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Publié par Soizick David, le 26 Mars 2026

Avec Elles bougent, le Port de Nantes Saint-Nazaire ouvre ses portes aux lycéennes

À Saint-Nazaire, des jeunes filles ont découvert les coulisses du Grand Port avec l’association Elles bougent, pour ouvrir le champ des possibles vers les métiers techniques et scientifiques.

Avec Elles bougent, le Port de Nantes Saint-Nazaire ouvre ses portes aux lycéennes
Le groupe devant un bateau en arrêt technique au Port Nantes Saint-Nazaire © SaintNazaireNews.fr

Ce jeudi 26 mars 2026, casque sur la tête et chaussures de sécurité aux pieds, une dizaine de lycéennes de seconde du lycée Alice Milliat de Pontchâteau ont plongé dans un univers qu’elles ne soupçonnaient pas. Direction les formes de Saint-Nazaire, au cœur du Grand Port Nantes Saint-Nazaire, pour une visite organisée dans le cadre de l’opération “Elles Bougent pour Demain”. L’objectif était de leur faire découvrir des métiers techniques et scientifiques encore largement masculins, et surtout leur montrer qu’elles y ont toute leur place. Car derrière les infrastructures impressionnantes du port, c’est un véritable champ des possibles qui s’ouvre, à quelques kilomètres seulement de leur quotidien.

Une marraine investie

Si ces lycéennes se sont retrouvées ce matin dans les coulisses du port, c’est en grande partie grâce à Chloé Le Perron. Technicienne méthodes au Grand Port Nantes Saint-Nazaire, elle est aussi marraine au sein de l’association Elles Bougent, qui oeuvre pour renforcer la mixité dans les métiers scientifiques. Un rôle bénévole qui consiste à aller à la rencontre des jeunes filles pour leur parler de son métier, partager son parcours et son environnement de travail. Avant d’arriver ici, Chloé travaillait aux Chantiers de l’Atlantique, engagés dans l’association depuis plusieurs années. « Quand j’ai changé d’entreprise, je me suis dit qu’il fallait que le Port fasse aussi partie du dispositif », explique-t-elle. « J’ai toujours évolué dans des environnements très masculins. Déjà au lycée, en STI2D, j’étais la seule fille dans mon option », se souvient-elle. Aujourd’hui, elle veut inverser la tendance, à son échelle. Faire découvrir, et transmettre. Et sur le terrain, ce matin, elle donne à voir ce que ces jeunes filles n’imaginaient même pas. À ses côtés, Ronan Le Cossec, formateur, et Samuel Rabiller, responsable d’exploitation des formes et écluses, participent eux aussi à la visite, pour montrer concrètement la diversité des métiers et des parcours possibles. Au Grand Port Nantes Saint-Nazaire, les femmes représentent 126 salariées sur 607, soit 20,75 % des effectifs.

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“Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre”

Dans une petite salle du port, la visite débute par un temps d’échange. Les jeunes filles écoutent, encore un peu en retrait. « Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre », confie Lilie-Rose. Comme pour ses camarades, cette phrase est révélatrice. Elle mettent le pied dans l'inconnu. Chloé Le Perron prend alors la parole et pose le ton. « Mon message, c’est que si vous avez envie, il ne faut pas lâcher. Vous êtes aussi capables que les garçons ». Très vite, elle personnalise les échanges, demande à chacune son parcours, ses spécialités, et esquisse des passerelles vers les métiers techniques et scientifiques. « Si vous pouvez aller jusqu’à bac+3, faites-le. Ce n’est qu’un an de plus, mais ça change beaucoup de choses derrière » ajoute-t-elle en évoquant son propre parcours en BTS. Puis en licence, poussée par l'entreprise MAN où elle faisait son premier stage. Autour d’elle, les chiffres donnent aussi la mesure de l’enjeu. En France, seulement 24 % des ingénieurs sont des femmes. « Et dans le maritime, c’est encore plus marquant : sur 100 marins au port, on compte 7 femmes » rappelle Chloé. Dans la salle, les regards se relèvent aussi quand Samuel Rabiller détaille son quotidien de responsable d’exploitation. « On est une équipe d’une vingtaine de personnes : techniciens, mécaniciens, électriciens… On pilote les ouvrages, parfois à distance, depuis un poste centralisé ». Ronan Le Cossec complète, « Le port, c’est plus de 80 métiers différents. Avec un rôle de la mer à la terre, ou encore un rôle d'aménageur » insiste-t-il.

Avec Elles bougent, le Port de Nantes Saint-Nazaire ouvre ses portes aux lycéennes
Les lycéennes sont descendues dans une forme de radoub © SaintNazaireNews.fr

Le déclic du réel

Le groupe quitte ensuite la salle pour rejoindre les formes de radoub. Quelques pas suffisent pour changer d’échelle. À leurs pieds, un navire en arrêt technique. Les questions commencent peu à peu : « Comment on vide la forme ? », « Combien de temps ça prend ? »… Descendues au fond de la cale, les lycéennes observent ensuite de près ce qu’elles n’avaient jusque-là vu qu’en photo — quand elles en avaient déjà entendu parler. De son côté Samuel Rabiller et Ronan Le Cossec détaillent les coulisses. « Chaque opération demande une coordination très précise. On travaille avec des agents de maîtrise, des techniciens, des mécaniciens, des électriciens… chacun intervient à un moment clé ». Au fil des explications, on sent la curiosité grandir et les langues se délier. Chloé, elle, continue de faire le lien avec les métiers. « Ce que j’aime dans mon travail, c’est qu’il est varié. J’ai environ 50 % de bureau et 50 % de terrain. Et ici, sur le terrain, c'est exceptionnel tous les jours » insiste-t-elle. Pendant ce temps, Magali Mangione, accompagnatrice responsable du bureau des entreprises au Lycée Alice Milliat, prend des notes et s'informe sur les recrutements, les métiers recherchés, pendant que les élèves prennent plus d'aise. « Il est important dans ces visites de séparer les groupes de filles et garçons. Sinon, elles ont tendance à s'effacer et à ne pas poser de questions. J'observe le même phénomène quand j'interviens avec Ronan dans des établissements scolaires à Saint-Nazaire ou Montoir-de-Bretagne » poursuit-elle.

Avec Elles bougent, le Port de Nantes Saint-Nazaire ouvre ses portes aux lycéennes
Chloé Le Perron échange avec l'une des lycéennes © SaintNazaireNews.fr

Des opportunités pour toutes les jeunes filles

Le long des bassins, les découvertes s’enchaînent. Les différents types de navires, les chantiers en cours, des infrastructures impressionnantes, les entreprises et leurs entrepôts autour des bassins… « On manque de femmes dans ces filières pour apporter un regard différent, simplement parce qu’elles ne les connaissent pas. C’est pour ça que ces visites sont importantes », insiste Chloé. À la fin de la matinée, difficile de mesurer immédiatement l’impact. Mais il est certain que quelque chose a évolué, que ces jeunes filles auront la matière nécessaire et la curiosité pour se forger, peut-être, des envies, des vocations. Émilie, chargée de communication au port, accompagne ce jour-là la visite. Son métier est éloigné du technique, mais elle n’en vit pas moins la même passion. « Je ne me verrais pas travailler dans un autre univers que l’industriel. Ici, je vois du concret, du vivant, et c’est passionnant ! ». Car derrière cette matinée, c’est tout un écosystème qui se dévoile peu à peu au sein du 4ème port français : plus de 80 métiers différents, plus de 600 salariés, un complexe industrialo-portuaire qui fait vivre près de 28 700 emplois sur le territoire… et des opportunités pour toutes les jeunes filles.

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