Exposition photographique Vivian Maier à Saint-Nazaire

La Médiathèque Etienne Caux accueille l'exposition d'une des plus grandes photographes de l'Amérique du XXème siècle jusqu'au 30 décembre.

Quelle histoire émouvante que celle de Vivian Maier, photographe de “Street Photography” aujourd’hui reconnue dans le monde entier et dont l’oeuvre n’aura connu le succès qu’après sa mort.

Un trésor vendu aux enchères

Tout débute lorsqu’en 2007 John Maloof, jeune agent immobilier de Chicago, rachète dans une vente aux enchères plus de 30 000 négatifs de photos des rues de Chicago en vue de réaliser un livre sur le quartier de Portage Park. Un peu déçu, ne trouvant pas les vues escomptées, il les laisse dans un coin sans plus y penser. Ce n’est qu’un an plus tard qu’il s’y intéresse à nouveau et en découvre la réelle nature et l’incroyable qualité artistique : des milliers de photos des rues de Chicago datant des années 50, des enfants jouant sur le pavé, des vieillards et des mendiants, des visages ravagés par la vie ou d’autres éclairés de joie, et souvent une femme, toujours la même, appareil photo autour du cou, qui semble s’amuser à photographier son reflet dans les miroirs ou les vitrines de magasins. Dans le même temps à Chicago, Vivian Maier, vieille femme de 83 ans, meurt dans la pauvreté. Elle a du vendre aux enchères quelques mois auparavant le peu qu’il lui restait : des cartons entreposés dans un garde-meuble et dont elle ne pouvait même plus payer la rente. John Maloof ne retrouvera sa trace que peu de temps après sa mort alors qu’il publie un premier livre de ses photos, et que les milieux artistiques et photographiques saluent déjà le talent et la poésie de l’artiste. Le succès arrive donc trop tard pour Vivian, anonyme inconnue qui aura pourtant tout consacré à sa passion, la photographie.

Mais qui est donc Vivian Maier ?

Vivian Maier est née à New-York en 1926 d’un père américain et d’une mère française originaire de Saint-Julien-en-Champsaur dans les Hautes-Alpes. Son enfance est marquée par le divorce de ses parents alors qu’elle n’a que 3 ans. Sa mère trouve alors refuge chez une amie française, Jeanne Bertrand, photographe professionnelle reconnue et qui aurait beaucoup joué dans l’éveil de Vivian pour la photographie. Elles vivent toutes les trois quelques années dans le petit village alpin avant d’embarquer définitivement pour les États-Unis en 1938. C’est à l’occasion d’un héritage que Vivian revient seule à Saint Julien en 1950, héritage qui lui permettra de s’offrir un appareil Rolleiflex professionnel. De retour aux États-Unis, elle travaille désormais comme nounou à New-York puis à Chicago et dès lors, elle ne cessera de photographier les rues et les visages, pour son plaisir et sa passion, sans jamais chercher à exposer. Un de ses anciens employeurs dont elle gardait les enfants se souvient de son arrivée dans la famille lorsqu’elle déclara : « Je dois vous dire que je viens avec ma vie, et ma vie est dans des cartons ». Il ne se doutait pas qu’elle arriverait avec plus de 200 cartons qu’il dut stocker dans son garage. Faute d’argent, elle ne put jamais développer la majorité de ses photographies et lorsqu’elle meurt le 20 avril 2009 avant que John Maloof ne la retrouve, elle ignore que son oeuvre ornera bientôt les murs des plus belles expositions de street photography du monde entier, avec certains clichés atteignant plusieurs milliers de dollars.

Jusqu’au 30 décembre 2017 à la Médiathèque Etienne Caux de Saint-Nazaire • Entrée libre.

Publié le 15/11/2017 à 11:52.