La Baule envisage une taxe sur les friches commerciales pour lutter contre les loyers excessifs
La municipalité étudie la mise en place de cette taxe afin d’encourager une offre locative plus raisonnable et soutenir ses commerçants.
Lors du Conseil municipal du vendredi 21 novembre, le maire Franck Louvrier a dressé un état des lieux contrasté du commerce baulois. Un secteur alimentaire dynamique durant l’été, une restauration fragilisée, et un textile inquiet. Mais malgré un taux de vacance commerciale bas (4,4 %, bien inférieur à la moyenne nationale de 13%) certaines cellules restent inoccupées, souvent en raison de loyers prohibitifs. Dans ce contexte, la Ville cherche des outils pour préserver la vitalité du centre-ville, particulièrement menacé par les nouvelles habitudes de consommation et la concurrence des plateformes numériques.
Des loyers trop hauts
À La Baule, le nombre d’ouvertures reste supérieur au nombre de fermetures, et c'est une bonne nouvelle. Mais certains enseignes ne restent pas longtemps. C'est bien souvent un problème de loyers trop élevés, qui ne permettent pas aux commerces indépendants de s’installer durablement. Cette spirale entraîne des périodes d’inoccupation parfois longues, malgré une demande réelle. Pour y remédier, la municipalité envisage donc l’instauration de la Taxe sur les friches commerciales (TFC). Cette taxe ciblerait les propriétaires de locaux commerciaux vacants depuis plus de 24 mois, avec un taux pouvant atteindre 20 % du dernier loyer annuel perçu. « L’objectif est de lutter contre la rétention foncière et la spéculation locative en faisant la chasse aux propriétaires qui mettent des loyers tellement exorbitants que leurs locaux ne sont pas loués et restent vides parfois pendant plusieurs années » indique Franck Louvrier. Cette taxe, qualifiée par l’élu d'« outil de justice économique », viserait à réinjecter sur le marché des locaux à prix réalistes et à réduire la pression sur les commerçants.
Contrainte et incitation
Si la TFC représente un levier fort, la mairie passe en revue tous les outils à sa disposition. La possibilité d'un périmètre de préemption ne convainc pas le maire, cela risquerait selon lui d’encourager des ventes à prix trop élevés et de transformer la collectivité en opérateur immobilier, rôle qu’elle ne souhaite pas assumer. En parallèle, la Ville réfléchit à des dispositifs complémentaires, plus incitatifs. « En revanche, en complément de cette TFC, d’autres mesures incitatives pourraient permettre de lutter contre cette vacance, comme les aides aux devantures, au ravalement, à la reprise de locaux vacants… Dans ce domaine, c’est toujours important d’avoir le bâton et la carotte » souligne-t-il.
