La Gacilly : le festival photo se met à l’heure anglaise
Le petit village de pierre se transforme en musée à ciel ouvert avec une édition 2025 du festival photo placée sous le signe du Royaume-Uni.
Du 1er juin au 5 octobre, les rues et jardins de La Gacilly dans le Morbihan se couvrent de clichés monumentaux. Gratuit et en libre accès, le festival invite à flâner entre passé et présent, entre satire britannique et poésie visuelle. C'est l'incontournable idée de sortie de l'été, et elle prend cette année des allures d'escapade de l'autre côté de la Manche.
Une promenade artistique colorée
Il suffit d’une heure de route depuis Saint-Nazaire pour que le voyage commence. On quitte la côte, on glisse sur les routes de campagne, et soudain apparaissent les façades de granit de La Gacilly et ses ruelles fleuries. Là, plus de 800 photographies de grand format sont réparties en 21 expositions, avec 10 photographes britanniques mis à l'honneur. Et dès l’arrivée, le pont sur la rivière Aff annonce la couleur : d’immenses photos tapissent les murs, donnant le ton d’une promenade artistique à chaque année hors du temps.
Londres qui pétille sous les yeux de Josh Edgoose
Cette année, le parcours s’ouvre sur une déferlante de couleurs signées Josh Edgoose, surnommé « Spicy Meatball » sur Instagram. Ses images du quotidien londonien, saturées de détails et d’humour, sont une invitation joyeuse à plonger dans l’excentricité britannique. La mise en bouche est réussie, et la capitale britannique s’offre avec ses contrastes, ses foules pressées et ses instants décalés.
Entre nostalgie et ironie
Dans la prairie voisine, on croise deux figures majeures de la photo anglaise : Tony Ray-Jones, qui capture les loisirs et absurdités de l’Angleterre des sixties, et Martin Parr, qui appuie là où ça fait sourire ou grincer. Leurs images se répondent : la première empreinte d’une douce nostalgie, la seconde d’une ironie contemporaine. Le tableau donne l’impression de voyager dans le temps, d’un bord de mer victorien aux supermarchés modernes.
Le labyrinthe où résonne le rock
Le festival excelle dans sa scénographie, et le labyrinthe végétal en est la preuve. Les portraits de Terry O’Neill y convoquent la légende : on s’assoit avec Ringo et Paul, on croise Bowie et son molosse, Amy Winehouse ou les Beatles. Entre les haies et les clairières, la musique semble accompagner la balade, comme si les clichés sortaient du cadre pour nous embarquer dans des souvenirs de concerts mythiques et studios glamour.
L’Angleterre des marges et des cicatrices
Plus loin, changement d’ambiance. Les photographies de Mary Turner plongent dans une Angleterre plus rude, celle des banlieues fatiguées, des mines fermées et des maisons de briques rouges serrées les unes contre les autres. Puis viennent les images de Don McCullin. Là, la noirceur des conflits se heurte à la douceur méditerranéenne : un contraste fort qui laisse le visiteur songeur.
Le voyage qui s’élargit au monde
Mais La Gacilly ne se limite pas à l’Angleterre. Le parcours file dans les jardins, les rues, jusque dans un ancien garage désaffecté. Là, on passe des clichés de nature en apnée de Laurent Ballesta aux paysages polaires d’Axelle de Russé, avant de plonger avec Robert Doisneau sur la côte atlantique. On finit par se perdre en Afrique, en sous-bois ou au milieu d’animaux urbains, ours et renards compris. Le chemin se boucle dans le village, avec un détour par les halles où les collégiens locaux exposent leurs premiers regards sur le monde. À La Gacilly, la promenade s'est transformée en expérience. On traverse les décennies, les styles et les continents, en gardant toujours cette touche « so British » qui donne du piquant à l’édition 2025.
Festival Photo La Gacilly • Jusqu'au 5 octobre 2025 • Informations et accès sur www.festivalphoto-lagacilly.com.