Saint-Nazaire : retour de la Samuel de Champlain remotorisée au GNL

Après de longs mois de travaux, la drague Samuel de Champlain rejoint l'estuaire et devient le premier navire sous pavillon français utilisant du gaz naturel liquéfié.

Saint-Nazaire : retour de la Samuel de Champlain remotorisée au GNL

C’est une double première pour La Samuel de Champlain qui a quitté vendredi 14 juin le chantier naval Damen de Dunkerque après de longs mois de travaux : la drague est la première à avoir jamais subi une opération de remotorisation dual-fuel, devenant ainsi le premier navire sous pavillon français à utiliser du gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant.

Le GNL, un carburant plus vertueux

Construite en 2002, la Samuel de Champlain est la plus importante drague aspiratrice en marche de la flotte du Gie Dragage-Port avec ses 117 m de longueur, 24 m de largeur et 8 m de tirant d’eau pour une capacité d’emport de 8 500 m3. Elle est utilisée pour le dragage du chenal, afin de maintenir les profondeurs de navigation dans le chenal et au niveau des postes à quai. C’est en 2016 que le GIE Dragages-Ports a décidé de remplacer la motorisation diesel de la Samuel de Champlain par une motorisation dual fuel (gazole et GNL), dans le double objectif d’améliorer la fiabilité et les performances environnementales du navire, une opération inscrite dans le cadre d’un projet européen plus vaste dénommé S/F SamueLNG for a Blue Atlantic arch. Les études et approvisionnements des différents équipements ont nécessité plus de 14 mois, et les travaux de remotorisation ont débuté le 8 octobre 2018 à Dunkerque, dans l’un des deux chantiers français du groupe Damen. Le gaz naturel, sous forme comprimée (GNC) ou liquéfiée à -162°C (GNL), est déjà couramment utilisé comme carburant par des poids-lourds ou des bus urbains. Il commence aussi à être utilisé par des navires, notamment dans le nord de l’Europe, mais la Samuel de Champlain est la première battant pavillon français dans ce cas. L’utilisation du gaz naturel comme carburant va encore réduire très nettement les émissions de polluants atmosphériques par rapport au gazole : l’objectif de -20% d’émissions de CO2, -80% d’oxydes d’azote (NOx) et -99% de particules fines sera vérifié par des mesures dans les prochaines semaines.

Publié le 17/06/2019 à 14:46.