Fin de NDDL : et si on coavionnait ?

En juin 2017, l'État a annulé les consignes de la DGAC restreignant les pratiques du coavionnage, ouvrant de nouvelles perspectives aux "blablacars" du ciel.

Fin de NDDL : et si on coavionnait ? © marjanmencin
Publié le 23 Janvier 2018 à 10:45.

​Ils décollent de l’aérodrome de La Baule Escoublac, Saint-Nazaire Montoir, ou encore Redon pour de simple balades aériennes ou pour rejoindre Paris ou l’Angleterre. Les pilotes d’avion de tourisme privés sont de plus en plus nombreux à s’inscrire sur des applications de coavionnage telles que Wingly ou Coavmi. Le marché bloqué jusque là par la législation pourrait prendre une belle envolée en 2018 et se développer auprès d’une clientèle de chefs d’entreprises.

La Cour Européenne donne raison aux plates-formes de coavionnage

« Prendre l’avion comme on prend la voiture pour partager un trajet à plusieurs, c’est notre objectif et il pourrait très vite séduire les voyageurs d’affaires », explique Émeric de Waziers, l’un des trois fondateurs de Wingly, une application dédiée au coavionnage. Pourtant, les blablacars du ciel ont bien failli rester cloués au sol. Le 24 août 2016, la DGAC (direction générale de l’aviation civile) décidait de limiter le coavionnage en France à des vols circulaires de moins de 30 minutes et dans un rayon de 40 kilomètres, avec l’obligation pour le pilote amateur de justifier d’au moins 200 heures de vol et l’interdiction d’effectuer des trajets entre deux aéroports. Cette décision avait poussé la start-up française Wingly à s’expatrier temporairement en Allemagne, pays où la pratique qui séduit déjà 5 fois plus de passagers qu’en France est largement adoptée. Après plusieurs mois de bataille, l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne rendait finalement son verdict le 22 juin 2017 en autorisant le coavionnage, ces restrictions étant contraires à la règlementation européenne.

Une simple participation financière

Cette nouvelle est une véritable aubaine pour les plates-formes qui voient l’opportunité de progresser rapidement sur le marché français, à la traîne derrière l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Actuellement, l’offre est principalement basée sur des balades et excursions aériennes touristiques, mais les pionniers du ciel comptent bien rattraper le retard pris sur les autres pays européens. Émeric de Waziers compte déjà 1 500 pilotes inscrits qui volent pour des tarifs encadrés et raisonnables : ils ne peuvent pas se livrer à une activité commerciale et la participation financière demandée au passager doit correspondre à sa participation au prorata des frais du vol. Avec plusieurs centaines d’aérodromes en France et quelques 27 000 pilotes amateurs, on comprend mieux les incroyables perspectives de ce nouveau mode de transport.

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