Saint-Nazaire : opération de sauvetage de 200 kg de poissons à l’étang de Marsain
Une grosse équipe a participé, jeudi 22 octobre, à une opération de sauvetage des poissons de l’étang de Marsain, en cours d'assèchement depuis le mois de septembre à Saint-Nazaire.
L’étang de Marsain à l'Immaculée se vide peu à peu depuis le mois de septembre. Comme celui du Bois-Joalland, son barrage présente des fragilités qui nécessitent une vidange pour réduire la pression sur l’ouvrage. Mais avant que le niveau ne baisse davantage, il faut maintenant s’occuper de la survie de ses habitants à nageoires et écailles. Jeudi matin, les équipes de Saint-Nazaire Agglo, de la Ville et plusieurs pêcheurs se sont donc retrouvés au bord de l’étang pour récupérer les poissons et les déplacer vers un autre plan d’eau. L'opération collective, menée au filet, a permis d'éviter que des centaines de poissons ne se retrouvent piégés dans les dernières poches d’eau.
Un grand filet pour rabattre les poissons vers la berge
Sur les berges, les intervenants se sont organisées autour d’un long filet aux flotteurs orange. Cette technique de pêche porte un nom, la senne. Le principe consiste à déployer le filet dans l’eau, puis à le ramener progressivement vers la rive pour encercler les poissons et les concentrer dans une poche. Plusieurs personnes ont tiré sur les cordages depuis la rive, tandis que d’autres sont intervenues directement dans l’eau. Les bottes se sont enfoncées dans la vase, les pantalons ont été mouillés jusqu’aux cuisses, et chacun a dû trouver sa place pour maintenir le filet et le faire avancer sans laisser d’ouverture. Un bateau accompagnait également la manœuvre. À mesure que la senne se rapprochait du bord, les poissons se sont retrouvés regroupés dans un espace de plus en plus réduit. Les équipes ont alors pu les récupérer avec précaution pour les sortir de l’étang.
Des poissons récupérés à la main, puis placés dans des cuves
Une fois les poissons rassemblés, les équipes les ont prélevés dans l’eau et pour les déposer dans de grands contenants. Parmi les espèces sauvées figurent des gardons, des brèmes, des carpes et des sandres. Les poissons ont ensuite été placés dans des cuves remplies d’eau et oxygénées afin de pouvoir être transportés dans de bonnes conditions. Au total, environ 200 kilos de poissons ont été récupérés au cours de cette opération. Un volume conséquent, qui représente autant d’animaux à déplacer avant que la vidange de Marsain ne rende leur survie plus difficile. Les intervenant ont veillé à manipuler rapidement les poissons, pour limiter le stress, et les blessures.
Direction l’étang du Point du Jour, de l’autre côté de la route
Les cuves ont ensuite pris la direction de l’étang du Point du Jour, situé de l’autre côté de la route. C’est là que les poissons ont été relâchés. Contrairement à Marsain et au Bois-Joalland, ce plan d’eau ne doit pas être vidangé. Ce déplacement permet de conserver une partie de la vie aquatique dans un milieu en eau, plutôt que de laisser les poissons exposés à la baisse du niveau, à l’isolement dans des flaques ou à l’assèchement de leur habitat. Le transfert ne règle pas toutes les questions écologiques liées à une vidange, mais il évite que les poissons récupérés soient condamnés par la disparition de leur milieu. La réussite de l’opération dépend ensuite de leur capacité à s’adapter au plan d’eau d’accueil et aux conditions qui y règnent.
Une autre opération prévue au Bois-Joalland
Cette pêche de sauvetage s’inscrit dans les mesures prises par la Ville pour sécuriser plusieurs étangs nazairiens. Au Bois-Joalland, la vidange a commencé en septembre après une réévaluation de l’état du barrage. Comme à Marsain, la baisse du niveau doit permettre de réduire la pression exercée sur l’ouvrage fragilisé. Le même type d’opération de récupération des poissons est prévu au Bois-Joalland dans les semaines à venir. Saint-Nazaire Agglo doit de nouveau intervenir avec l’appui des pêcheurs de la Gaule Nazairienne, de la Fédération départementale de pêche et des équipes municipales. D’ici là, l’opération menée à Marsain aura permis de déplacer quelque 200 kilos de gardons, de brèmes, de carpes et de sandres.