Saint-Nazaire : la grève continue à la concession Gemy Citroën

Après plus de deux semaines de grève, le point de rupture est atteint entre la direction et des vendeurs qui n'acceptent pas le nouveau plan de rémunération imposé.

Publié le 23 Janvier 2021 à 21:37.

Le 5 janvier, les vendeurs de la concession Gemy Citroën se sont vus imposer un nouveau plan de rémunération entraînant une baisse de « 43% en moyenne de leur part variable » sans possibilité de négociation. Sur les 12 vendeurs ayant entamé une grève dès le 6 janvier, 4 poursuivent encore le mouvement, écoeurés et désabusés. Ils tiennent grâce au soutien de leurs clients, et « pour faire changer les choses, pour les jeunes, pour ceux qui restent ».

« Ils attendent qu’on démissionne, c’est du chantage social »

Avec 33 concessions en France, le groupe Gemy reste ferme face aux grévistes. Pour la direction, il n’existe « aucune modification de rémunération des vendeurs ». Pourtant, avec un salaire fixe de 1000 euros brut complété par une part variable, les modifications d’attribution de cette dernière entraîneront une baisse énorme sur le bulletin de salaire des vendeurs. « Si ce nouveau plan avait existé en décembre, j’aurais touché 1500 euros de moins » explique Matthieu Bodiguel, 16 ans à la concession Citroën, 23 ans de métier. Une pilule un peu dure à avaler quand on a une famille, des crédits à rembourser… « Il faut comprendre qu’à tout moment, la direction peut imposer un nouveau Pay Plan (plan de rémunération), nous en avons déjà eu 4 l’année dernière » précise Matthieu Bodiguel. « On n’a pas le choix, on doit signer. Si on ne signe pas, ce sera quand même appliqué. Aujourd’hui, on sent qu’ils veulent nous avoir à l’usure, c’est du chantage social ».

Soutien des clients

Sur les 12 vendeurs ayant entamé la grève, beaucoup ont cédé, « par usure et par pression. Ils ont demandé aux autres vendeurs de ne pas entrer en contact avec nous » ajoute Valérie Ménandais, elle aussi commerciale en grève. L’un des premiers grévistes, encore en période d’essai, a également été licencié. La voix serrée, Matthieu garde quand même le sourire en entendant les automobilistes passer sur le rond point en klaxonnant pour manifester leur soutien. « des clients sont venus nous voir. Ils nous apportent des gâteaux, parfois même un peu d’argent pour tenir. Je tiens pour mes filles, mais aussi pour les vendeurs qui restent, pour que le système change ».

« La seule issue, le licenciement »

Pourquoi ce nouveau Pay Plan décidé par la direction de Gemy à Laval ? « Ils veulent anticiper la baisse de la rémunération de la part du constructeur PSA, soit 150 € pour chaque voiture vendue, ce qui constitue soit une perte d’environ 4 M€ pour 2021. C’est surtout parce qu’ils ont annoncé vouloir grossir » explique Matthieu Bodiguel. Après 17 jours de grève, le point de rupture est atteint, et les grévistes n’imaginent pas pouvoir à nouveau travailler dans la concession et il conclue « Nous attendons qu’ils nous licencient, c’est aujourd’hui la seule issue possible.»

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