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Publié par Soizick David, le 17 Juin 2025 à 09:04

Le 17 juin 1976, le procès de 12 femmes en colère s’ouvrait à Saint-Nazaire

Tout est parti d'une lettre envoyée aux épouses de 12 ouvriers par le directeur de l'usine Tréfimétaux à Couëron.

Le 17 juin 1976, le procès de 12 femmes en colère s’ouvrait à Saint-Nazaire
Les 12 accusées ont manifesté dans Saint-Nazaire, accompagnées d'un cortège de soutiens, avant leur arrivée au tribunal © Usine7180

En avril 1975, douze femmes d’ouvriers de l’usine Tréfimétaux à Couëron prennent d’assaut le bureau du directeur pour dénoncer leurs conditions de vie et soutenir la grève entamée deux mois plus tôt par leurs maris. Ce geste spontané, dénoncé ensuite comme une « séquestration », deviendra l’un des symboles de la lutte ouvrière et féministe des années 1970.

12 femmes d'ouvriers contre un directeur

Tout commence dans un climat social tendu : les salariés réclament de meilleures conditions de travail. La direction n’accorde qu’une hausse de salaire, refusant les autres revendications. Après huit semaines de grève, une lettre de la direction tente de casser le mouvement en demandant aux femmes de convaincre leurs maris de reprendre le travail. Le 22 avril, douze d’entre elles, indignées, se mobilisent, brûlent la lettre, puis envahissent le bureau du directeur. Elles y exposent, durant deux heures, leur précarité quotidienne. Quelques semaines plus tard, elles sont convoquées au tribunal pour séquestration.

Un procès annulé pour vice de forme

Un élan de solidarité naît. La CGT, l’Union des Femmes Françaises et des milliers de soutiens défendent les accusées. Le 17 juin 1976, lors du procès à Saint-Nazaire, une foule de 3 000 personnes les accompagne, chantant leur soutien. Le procès est annulé pour vice de procédure, et la plainte est retirée. Les "Douze femmes en colère" deviennent des figures de la lutte sociale et féministe. Certaines s'engagent durablement dans le militantisme syndical. De cette lutte est en effet née une commission au sein de la CGT locale, et certaines des instigatrices, comme Myriam N’Cho, s’imposent durablement comme militantes ouvrières et féministes. L’une participe au Congrès national femmes de la CGT en 1977, quatre autres rejoignent l’UFF en 1978. En 2009, la Ville de Couëron immortalise leur combat en baptisant la place centrale “Place des Douze femmes en colère” et en y installant une grande image d’archives en hommage à leur action.

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