Muguet du 1er mai : La Baule serre la vis dans la rue
Face aux dérives constatées ces dernières années, le maire de La Baule-Escoublac signe un nouvel arrêté municipal encadrant strictement la vente libre du muguet, pour la première fois depuis 1999.
Le maire de La Baule-Escoublac Franck Louvrier n'entend pas traiter ce sujet à la légère. Lors de ses propos introductifs au conseil municipal du vendredi 24 avril, il a annoncé la signature d'un nouvel arrêté municipal encadrant la vente de muguet dans l'espace public le 1er mai. Un texte qui vient remplacer un arrêté vieux de près de trente ans, datant de 1999, et jugé largement dépassé au regard des pratiques actuelles. « Cette application de règles strictes sur un sujet qui pourrait sembler de prime abord anodin est fondamentale », a-t-il affirmé d'emblée.
Des dérives qui finissent par agacer
Si la tradition de la vente libre du muguet le 1er mai reste protégée par la loi, son application sur le terrain a pris ces dernières années une tournure que le maire pointe du doigt. « Nous assistons depuis quelques années à une montée en puissance de pratiques et de dérives inacceptables », a-t-il dénoncé, citant pêle-mêle des ventes organisées avec de véritables stands, parfois installés à quelques mètres d'un fleuriste, la présence de professionnels s'affranchissant de toute redevance d'occupation du domaine public, la vente de produits sans lien avec le muguet, ou encore des « sollicitations agressives envers les passants ». Ce qui était censé permettre à des enfants de se faire un peu d'argent de poche le temps d'une journée s'est, selon lui, transformé en terrain de permissivité commerciale.
Des règles non négociables
Dans ce nouvel arrêté, la vente de muguet dans l'espace public sera autorisée le 1er mai uniquement entre 8h et 18h, et devra rester « strictement occasionnelle et non professionnelle », sans table, stand, véhicule ni sonorisation. Elle sera limitée au muguet en brins, sans emballage ni composition florale élaborée. La distance minimale entre un point de vente occasionnel et les fleuristes, commerces de végétaux et marchés est portée de 50 à 80 mètres. Les mineurs non accompagnés se verront interdire la vente, et diverses règles de propreté, de sécurité et de tranquillité publique s'appliqueront. Le maire reconnaît toutefois une limite. « La réglementation nationale ne permettant pas d'imposer une autorisation préalable, le respect de l'arrêté repose uniquement sur des contrôles le jour même » indique-t-il. Derrière la question du muguet, se cache également la volonté de défendre les commerçants locaux, « qui contribuent toute l'année à l'attractivité de notre ville ».
n message politique autant que commercial
Au-delà de la réglementation, le maire assume une dimension symbolique forte. « C'est un message fort que nous entendons faire passer : à La Baule-Escoublac, la liberté a ses règles. » Derrière la question du muguet, il s'agit d'afficher une double volonté : maintenir la tranquillité publique et défendre les commerçants locaux, « qui contribuent toute l'année à l'attractivité de notre ville ». La mise en œuvre de l'arrêté sera assurée avec l'adjointe Aurore Lerat et les services municipaux concernés, qui seront mobilisés sur tous les secteurs commerciaux de la commune le jour J. Rendez-vous le 1er mai pour voir si la ville tient ses engagements.