Montoir-de-Bretagne : le projet industriel GOCO₂ entre dans une nouvelle phase de concertation
Après près de 40 rencontres publiques à l’automne 2025, le projet de captage et de stockage du CO₂ dans le Grand Ouest poursuit son dialogue avec le public.
Pour les industriels du Grand Ouest, GOCO₂ pourrait ouvrir une nouvelle voie pour réduire les émissions de CO₂ liées à la fabrication du ciment et de la chaux. Mais entre les sites de captage, les canalisations souterraines et le terminal maritime envisagé à Montoir-de-Bretagne, le projet soulève aussi parmi le public des questions sur son coût, ses effets sur l’environnement et son efficacité. Une concertation continue lancée en ligne le 6 octobre 2026, doit permettre de suivre les études et les réponses apportées aux interrogations exprimées lors de la première phase de dialogue.
Un projet de 375 km de canalisations pour transporter le CO₂ jusqu’à Montoir
Porté par Heidelberg Materials France, Lafarge Ciments, Lhoist, NaTran, Elengy et RTE, GOCO₂ prévoit de capter le CO₂ émis par trois sites industriels : deux cimenteries, à Airvault dans les Deux-Sèvres et à Saint-Pierre-la-Cour en Mayenne, ainsi qu’un site de production de chaux à Neau, en Mayenne. Le gaz serait ensuite acheminé par un réseau d’environ 375 kilomètres de canalisations souterraines jusqu’à Montoir-de-Bretagne. Sur le terminal d’Elengy, il serait liquéfié puis chargé à bord de navires à destination de sites de stockage géologique en mer du Nord. À l’horizon 2031, les porteurs du projet estiment que le dispositif permettrait d’éviter le rejet de 2 millions de tonnes de CO₂ par an, soit un volume qu’ils rapprochent des émissions annuelles de la métropole de Nantes. L’enjeu est important pour des secteurs industriels dont une partie des émissions provient directement des procédés de fabrication.
Des attentes sur le carbone, l’énergie et les risques
La première concertation s’est déroulée du 29 septembre au 19 décembre 2025. Près de 40 rencontres publiques et ateliers ont été organisés, suivis par 1 569 personnes en présentiel. Le site internet dédié a de son côté enregistré 16 000 vues, pour plus de 2 500 utilisateurs différents. Les échanges ont fait ressortir plusieurs sujets qui devront être éclaircis. Le bilan carbone global du projet figure parmi les principales questions soulevées, tout comme la consommation électrique des installations, les risques associés au transport du CO₂ et les conditions de son stockage géologique. Le tracé des canalisations, les effets sur les terres agricoles et la biodiversité ont également suscité des interrogations. Les garants ont notamment recommandé de rendre plus transparents le choix du futur site de stockage et les analyses de risques, mais aussi de présenter une analyse du cycle de vie du projet, couvrant ses différentes étapes. Il ressort de la concertation que le débat se porte aussi sur la pertinence de cette solution pour décarboner l’industrie, son modèle économique et la place accordée à d’autres pistes, comme les matériaux alternatifs ou les ciments sans clinker.
Dix-sept engagements pour poursuivre le dialogue jusqu’aux prochaines décisions
Le 19 mars 2026, les porteurs du projet ont publié leur réponse au bilan de la concertation, avec 17 engagements pour tenir compte des contributions du public. Ils reconnaissent notamment « une très forte attente de poursuite du dialogue ». La concertation préalable, expliquent-ils, « était la première étape du dialogue et de l’information du public ». Les engagements prévoient d’approfondir plusieurs sujets : bilan carbone, besoins énergétiques, risques industriels, solutions de transport du CO₂, stockage géologique et possibilités de valorisation du gaz capté. Les porteurs du projet annoncent également la poursuite des échanges sur les canalisations et leurs impacts environnementaux, avec une attention particulière portée aux fuseaux de passage et à la biodiversité. La concertation continue doit aussi s’appuyer sur des rendez-vous réguliers, des webinaires et des rencontres thématiques. Le site internet dédié restera ouvert pour informer le public et recueillir ses contributions. Un webinaire annuel doit notamment permettre de faire le point sur l’avancement du projet et des études. Cette nouvelle phase a débuté le 6 octobre 2026, sous l’égide de la CNDP. Les échanges doivent se prolonger jusqu’à l’ouverture des enquêtes publiques. L’année 2028 constituera une échéance importante. Les porteurs du projet prévoient alors de prendre leurs décisions finales d’investissement. D’ici là, les études devront préciser les caractéristiques techniques et les coûts des différentes opérations.