« Quelqu’un devait s’ennuyer dans un Ministère » : le maire de Trignac ironise sur un nouveau règlement
L'État a décidé de changer la répartition des sièges des communes et leur nombre au sein du conseil communataire. Le Conseil municipal de Trignac a souhaité "marquer le coup" en exprimant son désaccord.
Le conseil communautaire de la CARENE comprend actuellement 60 élus et 15 vice-présidents représentant les communes de l'agglomération, avec la majorité issue de Saint-Nazaire (30 élus). Mais l'État a décidé de changer le nombre de sièges et leur répartition en laissant le choix entre deux options : soit la CARENE adopte des modalités de droit commun et voit passer automatiquement son nombre de sièges à 48 après renouvellement des conseils municipaux en mars 2026. Soit elle formule elle-même un accord local en suivant un ensemble de règles strictes. Saint-Nazaire Agglo a décidé d'opter pour cette deuxième solution plus avantageuse, afin de conserver le maximum de représentants. Certaines communes vont être avantagées, d'autres non.
Les plus petites communes mieux représentées
Les maires de la CARENE ont travaillé pour valider un conseil communautaire à 58 élus au lieu de 60, et se sont réunis le 27 mai dernier pour fixer la proposition de représentants dans chaque commune. « Avec l'accord local, on peut parvenir en suivant 4 grandes conditions et des calculs bien compliqués, à plus que les 48 proposés par l'État, soit à 58 (2 de moins qu'actuellement) » commente le maire de Trignac Claude Aufort en séance de Conseil Municipal. Saint-Nazaire passera ainsi de 30 à 29 élus, Pornichet de 6 à 7, Trignac et Montoir-de-Bretagne de 5 à 4, Donges restera à 4 représentants et Saint-André-des-Eaux à 3, et les plus petites communes, privilégiées par l'accord (La Chapelle des Marais, Saint-Joachim, Besné et Saint-Malo-de-Guersac) se verront attribuer 2 sièges chacune. Les 2 tiers au moins des Conseils Municipaux des communes membres doivent voter cet accord en Conseil municipal au plus tard le 31 août 2025. Une commune qui voterait “non” n'empeche pas le processus d'arrivée. Mais à défaut d’un accord général, le Préfet imposerait les 48 sièges prévus par le droit commun.
« On diminue la représentation démocratique »
Ces nouvelles règles sont donc imposées à la CARENE. « La seule chose que Saint-Nazaire Agglo puisse faire c'est un accord local. Mais on ne peut de toutes façons pas atteindre les 60 représentants comme auparavant, alors qu'en 6 ans la population a augmenté. On diminue en quelque sorte la représentation démocratique. Et sur cet aspect là on est en désaccord avec l'État » poursuit Claude Aufort. Pour « marquer le coup » le maire de Trignac a donc demandé à son Conseil municipal de ne pas approuver la délibération ou de s'abstenir. Ce nouveau principe n'affecte pas les dotations de l'État. « Il y a des enarques qui ont dû travailler des semaines là-dessus (…) On ne comprend pas bien qui cela favorise. De 60 à 58, ce n'est pas cela qui fera faire des économies. Il y a le même nombre de vices-présidents, cela ne les touche pas. Quelqu'un devait s'ennuyer dans son bureau dans je ne sais quel ministère. c'est kafkaïen » poursuit-il. 12 conseillers municipaux et le maire se sont abstenus, 13 ont voté contre.