Histoire : comment John Scott lança les premiers paquebots nazairiens

En 1862, le jeune ingénieur écossais débarque à Penhoët et crée de toutes pièces un chantier naval.

Histoire : comment John Scott lança les premiers paquebots nazairiens

Le 18 janvier 1862, il signe un contrat avec les frères Pereire de la Compagnie Générale Transatlantique (C.G.T.) dans lequel il s’engage à construire cinq paquebots. À Penhoët, 160 mètres de digue insubmersible sont mis en chantier pour accueillir les quatre cales de construction des navires. Construire un nouveau chantier naval et former une main-d’œuvre faite de «bric et de broc» n’est pas une mince affaire pour l’homme de Greenock (port de l’estuaire de la Clyde près de Glasgow).

Premier transfert de technologie

La construction en fer est alors une exclusivité britannique. John Scott va ainsi introduire cette technique révolutionnaire en Bretagne. Notre ingénieur se lance à corps perdu dans cette aventure industrielle. Il supervise la construction des installations sur ses propres plans tout en suivant en Écosse la commande des machines outils ainsi que la venue de quinze contremaîtres chargés de former la main-d’œuvre locale. Les Écossais vont enseigner de nouveaux métiers aux ouvriers issus de la construction navale en bois installée depuis des siècles à Méan. Les effectifs vont atteindre 1 800 personnes en 1864.

Malgré de nombreux contretemps le premier paquebot nazairien est lancé le 23 avril 1864

Les Nazairiens assistent avec enthousiasme au lancement de l’« Impératrice Eugénie » qui va profondément marquer la mémoire collective. En 1865, les trois premiers liners nazairiens sont livrés à la C.G.T. Au même moment la crise économique touche de plein fouet les compagnies transatlantiques. En 1866, alors que le cinquième navire, le Saint-Laurent, rejoint Le Havre, tout semble indiquer que les jours du chantier sont comptés.

De Saint-Nazaire à Hong Kong

Le 25 novembre 1866, la banqueroute du chantier Scott est déclarée. Il est repris par la C. G. T. qui le ferme en 1870. Est-ce un hasard si la même année dans son roman Vingt milles lieues sous les mers Jules Verne, équipe le «Nautilus» d’une hélice de chez Scott ? John Scott n’est pas homme à baisser les bras et envoie son jeune frère à Shanghai. Grâce à l’expérience nazairienne, Scott se voit confier par la compagnie britannique Holt & Swire la tâche de concevoir les plans de construction d’une grande forme de radoub, de cales de lancement et d’ateliers à Hong Kong. Une nouvelle aventure commence pour notre Écossais alors qu’à Saint-Nazaire plus rien ne sera comme avant.

le 13/02/2018 à 14:25.

  • «Scott & Co of Penhoet», Le Chasse-Marée n°236, octobre 2011.
  • Ouvrage collectif, De la Clyde à Saint-Nazaire. Les liens Bretagne - Écosse dans la construction navale, Institut Culturel de Bretagne, 2004.