Municipales partielles à Trignac : le RN crée la surprise en envisageant une liste
À cinq semaines des municipales partielles, le Rassemblement national appelle à former un collectif local et n’exclut pas de déposer une liste, à condition de trouver la personne qui l’incarnera.
Trignac retournera aux urnes les 27 septembre et, si nécessaire, le 4 octobre, après l’annulation du scrutin municipal de mars par le tribunal administratif pour une irrégularité des formats de bulletins de vote. Le duel très serré entre le maire sortant Claude Aufort et son opposant Gilbert Lemestre pourrait cette fois compter un troisième acteur. Le Rassemblement national ne dispose pas encore d’une liste, mais il veut peser dans la campagne. Son verrou est identifié. Trouver un chef de file dans la commune.
Une « autre expression » recherchée
Dans un communiqué diffusé le 15 août, la fédération départementale du RN estime qu'il « est bien que l’on retourne ainsi aux urnes. Les Trignacais auront normalement le choix entre l’équipe bâtie autour du maire sortant et l’alternative proposée par son opposition de droite. Mais, ce binôme de listes suffira-t-il à les convaincre ? ». Elle appelle donc à constituer un « collectif citoyen » baptisé Rassembler Trignac, pour porter une « voie distincte », et a d'ores et déjà lancé une page du même nom sur Facebook. Contacté par téléphone, Gauthier Bouchet, délégué départemental du RN de la Loire-Atlantique, et ex candidat aux Municipales à Donges, assure que « l’idée est de donner un message aux Trignacais qui ne sont ni convaincus par la liste de gauche du maire sortant, ni par la liste de droite ». Le RN revendique un électorat important lors des scrutins nationaux, environ 40%, et veut éviter, selon lui, que ses sympathisants « se reportent sur ces candidats par défaut ».
Le compte à rebours est lancé
Le RN avait fait le choix de ne pas présenter de liste lors du scrutin de mars. « Nous nous concentrions sur Donges et Saint-Nazaire, et nous n’avions pas de chef de file », explique Gauthier Bouchet. Il lui faut désormais réunir les conditions d’une candidature. Des colistiers en nombre, une liste alternant les femmes et les hommes, et surtout une personne pour la conduire. Le délai est court. À Trignac, qui compte plus de 1 000 habitants, les candidatures pour le premier tour doivent être déposées au plus tard le troisième jeudi précédant le scrutin, à 18 heures. Pour une élection le 27 septembre, cela fixe l’échéance au jeudi 10 septembre. La liste devra compter au moins 29 candidats. « À ce jour, il n’est donc pas impossible qu’on fasse une liste si on trouve notre chef de file », insiste Gauthier Bouchet.
S’implanter au-delà de septembre
L’objectif affiché dépasse le seul rendez-vous électoral. Le RN dit avoir déjà reçu « plusieurs prises de contact » depuis son appel au lancement du collectif, et prévoit de distribuer prochainement un tract. Il annonce aussi vouloir participer à l’enquête publique sur la révision du plan local d’urbanisme intercommunal en apportant une contribution écrite. « Ce collectif que nous montons a donc pour but de trouver ce chef de file, mais aussi de s’implanter durablement à Trignac », détaille Gauthier Bouchet. Autrement dit, même sans liste complète le 10 septembre, le parti entend faire entendre sa voix dans la campagne et préparer le terrain local. La bataille a d’ailleurs déjà commencé. Des tracts de Claude Aufort circulent dans les boîtes aux lettres, tandis que la liste de Gilbert Lemestre a organisé des réunions de quartier durant l’été. Dans une partielle née d’une erreur de bulletin, l’enjeu pourrait donc bientôt changer de nature, savoir si le face-à-face de mars se rejouera à deux, ou s’ouvrira à une troisième liste.