Saint-Nazaire : les vœux du maire perturbés par des éducateurs de rue en grève
Le début de la cérémonie des vœux du maire a été interrompu par une vingtaine d’éducateurs de rue en grève venus porter leurs revendications devant les élus.
Mercredi 7 janvier, le Théâtre de Saint-Nazaire était plein pour la traditionnelle cérémonie des vœux du maire, devant un parterre d’acteurs économiques, de représentants associatifs, d’élus locaux et de partenaires institutionnels. Alors que la soirée s’apprêtait à commencer, une vingtaine d’éducateurs de rue a brusquement fait irruption sur scène, banderoles déployées, perturbant le début de l’événement. Les grévistes ont refusé de quitter le plateau tant qu’un élu (le maire lui-même, ou son adjoint Jean-Luc Séchet, également conseiller départemental) ne viendrait leur parler.
Des éducateurs de rue en grève depuis 50 jours
Les manifestants sont des éducateurs de rue de l'ADPS44 (agence départementale de la prévention spécialisée). Ils accompagnent les jeunes de 11 à 25 ans en difficulté, en immersion dans les quartiers. Initiée en décembre 2011 par le Département de Loire-Atlantique, l’ADPS est un Groupement d’Intérêt Public (GIP), composé de 5 conseillers départementaux et un représentant des Maires des villes de Nantes, Rezé, Saint-Herblain, Saint-Nazaire et Orvault. D'où la présence des grévistes aux voeux du maire de Saint-Nazaire. En grève depuis le 19 novembre, ils dénoncent notamment une dégradation de leurs conditions de travail, après l’augmentation de leur temps annuel à 1 607 heures. « Pour nous cela veut dire de la fatigue, des arrêts maladie, des gens qui partent en burn out, et cela veut dire aussi qu’on ne nous écoute pas et qu’on ne nous considère pas » proteste une éducatrice. « Nous sommes les seuls adultes à accompagner les gamins dans des quartiers que les services publics ont déserté » insiste un second gréviste. Mais la colère porte aussi sur les salaires. « On est les éducateurs les moins bien payés du département. On a 500 euros de moins sur notre fiche de paie tous les mois. Jusque-là on a accepté pendant des années. Aujourd’hui on n’en peut plus. On nous déconsidère comme on déconsidère toutes les personnes des quartiers » dénoncent-ils. Sur scène, les grévistes disent n’avoir obtenu « aucune avancée » depuis le début du mouvement, et déplorent « 50 jours sans réponse ».
Une promesse de rendez-vous obtenue
Depuis son fauteuil, l’adjoint et conseiller départemental Jean-Luc Séchet tente d’abord de répondre à distance, estimant que les grévistes n’emploient « pas la bonne méthode ». Une remarque qui déclenche une réponse immédiate depuis la scène. « On a envoyé des mails, on ne nous répond pas. On nous ignore » rétorque une gréviste. Face au blocage, et après quelques minutes de flottement, c’est finalement le sous-préfet Eric De Wispelaere, présent dans la salle, qui monte sur scène pour jouer le rôle de médiateur et engager le dialogue avec les manifestants. Un conseiller du maire le rejoint peu après afin de poursuivre les échanges à huis clos et tenter de dénouer la situation. À l’issue de ces discussions, un rendez-vous est finalement promis aux grévistes. Acceptant cet engagement, ils quittent alors la scène, permettant à la soirée de reprendre son cours avec la traditionnelle remise des médailles de la Ville. Mais leur irruption, au cœur d’une cérémonie très institutionnelle, aura rappelé qu’en ce début d’année, les vœux officiels se heurtent aussi aux réalités sociales qui traversent les quartiers nazairiens.
