Fermeture de l’EPAN à Montoir-de-Bretagne : les parents d’élèves cherchent des solutions avant la rentrée
Réunies ce mercredi 1er juillet devant l'école de production, les familles oscillent entre espoir d'un revirement de dernière minute et course contre la montre pour trouver une place à leurs enfants en septembre.
L'annonce de la fermeture définitive de l'École de Production de l'Agglomération Nazairienne (EPAN), actée lors de l'assemblée générale du 26 juin, continue de provoquer l'incompréhension des familles. Créée en 2022 à Montoir-de-Bretagne, l'école accueillait cette année 22 élèves en CAP chaudronnerie et soudage, avec un taux de réussite de 90 %, dans un modèle pédagogique fondé sur le « faire pour apprendre » et les commandes réelles d'entreprises. C'est l'impossibilité de financer un fonctionnement annuel de 250 000 euros, conséquence du refus répété de labellisation par l'Académie de Nantes, qui a conduit principalement à cette issue. Ce mercredi, parents, enseignants, le directeur, et jusqu'à l'ancien maire Thierry Noguet, se sont retrouvés devant l'établissement pour manifester leur opposition à cette fermeture. À quelques jours des vacances, l'urgence est double pour les parents : tenter encore d'empêcher la fermeture, et trouver des solutions pour les élèves qui se retrouvent sans école à quelques jours de la fermeture estivale des établissements.
« Pour nos enfants, pour empêcher la fermeture »
Parmi les parents mobilisés, Séverine, mère de Yoen, bientôt 16 ans, ne cache pas son angoisse. Son fils, qui devait entrer en deuxième année de chaudronnerie-soudure, « n'est pas scolaire, il avait enfin trouvé un endroit qui lui avait plu tout de suite ». Séverine a contacté la Fab Academy, où il ne reste que deux places. Elle a également pris rendez-vous au Centre d'information et d'orientation (CIO) pour vendredi. Le lycée Brossaud-Blancho ? « Ce n'est pas une solution pour un enfant qui n'est pas scolaire ». L'école de production la plus proche se trouve à Cholet. Et une inquiétude supplémentaire la ronge. Yoen aura 16 ans cet été, l'âge à partir duquel la scolarité n'est plus obligatoire. « Je crains qu'on nous laisse tout simplement tomber », confie-t-elle. À ses côtés, Fanny vit la même angoisse pour son fils Lewis, 15 ans. Passé par la 3ème prépa-métier après un parcours scolaire difficile, Lewis avait effectué plusieurs visites de l'EPAN et reçu une réponse positive il y a un mois pour intégrer la première année en septembre. « Il avait tout de suite accroché, il ne veut pas aller ailleurs », témoigne sa mère, qui se heurte à un autre obstacle suite à la fermeture de l'EPAN, celle de trouver une entreprise pour un apprentissage classique, « en dessous de 16 ans, les entreprises veulent pas ». Les deux mères partagent la même crainte de voir leurs enfants se démotiver à cause de cette mauvaise nouvelle, alors qu'ils semblaient avoir enfin trouvé un enseignement qui leur correspondait.
Sept inspections en quatre ans
Du côté du rectorat, on rappelle que l'EPAN est un établissement privé hors contrat, et que la reconnaissance en tant qu'école de production, décidée conjointement par l'Éducation nationale et le ministère du Travail, repose sur des critères précis : environnement général, obligations administratives, assiduité, niveau d'enseignement permettant l'obtention du diplôme, et conditions relatives aux personnels. « Toutes les visites de l'EPAN, réalisées sur place, ont révélé des manquements dont certains récurrents d'une inspection à l'autre, ce qui a donné lieu à l'envoi de mises en demeure de se mettre en conformité », indique l'académie de Nantes, précisant que l'établissement a fait l'objet de sept inspections en quatre ans et demi, dont six dans le cadre de sa demande de reconnaissance. La labellisation a ainsi été refusée en 2023, 2024 et 2025. Le rectorat ajoute néanmoins que l'EPAN « peut déposer une nouvelle demande au titre de la rentrée 2026 » et assure que « chaque situation fera l'objet d'une évaluation et d'un suivi ». Le directeur Alexis Guilmain livre une lecture différente de certains de ces contrôles, en pointant des obstacles administratifs. Il cite un exemple. La formatrice d'anglais de l'école, de nationalité britannique, est déclarée depuis le 27 juin 2025. Ce n'est qu'en novembre que l'école a appris qu'un dossier de dérogation à la condition de nationalité était nécessaire, dossier déposé en mars. Or, lors du dernier contrôle effectué en septembre, ce point n'avait pas été mentionné, et la mise en demeure actuelle l'inclut pourtant parmi les manquements relevés.
Des recours politiques engagés, mais le temps presse
Plusieurs interventions politiques ont été lancées pour tenter de débloquer la situation. L'équipe municipale en place depuis mars dernier a contacté Sabrina Roubache, secrétaire d'État à la formation professionnelle. Thierry Noguet, ancien maire de Montoir-de-Bretagne, très investi dans le projet depuis sa création, était présent ce mercredi aux côtés des familles. « Philippe Grosvalet a rencontré les ministres de l'Éducation nationale et de l'Industrie à ce sujet », indique-t-il. Mais le dossier est urgent, et les vacances approchent. Pour les familles, la seule option concrète à l'heure actuelle reste des rendez-vous avec le CIO, avant que tous les services ne ferment pour l'été. Ce que tous espèrent désormais, c'est que le rectorat puisse accorder une autorisation temporaire d'un an, « le temps de laisser une association se reconstituer avec de nouveaux membres pour reprendre le flambeau ». En attendant, ces jeunes qui avaient retrouvé l'envie d'apprendre se retrouvent dans l'incertitude la plus totale.