À La Baule, les rapaces entrent en lice contre les goélands de l’avenue De Gaulle
Excédée par les nuisances croissantes causées par les goélands, la Ville de La Baule-Escoublac déploie à partir du 26 avril une campagne d'effarouchement par fauconnerie sur l'avenue du Général De Gaulle.
Toitures souillées, poubelles éventrées, et riverains agacés par des cris stridents… Les goélands ont visiblement poussé le bouchon un peu loin avenue du Général De Gaulle. Face aux nombreuses plaintes de résidents et de commerçants, la Ville de La Baule-Escoublac a décidé de frapper fort. À compter du 26 avril et jusqu'à fin juin 2026, un fauconnier professionnel agréé, la société GNA Bio-gestion, fera évoluer des rapaces dressés au-dessus du secteur concerné pour inciter naturellement ces volatiles envahissants à aller chercher fortune ailleurs. Aucun oiseau ne sera blessé ni capturé. L'objectif est simplement de réinstaller, dans le ciel baulois, la loi naturelle du plus fort.
Le faucon, arme écologique redoutablement efficace
Le principe est imparable ! La présence d'un rapace dressé crée parmi ses proies potentielles un véritable climat d'insécurité, les forçant à changer d'emplacement. Méthode 100 % naturelle, sans produit chimique, sans piège et sans capture, elle respecte la faune et l'environnement tout en étant redoutablement dissuasive. Son avantage décisif sur les solutions alternatives (effaroucheurs sonores, lasers ou ultrasons) est qu'elle utilise la peur naturelle du prédateur, laquelle ne provoque pas d'accoutumance, contrairement aux moyens modernes d'effarouchement. Des études scientifiques le confirment. La fauconnerie est véritablement efficace, à court comme à long terme, avec une mortalité des goélands 56 fois moindre. À La Baule, les interventions seront intensifiées lors de la première semaine, puis adaptées selon l'évolution de la situation.
Une espèce protégée, mais pas sans contraintes
Si le spectacle d'un rapace en plein vol au-dessus de l'avenue De Gaulle promet d'être saisissant, la démarche s'inscrit dans un cadre légal précis. Le goéland est en effet une espèce protégée en France, ce qui interdit tout dispositif létaux ou intrusifs. Mais la loi est tout aussi claire sur un autre point. L'article L20 du Code de la santé publique interdit de nourrir les animaux sauvages sur le territoire de toute commune, précisément pour éviter que ces espèces ne perdent leur instinct naturel et ne deviennent une source de nuisances pour le voisinage. Les résidents baulois sont d'ailleurs invités à jouer leur rôle dans cette opération, et à ne pas nourrir les goélands, et veiller à la bonne fermeture des poubelles. Deux gestes essentiels qui, combinés aux passages du fauconnier, conditionneront la réussite de la campagne. Car comme le rappelle la Ville, les goélands sont des oiseaux sauvages parfaitement capables de se nourrir seuls, à condition qu'on leur en laisse l'obligation.