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Publié par Soizick David, le 04 Février 2026 à 13:28

Portrait de candidate : Violaine Lucas, pour la santé des habitants et de l’environnement

Budget vert, centre communal de santé, institut environnemental, cantine 100% bio... La candidate d'union de la gauche place la santé en tête de son programme à Saint-Nazaire.

Portrait de candidate : Violaine Lucas, pour la santé des habitants et de l’environnement
Violaine Lucas conduit la liste "Ensemble soyons Saint-Nazaire" aux élections municipales à Saint-Nazaire © SaintNazaireNews.fr

Après le portrait d’Eddy Le Beller, nous poursuivons notre série consacrée aux têtes de liste des Municipales à Saint-Nazaire. À 55 ans, Violaine Lucas est la seule femme candidate à la mairie. Professeure de français au lycée Aristide-Briand durant près de 30 ans, elle a fait entrer le monde culturel dans ses classes en invitant auteurs, traducteurs et professionnels de l’édition. La première personnalité qu’elle dit avoir conviée est Gisèle Halimi, en 2003. La même année, elle devient bénévole au sein de son association “Choisir la cause des femmes”, dont elle est aujourd’hui directrice générale. À partir de 2005, elle travaille régulièrement sur un projet européen visant à comparer les droits des femmes et des personnes LGBT dans l’Union européenne, avec l’objectif d’en retenir « les meilleures lois », pays par pays. Puis en 2009, elle s’inscrit dans un master de droit pénal et consacre son mémoire à la mise en place d’une politique de tranquillité publique dans une ville de 70 000 habitants. Côté politique, son parcours est jalonné d’engagements à gauche. Ancienne membre du Parti socialiste, elle a été adjointe à la prévention de la délinquance et à la tranquillité publique à Saint-Nazaire (2014-2015), puis conseillère régionale (2015-2020) au sein du groupe d’opposition Socialiste, écologiste, radical et républicain. En 2019, après avoir rejoint Place Publique, elle est candidate aux élections européennes. En 2020, non encartée, elle redevient enseignante, tandis que son engagement féministe prend, dit-elle, une place encore plus importante. Puis vient 2024. « Tout le monde a eu très peur de l’arrivée du RN au pouvoir » se souvient-elle. Elle se rapproche alors des militants du Nouveau Front Populaire, et on lui demande de témoigner publiquement de ce qu’elle a observé en Europe, « comment ça se passe quand l’extrême droite arrive au pouvoir, comme en Pologne ou en Hongrie ». Portée par l’idée de continuer à faire vivre le NFP, elle participe avec Ludovic Arnaud (coordinateur du collectif présent sur sa liste) à une réunion nationale à Paris, avant de revenir avec l’ambition d’en construire une déclinaison municipale à Saint-Nazaire. C’est dans ce cadre qu’elle mène aujourd’hui la liste d’union de la gauche “Ensemble Soyons Saint-Nazaire”, qu’elle présente « comme un NFP pour les Municipales », avec, en tête de programme, la santé pour les habitants, et leur environnement. Entretien.

Pourquoi cette thématique centrale ?

Alors la santé, c’est à la fois un programme de fond à Saint-Nazaire et, en même temps, un axe pleinement cohérent avec le Nouveau Front Populaire. Quand on a commencé à travailler sur la liste, on s’est dit qu’il fallait une véritable déclinaison municipale du NFP. On a donc mis autour de la table toutes les forces que cela intéressait : les écologistes, le PCF, la liste de Gaëlle Benize-Thual… Et on a commencé à poser, très concrètement, les sujets qui revenaient. En amont de la campagne, on avait déjà travaillé et rencontré l’AEDZRP, le village de Gron, la Ligue des droits de l’homme. Et ce qui est ressorti, c’est que la santé, et en particulier la santé environnementale, s’imposait naturellement. D’autant que, lors de la réunion nationale à Paris, un groupe travaillait précisément sur ces questions. On peut dire que c’est la première thématique qui s’est imposée à nous.

C'est donc la grande priorité de votre programme ? 

On l’a mise tout en haut, parce que la première chose à faire, c’est de sauver la vie, et prendre soin de l’existence humaine. C’est la donnée de base. Et à Saint-Nazaire, il y a deux réalités. D’abord, un taux de cancer que je juge terrible. Ensuite, des éléments déclencheurs. Je pense notamment au 10 septembre 2025. Ce jour-là, on a vu revenir des gilets jaunes. Entre 2020 et cette date, il y avait eu Sainte-Soline, la criminalisation du mouvement écologiste, les violences autour de Sainte-Soline… Et là, on a eu le sentiment qu’il se passait quelque chose, une forme de convergence des luttes. Les luttes écologistes, l’idée de “fin de mois”, tout ce qui touche au quotidien, à la santé, au cadre de vie… Je me souviens d’un entretien avec une journaliste du Monde qui s’étonnait qu’à Saint-Nazaire, il y ait des gilets jaunes qui s’intéressent aussi aux questions écologiques. Et ce ne sont pas seulement des citoyens. Il y a des associations, que j’avais déjà rencontrées quand j’étais élue régionale. Elles tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps, mais complètement dans le vide.

Une étude de zone a pourtant été menée? 

Je la trouve insuffisante. Insuffisante sur plusieurs points : la manière dont c’est mesuré, les endroits où c’est mesuré, et aussi les polluants qui sont retenus. Il aurait fallu élargir le périmètre, élargir les critères, aller plus loin. Résultat, les associations ont quitté cette étude de zone. C’est précisément pour répondre à ça que nous proposons la création d'un Institut citoyen, syndical, associatif et scientifique sur la santé environnementale. L’idée, c’est de disposer d’un outil indépendant, capable d’aller au bout des choses, avec des méthodes, une transparence et une ambition que l’étude actuelle n’a pas eues. Et pour moi, il y a eu un déclic personnel. Je me suis rendue à une journée organisée à Saint-Herblain par “Stop au cancer de nos enfants”, portée par des femmes de Sainte-Pazanne. Elles faisaient une levée de fonds pour financer des études d’imprégnation. C’est là que je me suis dit qu’il fallait, ici aussi, se donner les moyens de produire des données solides, et de les mettre au service de la population.

Concrètement, quel serait le rôle de cet institut ?  

Ce qu’on veut, c’est d’abord des études de zone approfondies, régulières, qui ne s’arrêtent pas à un instantané. Ensuite, l’institut aurait trois missions : prévenir, concerter, protéger. Prévenir, c’est informer la population, le grand public, de manière transparente, compréhensible, continue. Parce que si on veut agir, il faut d’abord savoir ce qu’on respire, ce qu’on mange, ce à quoi on est exposé… et, oui, savoir aussi ce que font éventuellement les industriels. L’institut aurait un statut indépendant. Il pourrait s’appuyer sur le travail des associations, des citoyennes et citoyens qui souhaitent s’impliquer, et des syndicats. On a vu leur rôle important dans le cas de la centrale de Cordemais. Et moi, maire de Saint-Nazaire, avec mon équipe, je m’appuierai sur ce travail associatif, citoyen et syndical pour mettre tout le monde autour de la table : l’État, les industriels, les acteurs du territoire. Et à un moment, il faut pouvoir dire stop aux industriels. Nous voulons une politique de contractualisation, un peu comme on le fait dans la sécurité et la tranquillité publique. Avec un cadre, des objectifs, des engagements, et chacun doit prendre sa part. Protéger la santé des Nazairiens et des Nazairiennes, ça passe aussi par la participation. Le grand public doit pouvoir intervenir, être acteur. Quand une personne donne ses légumes pour vérifier s’ils sont pollués, d’un point de vue citoyen, elle entre dans la démarche. Elle contribue à produire de l’information, à nourrir la concertation, et à construire des décisions. L’institut, ce serait ça, un outil au service du territoire, concentré sur prévenir, concerter et protéger.

Violaine Lucas maire, y aurait-il un ou une adjointe à l'environnement ? 

ll le faut, oui. Mais pas forcément uniquement à l’échelle municipale. Cela doit aussi, voire surtout, se penser au niveau intercommunal. C’est une réflexion à mener avec les autres maires, parce que ces enjeux dépassent les frontières de Saint-Nazaire. Notre première proposition, c’est justement de créer à la CARENE une vice-présidence “vie économique et santé environnementale”. L’objectif est de lier, enfin, l’activité économique et l’environnement, et mettre les industriels face à leurs responsabilités. Autrement dit, à partir de maintenant, pour toute activité économique qui arrive ou qui se développe, on se pose une question systématique : est-ce que ce que vous faites est conforme au bien-être de tout le monde ? Et cela vaut quelle que soit la taille de l’entreprise.

Comment agirait cet adjoint ?

On dispose par exemple du “budget vert”, qui est une classification des dépenses budgétaires selon leur impact sur l’environnement. Plutôt que de l'utiliser a posteriori, on veut aller plus loin que ce que demande la loi, parce qu’aujourd’hui ce budget vert reste essentiellement descriptif. On le constate, une fois que l’argent a été dépensé… Ce qu’on propose, c’est d'en faire un outil d’action en amont, au moment du budget préparatoire, comme un filtre vert avant toute dépense, qui oblige à se poser les bonnes questions dès le départ. Et on propose de compléter ce filtre avec un “budget rose”, un budget genré, qui interroge systématiquement l’impact des décisions sur les droits des femmes. Et un “budget rouge” ensuite, un budget qui pose la question de la justice sociale, autrement dit, est-ce que c’est socialement juste ? Ces trois budgets seraient examinés au moment des décisions, des projets et de leur financement, et pas seulement après coup.

La santé, c'est aussi le manque de médecins ?

Oui, bien sûr. La santé, ce n’est pas seulement la question environnementale. On m’a vue dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, parler d’une “verrue” en évoquant le nouveau bâtiment place des Martyrs. Et sur le terrain, des habitants du quartier nous l'ont décrit de cette façon… et surtout, ils voient un bâtiment qui reste largement vide. Aujourd’hui, il y a la mutuelle, et une crèche en bas, mais rien qui réponde à un besoin de santé au quotidien. Notre idée, c’est de salarier des médecins, en créant un centre communal de santé. On travaille déjà avec des personnes à Batz-sur-Mer, qui nous accompagnent dans la réflexion et qui ont mis en place ce type de centre. Et depuis qu’on a lancé cette proposition, on sent que ça fait écho. Beaucoup de personnes sont venues vers nous et commencent à préciser le travail, y compris des personnes déjà impliquées dans le monde de la santé et qui souhaitent s’y investir. On les a rencontrées notamment lors de notre soirée sur la santé environnementale : des personnes de la CPAM, des médecins du centre hospitalier, un jeune homme qui prépare un Master 2 en santé, des représentants de la CGT…

Comment fonctionnerait ce centre ?

Concrètement, c’est la mairie qui recrute et qui salarie les soignants dont on constate le manque : des médecins, bien sûr, mais aussi des infirmiers, des psychologues, et plus largement tout professionnel de santé nécessaire. Il y a un cadre, un dispositif, et cela se fait en accord avec la CPAM. Dans ce modèle, les professionnels pratiquent le tiers payant, sans dépassement d'honoraires. Pour les médecins, l’intérêt est d'être débarrassés des contraintes administratives de l’exercice libéral, puisqu’ils deviennent salariés. Cela peut aussi convenir à des personnes qui ne souhaitent pas travailler à temps complet. Je me suis d’ailleurs posé la question en regardant des exemples comme Batz-sur-Mer, est-ce que le recrutement est long, est-ce que c’est compliqué ? Le retour qu’on a, c’est qu’il y a une vraie demande, parce que le territoire est attractif, et que cela peut se faire assez rapidement. L’idée serait d’implanter ce centre dans des lieux existants, éventuellement dans des quartiers où le besoin de médecins est particulièrement fort. On réfléchit aussi à la possibilité que les citoyens et les citoyennes cogèrent le centre municipal, notamment sur le choix des spécialités à prioriser.

Etant donné votre militantisme, la santé des femmes tient-elle une place particulière ?

Nous voulons faire de Saint-Nazaire une ville féministe et antifasciste, donc évidemment la santé des femmes a une place particulière. Mais avant même d’entrer dans ce sujet, il y a aussi tout ce qui touche à la santé mentale, à la jeunesse, au mal-être. Et nous avons un volet très structuré sur la lutte les violences aux femmes. Sur ces questions, on assumera une organisation politique dédiée. Il y aura une adjointe en charge de la “ville féministe et antifasciste”. Parce qu’on voit ce qui se passe ailleurs, y compris aux États-Unis, et le rôle que des mères se retrouvent à jouer face à la police de l’immigration. Et forcément, on se pose la question. Si demain le RN était en place, comment ça se passerait ici ? On a d’ailleurs invité Fatima Ouassak, qui travaille sur la notion de “ville à hauteur d’enfants”. Elle met en lumière la responsabilité que portent beaucoup de mères dans l’éducation et la protection des enfants, notamment dans les quartiers populaires, mais pas uniquement. Et elle se pose la question : comment fait-on, quand il y a beaucoup de mères isolées avec leurs enfants ? Comment est-ce qu’on aide, comment est-ce qu’on soutient, de façon réelle, dans l’organisation de la ville et des services publics ?

Vous avez relevé d'autres exemples lors de votre enquête à travers l'Europe ?

En Belgique, j’ai vu un dispositif qui m’a beaucoup marquée, un centre de prise en charge des violences sexuelles, installé à proximité immédiate de l’hôpital et des urgences. L’intérêt, c’est la prise en charge “en un seul lieu”, avec une logique d’accueil qui s’adapte au temps des victimes. La personne peut être reçue tout de suite, dans l’urgence, juste après une agression, mais elle peut aussi venir plus tard, y compris des années après. C’est une approche pluridisciplinaire. Il y a un examen gynécologique, un accompagnement social, un accompagnement psychologique, un soutien au logement si nécessaire, et la possibilité de déposer plainte sur place. À Saint-Nazaire, il existe bien “Le 24”, mais ce n’est pas un accueil ouvert 24 heures sur 24. Et c’est un dispositif sous-traité aux associations, qui, par ailleurs, ont perdu des moyens. Il existait auparavant le SAS, le Service d’accueil et de soutien, dépendant de Solidarité Estuaire, mais qui n’a plus aujourd’hui les moyens d’accueillir. Il faudrait renforcer ce qui existe déjà au “24”, mais en y mettant vraiment des moyens.

Comment financer tout ça ?

Déjà, il y a des dépenses que nous ne ferons pas. Les caméras, par exemple. L’armement létal, on n’en fera pas non plus. Et il y a aussi une question d’indemnités et d’organisation. Dans notre cas, je ne serai pas à la fois maire et présidente de l’intercommunalité. L’idée, c’est de partager la responsabilité, donc de réduire certains coûts, certaines dépenses. Et puis, derrière la question du financement, il y a aussi une manière de hiérarchiser ce qu’on considère comme essentiel. Pour nous c'est la santé. Et la santé, c'est aussi bien manger. C'est pourquoi nous proposerons des cantines 100% bio, avec une alternative végétarienne chaque jour. L'instauration d'une sécurité sociale alimentaire, pour nous, c’est aussi un sujet de santé, et qui est lié au social.

Site internet de la candidate Violaine Lucas : sn26.fr • Découvrez la liste Ensemble soyons Saint-Nazaire • Consultez le programme PDF.

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