Saint-Nazaire : Émeline photographie celles et ceux qui ont tourné le dos à la plage
La jeune photographe recherche des sujets souhaitant participer à un projet photo sur les personnes qui ne veulent, ou ne peuvent plus aller à la mer.
En février dernier, nous avions rencontré Émeline, jeune photographe de 27 ans en quête d'histoires de vie pour son projet photo itinérant “Refuge”. Arrivée à Saint-Nazaire par hasard au détour d'une chanson, elle y a rencontré Élodie et Romain, qu'elle suivra durant un an dans leurs histoires d'après-tempête. La voici également de retour cet été, l'appareil photo en bandoulière, pour laisser filer son regard dans le cadre d'une résidence avec l'association l'Art à l'Ouest pour l'édition 2026 de Cargo. Émeline lance une bouteille à la mer, à la recherche de portraits de Nazairiens souhaitant participer à son prochain projet, qui raconte l'histoire de celles et ceux que la plage a laissé derrière.
« Je cherche à raconter la plage par les gens qui n'y vont plus »
La thématique 2026 de l'exposition photographique estivale Cargo sera La Plage. La Plage, Émeline la découvre un peu elle-même aussi, depuis 1 mois et demi qu'elle a posé ses valises dans la cité portuaire. « Ce n'est pas forcément un environnement familier pour moi, on peut parfois s'y sentir perdu » avoue-t-elle. Au détour de ses rencontres, elle a observé les plongeons dans l'eau salée, les serviettes colorées, les jeux des enfants, les promeneurs habitués du sable et des vagues. Mais aussi ceux qui travaillent à côté sans en profiter, comme les ouvriers du chantier de Villès-Martin. « Romain, qui participe au projet Refuge, m'a dit que son père qui vivait à la Chesnaie n'était jamais allé à la mer, j'ai trouvé ça fou ! » souffle-t-elle. L'idée a germé d'aborder la plage d'une autre façon, en plongeant dans l'âme profonde de celles et ceux qui l'ont désertée, volontairement ou non. Dans un nouveau voyage humain et photographique.
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Raconter la plage par l'absence de plage
Jusqu’à fin septembre, Émeline vivra au rythme de ces confidences, attentive et patiente. « Ce projet sera une sorte de narration à plusieurs voix, je suivrai quatre ou cinq personnes » explique-t-elle. Comme toujours chez Émeline, il est question de reconstruction. De cette lumière singulière qu’on retrouve après l’orage. Elle ne cherche pas l’extraordinaire mais l’intime et la faille. Et pour qui souhaite lui murmurer son histoire, elle tend l'oreille et l'objectif avec délicatesse. « Je ne peux pas tout raconter. Mais je peux tout entendre » glisse-t-elle. Chaque portrait prendra la forme d’un instant suspendu, comme une séquence de film photographique. Vous pouvez la contacter si vous souhaitez qu'à travers ce projet elle raconte votre expérience de la plage disparue.
Envie de participer ? Contactez Émeline par email à emsauser98@gmail.com • Site web : emsauser.com.