Municipales 2020 : la gauche nazairienne rassemblée derrière Gaëlle Bénizé-Thual

"Changeons d'air", tel est le slogan de la liste Saint-Nazaire Ensemble qui souhaite balayer les vieilles méthodes politiques de la ville.

L’année 2019 aura eu son lot de rebondissements pour Gaëlle Bénizé-Thual, ex-adjointe au Sport dans la majorité et aujourd’hui tête de liste de Saint-Nazaire Ensemble. Entre déceptions, trahisons, courage, remise en question, et émancipation, son soutien franc et spontané à une élue s’étant confiée sur des violences sexuelles qu’elle aurait subie de la part de Martin Arnout (ancien adjoint aux finances), lui a ainsi valu une démission du Conseil Municipal et la perte de sa délégation à la CARENE. Mais ce mandat abrégé lui aura aussi permis de mettre à profit ces quelques mois pour prendre du recul avant de revenir apaisée, et plus que jamais déterminée à proposer un projet de rassemblement des gauches, face à un maire dont elle n’hésite pas à critiquer « une attitude de plus en plus raide ».

« Les associations, c’est un vrai spectacle tous les week-ends »

Avec son slogan “Changeons d’air” un tantinet provocateur, la liste Saint-Nazaire Ensemble ne cache pas sa volonté de faire table rase du passé, des vieilles combines politiques dépassées et autres petits arrangements entre amis. « Même sans l’affaire Martin Arnout, je ne pense pas que j’aurais fini le mandat et que j’aurais suivi à nouveau David Samzun » répète la candidate déçue par un maire sortant « incapable de se remettre en cause » et dont les décisions au début prises et discutées par un large comité, ont fini par être « réservées à un petit cercle de 4 personnes issues de son cabinet ». « C’est venu petit à petit » continue Gaëlle Bénizé-Thual en critiquant également un maire « qui n’est jamais là », si souvent absent des rencontres culturelles ou sportives qui font la richesse de Saint-Nazaire. Pas étonnant alors que son chemin s’écarte de celui du maire sortant, elle qui se revendique « militante associative dans l’âme » et qui continue « de payer sa place » lorsqu’elle vient en famille aux événements. « Les associations, c’est un vrai spectacle tous les week-ends » continue Gaëlle Bénizé-Thual. C’est justement lors de la rencontre annuelle “Place aux Associations” que la candidate prend la décision de se présenter aux élections municipales : « Très vite des Nazairien(ne)s sont venu(e)s à ma rencontre, en me disant que ma décision était courageuse, et en me répétant que je devais avoir une autre proposition ». Et cette envie d’un nouveau projet a rapidement rassemblé des hommes et femmes de différentes forces de gauche, certain(e)s comme elle ancien(ne)s élu(e)s, d’autres sans étiquette, « mais tous et toutes hyper motivé(e)s ».

Créer une maison du peuple et de la citoyenneté

La vie associative culturelle et sportive tient ainsi une grand part dans le projet de la liste Saint-Nazaire Ensemble, qui souhaite créer une maison du peuple et de la citoyenneté, qui accueillerait les associations, les syndicats, une salle de spectacles, des studios de répétition. Un lieu plus accessible que l’alvéole 12 récemment construite « mais aux tarifs inabordables pour bon nombre d’associations ». En citant l’exemple du SNOS Aviron qui organisera en mai prochain le championnat de France d’aviron de mer, Gaëlle Bénizé-Thual souhaite également accompagner les associations « qui doivent oser et se permettre des projets ». « Quand on me confie une mission je suis à 200% dessus » sourit la candidate en insistant sur l’aide que doit apporter la municipalité pour ce genre d’événements qui demandent plusieurs années d’organisation. Avec 160 associations sportives pour 170 disciplines, la candidate prévoit parallèlement de proposer des installations supplémentaires qui libèreront de nouveaux créneaux, notamment grâce à des rénovations ou des extensions. « Saint-Nazaire gagne en population, en licenciés, avec des disciplines qui ont beaucoup évolué ces dernières années, je pense à l’escalade. Nous avons besoin de plus de place » explique l’ex adjointe au Sport. Les artistes pourront eux profiter de la création d’une scène locale, « car beaucoup ont un véritable talent mais des problèmes de diffusion » regrette Gaëlle Bénizé-Thual.

« Les élu(e)s doivent vendre leur ville »

Auparavant chargée du développement économique à la CARENE, Gaëlle Bénizé-Thual a une bonne connaissance du complexe problème de l’attractivité du centre-ville, de la nécessité d’attirer à Saint-Nazaire de nouveaux porteurs de projets, et prévoit la tenue immédiate d’états généraux du commerce entre commerçants et professionnels du centre-ville et des quartiers. « Le problème est que nous ne savons pas bien accompagner les porteurs de projets, que ce soient dans les délais, dans les informations fournies » regrette la candidate. « À un moment il faut que les élu(e)s aillent les rencontrer, pour vendre leur ville eux-même, et pas uniquement les techniciens qui font un très bon travail mais ont un champ d’action plus limité » insiste-t-elle. Un raisonnement qui la pousse aussi à souhaiter le non cumul des mandats de maire et président(e) de la CARENE. « C’est une nécessité » insiste la candidate en poursuivant « on ne doit pas être un professionnel de la politique, et finir par déléguer aux techniciens ». En évoquant aussi ses co-listiers qui souhaitent garder un pied dans le monde du travail elle souligne « Il faut aussi rester attentif aux situations pour trouver un équilibre entre la vie professionnelle, politique et personnelle ».

Des mesures sociales et écologiques

​Durant sa campagne et ses heures passées en porte à porte dans des quartiers difficiles, Gaëlle Bénizé-Thual et sa liste ont constaté l’existence d’ilots insupportables de misère au coeur de Saint-Nazaire, où emploi précaire et problèmes de santé sont un lourd fardeau. Pour les aider à chaque âge de la vie, de la scolarité à l’accompagnement des séniors en passant par la formation, l’accès à la culture, au logement et à des conditions de vie décentes, Saint-Nazaire Ensemble propose plusieurs mesures innovantes, comme un tarif social de l’eau offrant les premiers mètres cubes à tous les habitants pour couvrir leurs besoins vitaux. Cette mesure serait financée par un tarif différent appliqué aux entreprises, les plus grosses consommatrices. « L’eau est un bien commun, et les entreprises croient à tort qu’elle n’est pas chère. Cela pourrait aussi les inciter à revoir leurs modes de production, pour être plus économes » explique la candidate. Dans la même lignée, Saint-Nazaire Ensemble planifie une totale gratuité des transports à la fin du mandat en 2026. « Le financement est possible. La billetterie représente seulement 3,8 millions d’euros sur 28 millions d’euros de recette. Le reste correspond à la part des entreprises » détaille Gaëlle Bénizé-Thual. Pourquoi seulement à la fin du mandat ? « En s’appuyant sur l’expérience menée dans d’autres villes, on s’aperçoit que le succès dépend d’une révision préalable du réseau et de la qualité du service. Avec de meilleures dessertes, plus de bus et plus d’horaires » explique la tête de liste. Enfin, pour aller encore plus loin dans la réduction des émissions et de la pollution, Gaëlle Bénizé-Thual propose la plantation de 25000 arbres « qui sont de véritables dépollueurs, réceptacles à poussière et climatiseurs naturels ». Un Parc de l’Estuaire serait également créé au Petit-Maroc, qui deviendrait « un 2ème souffle après le Parc Paysager, un ilot de fraîcheur et de calme ». De belles idées pour donner envie à nos enfants de rester à Saint-Nazaire ? Gaëlle Bénizé-Thual confirme : « certainement, d’autant plus que nous souhaitons augmenter les places de crèche, construire 1 à deux groupes scolaires supplémentaires, offrir un pass activités en fonction des revenus, et développer un campus universitaire qui permettrait à nos enfants de rester étudier à Saint-Nazaire, en affranchissant les familles du coût élevé d’un logement étudiant à Nantes ».

Publié le 10/03/2020 à 15:57.