À Nantes et Saint-Nazaire, un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés
Le préfet de Loire-Atlantique prend une série de mesures exceptionnelles pour les rassemblements annoncés ce samedi 24 octobre, dont un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés d’un parent dans certains secteurs de Saint-Nazaire et de Nantes.
Une nouvelle journée de rassemblements est annoncée ce samedi 24 octobre à Nantes et Saint-Nazaire. « Le samedi 17 octobre 2026, des groupes massifs d’individus, extrêmement mobiles, se sont attaqués aux institutions publiques, ont pillé des commerces et s’en sont pris violemment aux forces de l’ordre », rappelle Laurent Hottiaux, préfet de Loire-Atlantique, qui a décidé de renforcer les restrictions, avec des interdictions de rassemblement, des mesures visant les équipements susceptibles d’être utilisés lors des violences et un couvre-feu nocturne pour les mineurs. L'arrêté dans son intégralité est consultable en ligne.
À Saint-Nazaire, le centre-ville interdit aux rassemblements non déclarés
Première mesure. Le préfet interdit les manifestations et rassemblements non déclarés dans plusieurs secteurs de Saint-Nazaire, ainsi que dans certaines zones de Trignac et de Montoir-de-Bretagne. À Saint-Nazaire, le périmètre concerné couvre une large partie du centre-ville englobant notamment le secteur de la gare au nord et s’étendant jusqu’au front de mer au sud, entre les quartiers situés à l’ouest jusqu'au boulevard Victor Hugo, et les bassins portuaires à l’est. À Trignac, une seconde zone est également concernée. Le périmètre comprend notamment les abords de la rue Henri-Gautier, de la rue Ernest-Renan, du boulevard des Apprentis, du boulevard des Grandes-Rivières, de la rue des Évens et de la D213. La mesure s’applique ce samedi 24 octobre de 6 h à 23 h 59. À Nantes, le centre-ville est également concerné, tout comme les abords du centre commercial Atlantis, à Saint-Herblain, et le secteur du Bois Dormant, de 10 h à 23 h 59. La préfecture justifie ces arrêtés par l’absence de déclaration officielle des rassemblements annoncés sur les réseaux sociaux. Aucun organisateur, itinéraire ou service d’ordre n’étant identifié, les autorités disent vouloir protéger les habitants, les riverains et les commerçants. « Le droit de manifester est un droit fondamental garanti par la constitution, qui s’exerce dans le cadre de la loi et du respect de l’ordre public », rappelle le Préfet. Participer à un rassemblement interdit peut entraîner une contravention de 135 euros, tandis que les organisateurs s’exposent à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.
Un couvre-feu pour les mineurs samedi soir
Deuxième mesure. Un couvre-feu sera instauré de samedi 24 octobre à 21 h jusqu’à dimanche 25 octobre à 6 h, dans les secteurs de Saint-Nazaire et de Nantes déjà cités. Durant cette période, les mineurs présents sur la voie publique devront obligatoirement être accompagnés d’un adulte exerçant l’autorité parentale. La mesure vise, selon l’État, à protéger les jeunes et à éviter qu’ils soient impliqués dans des dégradations ou des pillages. La préfecture adresse également un avertissement aux familles, en leur demandant de veiller aux déplacements de leurs enfants pendant cette nuit. « La préfecture rappelle aux parents leur responsabilité et les invite à veiller à ce que leurs enfants ne soient pas impliqués dans les violences », précise le communiqué.
Carburants, artifices et équipements de protection interdits
D’autres restrictions sont entrées en vigueur pour tenter d’empêcher de nouveaux actes de violence. À l’échelle de toute la Loire-Atlantique, le port et le transport d’armes par destination, d’artifices, ainsi que le transport de carburant ou de récipients divers sans motif légitime sont interdits du vendredi 23 octobre à 20 h au lundi 26 octobre à 19 h. Dans certains secteurs de Saint-Nazaire, Nantes, Saint-Herblain, Trignac et Montoir-de-Bretagne, le port et le transport d’équipements de protection individuelle susceptibles de faire obstacle au maintien de l’ordre sont également interdits ce samedi, de 6 h à 23 h 59. Les forces de police et de gendarmerie seront fortement mobilisées pour faire respecter ces mesures. « Les auteurs d’exaction seront identifiés, interpellés et mis, dans la foulée, à disposition de la Justice », prévient le Préfet. Les violences, les dégradations et les jets de projectiles peuvent entraîner des poursuites pénales. La destruction ou la dégradation d’un bien destiné à l’utilité publique est notamment passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. La dissimulation volontaire du visage lors d’une manifestation où des troubles à l’ordre public sont commis ou risquent de l’être est également punie par la loi. Le préfet appelle enfin chacun à la responsabilité pour permettre un retour au calme, alors que les autorités redoutent de nouveaux débordements ce samedi.