Municipales à Trignac : entretien avec Claude Aufort, candidat à un nouveau mandat
Maire depuis 9 ans, Claude Aufort repart en campagne avec la liste « Ensemble pour Trignac », et un programme pour « préparer le Trignac de demain ».
Élu maire il y a neuf ans, Claude Aufort conduit la liste de gauche « Ensemble pour Trignac » aux élections municipales 2026. « Nous voulons poursuivre ce qui a été engagé et continuer à construire une ville humaine, solidaire et ouverte » explique-t-il. Pour le maire sortant sortant, la campagne a toutefois changé de nature. Les réseaux sociaux y prennent désormais plus de place, et l’équipe municipale revendique aujourd’hui une certaine maturité collective. Au cœur de son programme, trois projets structurants sont présentés pour le territoire, mais aussi des réflexions plus larges sur la ville nature, le logement, les mobilités ou encore la participation citoyenne.
La plaine de l’Emprunt
Le premier axe fort du programme concerne la transformation de la plaine de l’Emprunt en grand espace dédié au sport et à la vie collective. Claude Aufort constate que certains équipements sportifs de la commune arrivent en fin de vie. « Nous avons un gymnase qui est aujourd’hui très utilisé mais qui arrive au bout de son cycle », explique-t-il. Plusieurs clubs sportifs manquent également de locaux adaptés, comme le karaté ou le tennis de table, actuellement installés dans des installations provisoires. L’objectif serait donc de créer un nouveau complexe sportif, accompagné d’une salle polyvalente. Mais pour le maire sortant, il ne s’agit pas simplement d’ériger des bâtiments. « Nous voulons réfléchir à ce que doit être une plaine de sport demain. Ce lieu peut accueillir du sport, mais aussi de la vie sociale » poursuit-il. Aujourd’hui déjà, le site attire différents publics. Des amateurs de modélisme, des familles, ou encore les résidents de la maison de retraite voisine. « On voit des personnes âgées venir regarder les activités, des familles se retrouver autour d’un barbecue. C’est ce mélange des usages que nous voulons développer » poursuit Claude Aufort, en ajoutant qu'un travail de diagnostic est déjà engagé avec les clubs et les associations, afin de définir les besoins sur les deux à trois prochaines années.
Redonner un cœur de vie à Bert
Un deuxième projet concerne le secteur de Bert. Selon Claude Aufort, certains habitants de ce quartier ont le sentiment d’être trop éloignés de la vie communale. « On a l’impression que les habitants de Bert se sentent parfois un peu abandonnés », reconnaît-il. La municipalité souhaite donc renforcer la dynamique autour de la salle Martin Luther King et de l’école Louise Michel, en créant un petit pôle public de proximité. Plusieurs associations y sont déjà actives, notamment l’Épicerie du Patelin. Le candidat propose de favoriser les rencontres et les moments de convivialité. « Il ne manque parfois pas grand-chose pour créer de la vie. Le jeudi soir, lorsqu’un food truck s’installe, on voit des familles se retrouver, jouer aux boules, profiter du City Park », observe-t-il. La municipalité souhaite donc accompagner ces initiatives avec des animations régulières, des petits concerts ou des événements associatifs. « Nous voulons faire vivre ce lieu avec les habitants et les associations » insiste Claude Aufort.
Une « ville nature » entre friches industrielles et biodiversité
Un troisième pilier du programme touche à la valorisation d’une « ville nature ». Pour le candidat à la mairie de Trignac, cette ambition passe notamment par la transformation du site des Forges. Une partie des anciennes installations industrielles a déjà été démolie afin de sécuriser le site. « Nous avons pu mener cette opération grâce au soutien de la CARENE, qui a financé la moitié du coût », souligne Claude Aufort. Mais le maire sortant insiste surtout sur le potentiel de biodiversité du lieu. Malgré la pollution des sols, une faune inattendue s’y est développée, « on y trouve des chauves-souris dans les tunnels, des lézards, des orvets. La nature reprend ses droits. ». L’idée serait donc de rendre ces espaces accessibles au public tout en les protégeant. Des sentiers sécurisés pourraient permettre aux habitants de s’y promener, accompagnés d’aménagements tels que des bancs, tables de pique-nique ou sanitaires. Au total, une dizaine de sites naturels pourraient être reliés entre eux par des itinéraires piétons et cyclables : Bel-Air, Parc Océane, les Jardins partagés, le square du Brivet ou encore le Bout d’Aisne. « Nous voulons permettre aux habitants de respirer, d’avoir des espaces de nature accessibles quand ils vivent en ville » annonce Claude Aufort.
Densité urbaine et convivialité en centre-ville
Ces dernières années, le centre-ville de Trignac a profondément évolué, notamment autour de la mairie. Ce choix est assumé par l’équipe municipale. « Il y avait auparavant un grand parking à moitié vide et des commerces qui peinaient à tenir », rappelle Claude Aufort. L’espace a été transformé en zone paysagère, avec davantage de végétation et des bancs publics. Le nombre de places de stationnement a été réduit, mais d’autres parkings ont été aménagés à proximité. « Ce que nous voulons, c’est une ville où les gens prennent plaisir à se croiser. Avant, il n’y avait pas un banc. Aujourd’hui, on voit des habitants venir s’asseoir, discuter ». Pour Claude Aufort, ces espaces publics sont essentiels dans une société où l’isolement progresse. « Les personnes âgées doivent pouvoir s’arrêter, se reposer, rencontrer d’autres habitants. C’est cela aussi la ville de demain ». La transformation du centre-ville s’inscrit également dans une réflexion plus large sur le logement. Claude Aufort assume la nécessité de densifier le centre-bourg, « si on veut maintenir des commerces de proximité, il faut une certaine densité d’habitants ». Cette orientation s’inscrit dans les objectifs du plan local de l’habitat et du schéma de cohérence territoriale. Le candidat souligne que Trignac fait déjà partie des communes respectant les obligations nationales en matière de logement social. La ville participe également à une expérimentation innovante : le programme « Puissance 4 », qui vise à construire des logements collectifs « hors-site », préfabriqués en grande partie grâce aux savoir-faire industriels du territoire, notamment ceux liés aux Chantiers de l’Atlantique. « L’idée est de produire des logements durables, abordables et rapides à construire », explique Claude Aufort. Les chantiers pourraient ainsi durer environ un an, contre plusieurs années habituellement.
Une coopération intercommunale assumée
Le maire sortant défend également une coopération étroite avec la communauté d’agglomération de la CARENE. « On ne perd pas son identité en travaillant avec les autres », affirme-t-il. Selon lui, les grandes opportunités de financement et d’aménagement passent par cette coopération intercommunale. Il donne les exemples de plusieurs projets qui en dépendent directement : un futur éco-centre consacré à l’économie circulaire, une piste cyclable le long du canal de la Bellaudière ou encore la desserte Altitude destinée à détourner les camions du centre-ville. Sur le plan de la sécurité, Claude Aufort estime que la situation reste globalement maîtrisée à Trignac. « Même si tout n'est pas parfait, nous ne constatons pas de déport massif des problèmes de trafic rencontrés par exemple à Saint-Nazaire » estime-t-il. La vigilance se concentre toutefois sur la zone commerciale autour d’Auchan, où des problèmes de tranquillité publique sont signalés. La municipalité souhaite réactiver un contrat de sécurité associant travailleurs sociaux, police municipale et gendarmerie. Concernant les mobilités, la suppression de la ligne de bus C1 a suscité des réactions. Mais selon Claude Aufort, les études montraient une fréquentation très faible. « C’était la ligne la moins utilisée de toute la CARENE ». Elle a été remplacée par un système de transport à la demande, complété par un réseau de chauffeurs solidaires mis en place avec le CCAS, que Claude Aufort entend continuer à soutenir.
Une ville participative et intergénérationnelle
Enfin, le programme de Claude Aufort insiste sur la participation citoyenne et les liens entre générations. La municipalité souhaite mettre en place des budgets participatifs et créer des commissions extra-municipales associant habitants, associations et élus. « L’enjeu pour nous, c’est de permettre aux citoyens de s’engager dans les projets de la ville », explique-t-il. La culture occupe également une place importante dans cette vision. « Je viens d’un milieu populaire et je sais ce que je dois à l’école et aux médiathèques. La culture doit être accessible à tous ». Trignac accueille par ailleurs de nombreuses familles, mais aussi des retraités venus s’installer dans la région. Sur les nouveaux programmes de logements, la population se répartit à parts presque égales entre familles, personnes seules et familles monoparentales. Pour le maire sortant, l’enjeu est donc de créer des espaces de rencontre entre les générations : jardins partagés, aires de jeux, terrains de pétanque ou encore projets autour de la maison de retraite Camille Claudel. « Une ville doit permettre aux générations de se croiser et de se parler ». Claude Aufort reconnaît que la gestion d’une ville implique souvent des arbitrages difficiles. « La difficulté pour un maire, c’est de concilier les intérêts particuliers et l’intérêt général », observe-t-il. La suppression de places de stationnement, ou la construction de nouveaux logements peuvent susciter des critiques locales. Mais pour lui, ces choix sont nécessaires pour préparer l’avenir. « La somme des intérêts particuliers ne fait pas l’intérêt général » répète-t-il. Dans une commune marquée par une forte abstention électorale, il lance enfin un appel à la participation démocratique. « Mon message est d'aller voter. C’est ainsi que les habitants peuvent décider de l’avenir de leur ville ».