Gel de l’investiture de David Samzun : les réactions politiques nazairiennes

SaintNazaireNews publie les réactions sans filtre des personnalités politiques, à l'annonce de la décision prise par le 1er secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure.

Gel de l’investiture de David Samzun : les réactions politiques nazairiennes

Ont été également sollicité(e)s pour cet article : Xavier Perrin, Lydie Mahé, William Duval, Sarah Trichet-Allaire, Virginie Boutet Caillé qui n’ont pas souhaité ou n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

Pascale Hameau, adjointe au maire EELV

« Je salue cette décision d’un parti qui se montre ici responsable et capable de remise en question. À titre personnel, je regrette que nous ayons dû traverser une telle crise : la protection de la parole des femmes et des lanceurs d’alerte doit aujourd’hui être une évidence. L’affaire #metoo a suffisamment alerté pour que nous ne puissions plus rester sourds face à un problème qui touche tous les milieux : institutionnels, professionnels et privés. Beaucoup de souffrances pourraient être évitées à condition de rester ferme sur ses valeurs quoi qu’il en coûte. L’époque où ce genre d’affaires restent sous le manteau est révolue. La priorité absolue est bien que chaque femme victime puisse aujourd’hui s’exprimer en toute sécurité. C’est le sens de mes interventions et de mes prises de position depuis décembre 2017, ayant été une des quatre confidentes d’une victime potentielle ».

Jean-Luc Séchet, secrétaire de la section locale du PS

« La section du Parti socialiste de Saint-Nazaire exprime sa surprise et sa colère après la déclaration d’Olivier Faure qui annonce le gel de l’investiture socialiste de David Samzun. Tout d’abord, la méthode de cette annonce par les médias nationaux sans avoir informé au préalable l’intéressé lui-même, le 1er secrétaire fédéral et le secrétaire de la section de Saint-Nazaire, est indigne d’un parti politique qui prône la transparence et le respect des militants. Ce sont donc tout d’abord les militants de notre section qui ont été blessés par cette méthode. Sur le fond ensuite, la candidature de David Samzun tire sa légitimité du vote de désignation des militants le 7 mars 2019 à 97,5 % des suffrages des 156 votants. De plus, la justice s’est exprimée sur le fond de l’affaire évoquée par Olivier Faure : la conclusion du parquet de Saint-Nazaire est le classement sans suite au motif d’une absence d’infraction. Les reproches adressés à notre candidat par Olivier Faure n’ont donc aucun fondement. Les militants de la section de Saint-Nazaire ont d’ailleurs réaffirmé à l’unanimité leur soutien au candidat David Samzun lors de notre dernière assemblée générale le jeudi 27 juin dernier. Aujourd’hui, suite à l’annonce du premier secrétaire du Parti socialiste, la section du Parti socialiste de Saint-Nazaire réaffirme son soutien total à l’homme, au Maire et au candidat David Samzun ».

Laurianne Deniaud & Gaëlle Bénizet Thual, adjointes au maire démissionnaires

« Après des mois éprouvants au sein de l’équipe municipale de Saint-Nazaire qui ont conduit à la démission de plusieurs d’entre-nous au début de l’été, les mots courageux d’Olivier Faure dans son interview à Presse Océan et les premières déclarations publiées dans la presse suite à la mission d’écoute du PS sont d’un très grand réconfort pour les militant·e·s et les élu·e·s que nous sommes, attachées à notre ville comme à nos valeurs.

Nous avions alerté Olivier Faure le 1er juin dernier face à la situation à Saint-Nazaire, après la fin de non-recevoir du secrétaire de section faite à notre demande d’une communication auprès des militants. Nous avions salué la mise en place d’une mission d’écoute, nous prenons aujourd’hui acte de la décision prise par le bureau national du PS suite au rapport de cette mission, gage d’une réelle prise de conscience sur ces sujets. Nous saluons le message très important qu’elle envoie aux femmes, qui, dans des entreprises, des collectivités, des partis, sont encore nombreuses à avoir peur de parler.

La démarche des élues qui ont alerté le maire face à un témoignage de violences sexuelles potentielles, face à un climat sexiste et sexualisant était bien légitime. La stigmatisation et la marginalisation que nous avons subies suite à cette alerte n’étaient pas normales. Il n’y a évidemment aucun “complot” et nous remercions Eric Provost de sa prise de position lucide et responsable sur ce sujet, parue dans “Le Monde”.

Le PS a également annoncé la mise en place d’une cellule d’écoute et d’une formation sur les questions de violences sexistes et sexuelles dès ses prochaines universités d’été. Ces initiatives seront sans aucun doute précieuses pour que notre famille politique puisse demain accompagner avec bienveillance la libération de la parole des femmes.

La réaction du candidat David Samzun, à la décision des instances nationales du PS, dans son communiqué publié avec les moyens de la mairie, est incompréhensible. Pourquoi disqualifier et caricaturer à ce point la démarche du parti dont il est issu ? Comment peut-on regretter de ne pas avoir été entendu par une mission qu’on a refusé de rencontrer ? Comment peut-il nier avoir sanctionné les lanceurs d’alerte alors qu’il a lui-même annoncé en conseil municipal qu’il écarterait tous les élus signataires de #ilsnenousferontpastaire ?

Nous avons toujours saisi toutes les mains tendues pour le dialogue et la médiation. Nous nous sommes systématiquement retrouvé·e·s face à un mur. Aujourd’hui comme hier, nous sommes et resterons fidèles à notre ville, à notre famille politique et à la gauche ».

Fabrice Bazin, adjoint au maire EELV

« No Comment, c’est une affaire interne au PS. ».

Jean-Michel Texier, conseiller municipal de l’opposition MODEM

Nous lisons sans surprise, dans la presse de ces derniers jours, le gel de l’investiture du Parti Socialiste à David Samzun. C’est un gel de la confiance qui pourrait être donnée au maire actuel par son propre parti politique à conduire, et surtout à gérer la future liste municipale de mars 2020. Sans surprise car dans des interviews du mois de juin dernier, le maire signifiait qu’avec ou sans l’investiture de son propre parti, son propre camp, seul contre tous, il se représenterait aux municipales de 2020. Olivier Faure, secrétaire général du PS, quant à lui, annonçait qu’il ne rendrait sa décision sur l’investiture de David Samzun qu’après le rapport d’une mission dédiée et spécifique sur la municipalité nazairienne. Un rapport rendu, sans la participation directe du principal concerné, car le maire a refusé de rencontrer la chargée de mission envoyée par son propre parti pour faire la lumière sur cette affaire. Dans un autre monde, que le monde politique, il y aurait mille façons de trouver cela suspect !... Lorsque l’on n’a rien à se reprocher, on a tout intérêt à saisir la main de celles et ceux qui veulent faire la lumière sur un dossier que l’on a soi-même mal géré. « Refus d’obtempérer à une main tendue : curieux ! »

« Gestion des dossiers sensibles & délicats… loi du silence, politique de l’autruche et sanction des lanceurs d’alertes… C’est de l’autoritarisme ! »

Le Parti Socialiste tout comme David Samzun ont une gestion des Ressources Humaines et des dossiers délicats comme celui qui touche la majorité municipale, assez particulière… façon « politique de l’autruche », une politique de non gestion. Au-delà du côté politique, ce qui nous importe dans ce dossier est avant tout la gestion des ressources humaines, ou plutôt la mauvaise gestion des ressources humaines au sein de l’équipe majorité en place. En effet, le maire est, non seulement responsable de la gestion des ressources humaines des agents municipaux, mais également responsable de la gestion des élus municipaux eux-mêmes. Un dossier aussi délicat que celui-ci, méritait beaucoup plus d’attention dès la 1ère alerte « officielle » voir même la 1ère alerte « non officielle » : souvent dans ce type de dossier, ce sont les bruits de couloir qui précèdent les vraies révélations. Plusieurs personnes auraient pu et aurait dû intervenir, le maire David Samzun en 1er lieu, qui a préféré imposer la « loi du silence », le secrétaire de la section locale du PS, Jean-Luc Séchet qui a préféré « la politique de l’autruche »… Mais ce sont les autoproclamés « lanceurs d’alertes » qui ont ouvert ce sujet de fond. Une vraie et bonne gestion de ce dossier, aurait dû être faite, à la prise de connaissance des 1ers éléments, plutôt que d’essayer de protéger ses arrières quant à l’impact politique de ce dossier.

« Le vrai sujet de fond : le respect des femmes »

A mon sens, le vrai sujet qui devrait et qui doit être pris en compte, reste le respect des femmes. D’ailleurs, nous nous félicitons de l’évolution de la loi sur la lutte contre les agissements sexistes. C’est une très bonne nouvelle, même s’il est dommage à mes yeux d’être obligé de légiférer des choses qui devraient être dans la nature de chacun : le respect des uns et des autres, sans distinction ! Mais on sent dans ce dossier que le problème, du non-respect des femmes, est plus large que dans la simple majorité socialiste nazairienne, aux vues des formations que le parti socialiste souhaite mettre en place aux prochaines universités d’été : harcèlement, agissements sexistes, respect des femmes, respect des différences, respect de la diversité et de l’inclusion.

« Et pendant ce temps là… le Modem-LaReM travaille sur un projet 100% Nazairiens ! »

Pour tenir notre fil conducteur depuis plusieurs mois, le groupe MoDem-LaReM, élus, militants, sympathisants et habitants, travaillons d’arrache-pied pour bâtir un programme qui nous ressemble. Un programme qui répondra dans son ensemble aux attentes des Nazairiennes et des Nazairiens. Un programme qui se construit dans le respect des idées et des femmes et des hommes qui le bâtissent ».

Violaine Lucas, conseillère régionale Pays de La Loire, Place Publique

« Avec la réponse politique d’Olivier Faure à l’affaire de la Mairie de Saint-Nazaire, nous sortons -enfin- d’un huis clos étouffant. Aujourd’hui, il nous appartient, à nous qui sommes engagés politiquement ou dans des associations ; citoyennes et citoyens convaincus par le nécessité de construire une ville plus que jamais sociale, écologique, démocratique et féministe, de tirer les conséquences de cet ultime épisode qui met au jour des dysfonctionnements municipaux inquiétants. Nous devons être à la hauteur de la demande que beaucoup de Nazairiennes et de Nazariens nous adressent à la veille des municipales, exaspérés par des méthodes politiques qu’ils jugent d’un autre temps : “Unissez-vous et changez tout ça !” Oui, nous devons nous unir pour construire une alternative qui renouvelle les pratiques démocratiques et humaines à Saint-Nazaire et qui nous prépare à vivre les grandes transitions qui nous attendent. Le potentiel extraordinaire de notre ville a plus que jamais besoin de ce renouveau. C’est ce rassemblement que Place publique entend initier. Il y a urgence ».

Florence Beuvelet, conseiller municipal de l’opposition LR

« En ne protégeant pas la parole des femmes qui l’ont alerté de la situation inquiétante au sein de la municipalité, David Samzun a choisi délibérément le parti de l’agresseur présumé. Or la loi, sa conscience, son humanité devaient le pousser à plus d’écoute et de discernement, il devait dénoncer les faits immédiatement à la justice pour en limiter les effets. Son silence est coupable. Le parti socialiste est tout à fait dans son rôle en lui rappelant la loi et son devoir de maire ».

Gauthier Bouchet, conseiller municipal de l’opposition RN

« Le gel de l’investiture municipale du maire de Saint-Nazaire est une très mauvaise nouvelle pour le Parti socialiste et la gauche nazairienne. Après le départ de dix élus de gauche de la majorité, c’est un nouveau coup dur. Le PS ne fait certes plus que 10 % des suffrages au niveau local, mais une étiquette politique signifie toujours un capital de voix, que l’équipe sortante risque donc de perdre. On se dirige vers une probable quadrangulaire : la liste du maire, une liste divers-gauche (PS ?), une liste du RN, une liste du parti présidentiel. Nous suivons l’évolution des faits avec attention, en nous présentant aux Nazairiens comme seule alternative politique crédible ».

Collectif Saint-Nazaire en Commune

« Nous reconnaissons la décision du Parti Socialiste de geler l’investiture de M. Samzun comme allant dans le sens de la reconnaissance de la parole
des femmes et de la nécessité de protéger les lanceuses d’alerte. Le déni dont M. Samzun s’est fait une posture n’est pas acceptable, de même que la “culture sexiste” relevée par la mission du PS au sein de la Mairie. La prise de parole d’Olivier Faure pour le PS affiche une position de principe courageuse. La réponse du maire est toujours plus hautaine en marche arrière. De telles situations ne doivent plus pouvoir exister au sein des municipalités qui doivent se montrer exemplaires, dans la lutte contre le patriarcat et le sexisme structurel, dont sont victimes les femmes. Pour nous, la politique municipale et sa gestion par une équipe sera à l’inverse si nous sommes porté-e-s aux affaires municipales. Cohérente dans les objectifs sociaux, écologistes. Et féministe contre les discriminations, Avec les citoyens-nes pour le respect et l’égalité de toutes et tous ».

Aurélien Turlan, animateur France Insoumise Saint-Nazaire

« Je pense que c’est une bonne décision. David Samzun n’a pas eu l’attitude nécessaire pour que la vérité se manifeste. Il aurait du protéger les lanceuses d’alerte et demander une enquête interne avec l’aide d’une association spécialisée. Au lieu de ça il s’enferme dans le dénis. Je trouve ça triste. ».

Publié le 11/08/2019 à 12:09.