MENU SaintNazaireNews.fr
Publié par Soizick David, le 28 Avril 2026 à 15:34

Devant les Chantiers de l’Atlantique, la CGT appelle les travailleurs à reprendre la main sur leur sécurité

Un rassemblement était organisé ce mardi 28 avril dans le cadre de la journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail.

Devant les Chantiers de l’Atlantique, la CGT appelle les travailleurs à reprendre la main sur leur sécurité
Le rassemblement était organisé ce mardi 28 avril à 10h devant la porte 4 des Chantiers © SaintNazaireNews.fr

Ce matin, au milieu du rond-point devant la Porte 4 des Chantiers de l'Atlantique, un mannequin en fauteuil roulant, des silhouettes allongées au sol et des casques abandonnés sur le bitume. La mise en scène était volontairement saisissante, pour interpeler les milliers de travailleurs qui empruntent chaque jour ce carrefour stratégique. « Cette journée de mobilisation autours des sujets de maladie au travail, d’accidents ou de morts au travail, nous parlent à toutes et à tous » martèlera un peu plus tard, lors de sa prise de parole Sébastien Benoit, secrétaire général du syndicat CGT navale aux Chantiers. La CGT a choisi d'organiser pour la première fois son rassemblement annuel pour la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail devant le site portuaire. L'an dernier, la mobilisation avait eu lieu sur le chantier du futur CHU de Nantes. Sur les 2 sites, le BTP est massivement présent, et les accidents, parfois mortels, sont une réalité que les syndicats refusent de taire : un accident toutes les cinq minutes, un accident grave toutes les quinze minutes, et un mort par jour travaillé. Et ce depuis 10 ans. Ce matin, militants et syndicalistes ont rappelé ensemble plusieurs revendications : des chiffres transparents, le retour des CHSCT, et une prise de conscience collective des travailleurs face à des employeurs « dont la priorité reste la rentabilité ».

Quand la loi désarme les travailleurs

Le BTP est le secteur le plus meurtrier de France, et la tendance ne semble pas prête de s'inverser. « Année après année, la situation empire. Les statistiques européennes et les statistiques de l'INSEE en France confirment que cela continue à monter », alerte Patrick Mercy, secrétaire régional CGT bois, construction et ameublement. Chutes de hauteur, écrasements par engins, effondrements de tranchées… Les causes sont connues, documentées, et pourtant les morts s'accumulent. Éric Bego, secrétaire de l'union syndicale de la construction du bois et de l'ameublement pour la Loire-Atlantique, enfonce le clou. « Pour améliorer la sécurité, il faudrait avoir de meilleurs effectifs au niveau de l'inspection du travail, de la médecine du travail. Mais plus le temps passe, et plus les moyens humains diminuent » déclare-t-il. Les syndicalistes pointent également la suppression des CHSCT (Comités d'hygiène, de santé et des conditions de travail). Ces instances, présentes dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés depuis plus de trente ans, disposaient d'un pouvoir juridique, par exemple pour arrêter un chantier en cas de danger grave et imminent. En 2017, les ordonnances Macron les ont fusionnées avec le comité d'entreprise et les délégués du personnel au sein d'un Comité social et économique (CSE), vidant au passage la nouvelle instance de l'essentiel de ses prérogatives en matière de santé et de sécurité. Désormais, la commission santé du CSE n'est même obligatoire que dans les entreprises de plus de 300 salariés. « Depuis la mort des CHSCT, il y a une explosion des cas » résume sèchement Éric Bego.

La sécurité ne doit pas s'arrêter aux grilles

« Lorsque les camarades de la CGT du Bâtiment nous ont demandé si un rassemblement serait possible devant les chantiers, nous avons bien sûr dit oui. Les chantiers du Bâtiment sont connus pour être des lieux de travail dangereux, et c'est malheureusement un point commun avec les chantiers de construction navale », a déclaré Sébastien Benoit, lors de sa prise de parole. Dans ce secteur, le BTP est omniprésent (menuiserie, plomberie, aménagements de cabine, sols, plafonds) et les accidents y sont une réalité que le syndicat rappelle : 20 morts en 26 ans, dont les 16 victimes de l'effondrement de la passerelle du Queen Mary en 2003. « Sur les 2 dernieres années, on compte un accident grave à la serrurerie, mais aussi un salarié ukrainien qui a été percuté par un Fenwick et a perdu sa jambe. En réalité des doigts coupés, mais aussi d'autres faits accidentels, il y en a beaucoup. Ce n'est que la partie immergée de l'iceberg » déplore-t-il encore. Le secrétaire général de la CGT navale a voulu également inviter à une prise de conscience collective, pour un rapport de force à reconstruire avec les travailleurs. « Il nous semble normal de respirer des fumées de soudure en atelier, des peintures toxiques à bord, de marcher dans le chantier en regardant de partout en se demandant quel véhicule, quel Fenwick, quel camion, va débouler sans nous voir. Eh bien, il n'y a rien de normal à tout ça », a-t-il martelé. Pour Sébastien Benoit, la fatalité est un piège tendu par les employeurs. « Si on se blesse au travail, ce sera de notre faute, on n'a pas fait assez attention. Si on tombe malade au travail, c'est ton corps qui est fragile, ça n'a rien à voir avec le boulot, nous disent les patrons » assène-t-il encore. Face à ce discours, il appelle les travailleurs à recréer des liens, à refuser les situations anormales, et à ne plus « aller au travail la peur au ventre ». « Rien ne remplacera ce qu'entre collègues nous mettrons en place comme liens pour se faire respecter et refuser toutes les situations de travail qui nous mettent en danger » déclare-t-il.

Devant les Chantiers de l’Atlantique, la CGT appelle les travailleurs à reprendre la main sur leur sécurité
Le secteur du bâtiment était fortement représenté lors du rassemblement © SaintNazaireNews.fr

Aux Chantiers de l'Atlantique, le scandale de l'amiante se prolonge

Classé cancérogène dès 1977 par le Centre International de Recherche sur le Cancer, l'usage de l'amiante en France est interdit depuis le 1er janvier 1997. Les maladies liées à l'amiante représentent encore aujourd'hui la deuxième cause de maladies professionnelles et la première cause de décès liés au travail hors accidents du travail. « Un scandale comme l'amiante fait aujourd'hui 1 200 morts en France par an. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne visualise pas », résume Sébastien Benoit. Aux Chantiers de l'Atlantique, ce scandale du XXe siècle n'appartient pourtant pas qu'au passé. L'an dernier, des travailleurs sous-traitants de la maintenance ont découvert des plaquettes de frein amiantées dans les ponts roulants des ateliers « alors que la direction avait certifié avoir vérifié l'ensemble de ses équipements. Sur 26 ponts roulants contrôlés, 17 contenaient des plaquettes amiantées » dénonce-t-il. Dans ses bulletins mensuels, la CGT a depuis plusieurs mois alerté ses adhérents. « La direction a caché à des milliers de salariés qu'ils étaient encore exposés à l'amiante dans les ateliers (…) Depuis 1997, des techniciens de maintenance démontent et remplacent des pièces amiantées. Toujours sans le savoir, ils ont même remplacé ces pièces par d'autres pièces amiantées, soigneusement conservées au magasin depuis des décennies pour écouler le stock » écrit le syndicat. Lors de sa prise de parole ce mardi 28 avril, Sébastien Benoit a également déploré des informations de la direction « données au compte-goutte ». « Nous en sommes encore à cette étape de forcer la direction à nous donner ces documents, aux délégués et même à l’inspection du travail, qui réclame ces documents et ne les obtient pas » déclare-t-il. Le service communication des Chantiers de l'Atlantique, contacté par nos soins, n'avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

Les Dernières news Dernières offres d'emploi

Conseiller technique rayon Sanitaire

  • Saint-Nazaire
  • CDI temps plein
  • 1 831 à 2 180 € brut
Postuler

Second de cuisine H/F

  • Pornic
  • CDI temps plein
Postuler

Hôte / Hôtesse service client

  • Saint-Nazaire
  • CDI temps plein
  • 1 830 à 2 180 € brut
Postuler

Chef Cuisinier

  • Saint-Nazaire
  • CDI temps plein
  • 2 308 à 3 205 € brut
Postuler
PUBLICITÉ LOCALE À découvrir
PUBLICITÉ LOCALE

Site web développé à Saint-Nazaire par

Funz : Agence digitale & création de site internet à Saint-Nazaire