième meilleur joueur de Division d’Honneur l’an passé (sixième niveau français), le milieu de terrain a tout connu dans la cité portuaire. Arrivé à trois ans en provenance d’Oran (Algérie), il grandit dans le quartier du Petit-Caporal. Elevé par une mère seule, il acquiert très tôt une grande maturité et « fuit les mauvaises fréquentations ». Aujourd’hui installé à proximité du centre-ville, il avoue « être attaché à Saint-Nazaire » et ne s’imagine pas vivre ailleurs. En dehors du football, Ahmed travaille en intérim pour la SEPIG (compagnie des eaux) du côté d’Herbignac. S’il ne possède pas le statut de footballeur professionnel, il investit pourtant du temps à sa passion qui ne lui garantit qu’un petit complément de salaire : « Avec trois entraînements par semaines et les week-ends pris par les matchs, ce n’est pas facile d’allier la vie de famille et le sport ». Alors dès qu’il le peut, il passe du temps en famille, avec ses trois enfants, sur le front de mer. « Nous aimons y faire des sorties à vélos. C’est aussi un bel outil pour parfaire ma préparation physique avant la saison ».

Cinéphile et mélomane

Sa longévité à ce niveau de compétition, Ahmed Moussa la doit en grande partie à son hygiène de vie. « Je ne fume pas et ne bois pas. Cela me permet de garder une certaine forme physique ». Cet amateur de cinéma d’horreur, ancien et récent, n’est pour autant pas un ermite. « Après les victoires, nous sortons pour décompresser avec l’équipe, souvent du côté de Pornichet. C’est un moment convivial indispensable ». En observateur avisé de la vie locale, il reconnaît que la ville manque d’établissements pour faire la fête : « Saint-Nazaire n’est pas une ville festive mais, de ce point de vue là, ça s’améliore. Notamment avec le projet de la place du Commando. J’espère que ça va continuer dans le bon sens car il fait bon vivre ici ». Footballeur atypique, il détonne par son phrasé impeccable et interpelle même ses jeunes coéquipiers par ses goûts musicaux: « Ils ne veulent pas monter avec moi dans le bus, lâche-t-il avec un grand sourire. J’écoute RFM et j’aime la musique des années 1980. Le rap d’aujourd’hui, trop peu pour moi. Du coup, ils gardent leurs casques sur les oreilles… ». Aucun doute possible, Ahmed a bien grandi dans les années 1980.

Saint-Nazaire - Châtaigneraie (DH), samedi à 18h30 à Léo-Lagrange.

Publié le 07/12/2017 à 20:02.