Saint-Nazaire : plongée au coeur du chantier de restauration de l’Espadon

Le sous-marin de 77 m de long sera bien opérationnel cet été, pour mettre le cap avec ses visiteurs vers la banquise !

Publié le 07 Mai 2021 à 21:34.

C’est un chantier à la fois colossal et extrêmement minutieux qui est entrepris depuis février à la base sous-marine de Saint-Nazaire, pour restaurer ce bâtiment-musée de la marine nationale. Et dès début juillet, les visiteurs pourront vivre une nouvelle expérience de visite en parcourant une page de l’histoire du submersible : mettre le pied à bord du premier sous-marin français à avoir atteint la banquise !

Des restaurateurs spécialisés pour chaque matériau

En 1986, le sous-marin Espadon, véritable témoin de l’histoire maritime, technique et géopolitique du 20e siècle, atteignait le port de Saint-Nazaire, sa destination finale. 2 700 000 visiteurs plus tard, le bâtiment de 77m de long nécessitait d’importants travaux pour assurer sa conservation. « Il s’agit de restaurer, préserver et valoriser. Pas de remettre à neuf » précise Tiphaine Yvon, responsable du Pôle Patrimoine à la ville de Saint-Nazaire. Chaque jour, des restaurateurs agréés Musée de France travaillent sans relâche sur les parties extérieures et dans les entrailles de l’Espadon. « Chaque restaurateur a sa spécialité de matériau, cuir, métal, bois, ou encore plastique et composites » explique Agathe Doufils en charge des collections et de la conservation. Avec des interventions qui peuvent passer du gros oeuvre le plus monumental… à un véritable travail de patience et de fourmi.

Brosses à dents et goupillons à l’intérieur !

Se glisser dans chaque espace aussi petit soit-il, nettoyer derrière chaque tuyau, atteindre chaque recoin… C’est à la brosse à dent, au goupillon ou encore au chiffon que 4 restaurateurs à plein temps, un brin contorsionnistes, doivent s’armer de précision à l’intérieur du sous-marin. Pour chasser durablement corrosion et encrassement, pas de place à l’erreur, et ils doivent suivre un protocole très méthodique. « Il s’agit de procéder de haut en bas à cause de la poussière, après avoir définis des carrés d’intervention. L’équipe est partie du centre du sous-marin pour progresser vers les extrémités, pour que chaque millimètre carré, chaque cadran, chaque tuyau soit restauré » explique Agathe Doufils. Quant aux éléments démontables, ils sont méticuleusement stockés dans de petits sacs en attendant d’être replacés. Comment réassembler ensuite ce puzzle ? « Des milliers de photos sont prises chaque jour pour retrouver leur place, mais aussi pour établir un historique des travaux ».

La proue et la poupe sont les parties les plus abîmées

Le chantier naval Esclain, spécialiste des restaurations de bateaux monuments historiques, est à l’oeuvre pendant ce temps sur la partie extérieure du sous-marin sur le carénage, la restauration du pont, la remise en peinture. Les parties les plus endommagées se trouvant à la proue, à la poupe, et au-dessus de la ligne de flottaison, il a fallu abaisser l’eau du bassin pour permettre les travaux à la meuleuse, ou encore à la grenailleuse. Sans compter les 3 sous-couches appliquées avant la remise en peinture finale (noire), le changement des trappes, puis le retour en juin et à l’automne des restaurateurs extérieurs. Tout autour du sous-marin, de nouvelles passerelles sont en cours d’assemblage pour préparer un nouveau parcours de visite.

Un nouveau parcours de visite en juillet

Le sous-marin Espadon fut le premier sous-marin français à atteindre la banquise nord en 1964. « En pleine guerre froide, c’était un peu comme marcher sur la lune ! » rappelle Pierre Sabouraud, directeur de Saint-Nazaire Agglomération Tourisme. C’est en s’inspirant de cette page d’histoire que s’est dessiné le nouveau scénario de visite de l’Espadon, après des heures de travail avec les archives de la Marine Nationale. « C’est très long car beaucoup d’éléments sont encore classés secret défense » indique Tiphaine Yvon. De nouveaux points de vue seront également offerts aux visiteurs, avec la construction d’une passerelle tout autour du bâtiment.

Associer les citoyens au projet de restauration

Une collecte de dons auprès des entreprises ou particuliers avec la Fondation du Patrimoine a déjà atteint 50% de son objectif, soit 20 000 €. « Cette campagne de collecte se poursuit jusqu’à la fin du mois de juin, et probablement au-delà » rappelle Pierre Sabouraud. D’autres financement du département, de la région, du ministère de la culture complètent l’enveloppe du chantier.

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