Municipales : la CCI Nantes Saint-Nazaire remet aux candidats 12 priorités des entreprises
Issue d’une enquête menée auprès de 451 dirigeants, cette feuille de route économique a été remise ce vendredi aux candidats dans les communes de la CARENE et de Cap Atlantique.
À l’approche des élections municipales, la CCI Nantes Saint-Nazaire a présenté ce vendredi 30 janvier, à la Maison de l’Entreprise de Saint-Nazaire, douze priorités jugées décisives par les chefs d'entreprises de Saint-Nazaire Agglomération et de Cap Atlantique. Tous les candidats des deux intercommunalités étaient invités à cette présentation. Les propositions ont également été transmises aux candidats des 207 communes du Département.
Une consultation de terrain
Les résultats de l'enquête se fondent sur les retours de 451 chefs d’entreprise, consultés sur les leviers jugés prioritaires pour soutenir le développement économique et la création d’emplois. Dans une salle au ton studieux, les candidats (sortants comme nouveaux entrants) ont écouté Yann Trichet, président de la CCI Nantes Saint-Nazaire, et Laurence Vernay, vice-présidente en charge de la commission formation-emploi-compétences, exposer les grands enseignements, et le contexte particulier du bassin, qui doit se préparer à une arrivée massive de travailleurs dans les 5 prochaines années. Les douze priorités, expliquent-ils, émergent de thématiques récurrentes : attractivité, mobilité, foncier économique, transition environnementale et sociétale, fiscalité locale. Pour chacune d'elles, les chefs d'entreprises demandent aux candidats aux Municipales de prendre conscience du rôle qu'ils ont à jouer, tant au niveau local, qu'en tant qu'influenceurs auprès de l'Etat, et de dépasser les frontières de leur commune pour jouer la carte du collectif. De l'accueil des sous-traitants au logement, « Saint-Nazaire n'est pas la solution exclusive » insiste la CCI.
Attractivité, mobilité, foncier
Sur l’attractivité, les entreprises interrogées regrettent des liens jugés encore trop distendus avec les élus et souhaitent être associées plus régulièrement aux décisions publiques. Elles pointent aussi une faible présence de dirigeants sur les listes, alors même que les arbitrages municipaux et intercommunaux impactent directement les conditions d’exercice (stationnement, accessibilité, réglementation, fiscalité). Yann Trichet souligne par ailleurs que les frontières administratives (entre la CARENE et Cap Atlantique) font peu sens « dans la vraie vie économique », où la continuité territoriale du Croisic à Savenay est vécue comme une évidence. Cette logique se retrouve dans la mobilité. La CCI insiste sur la nécessité de coordination entre les 2 intercommunalités, sur une meilleure desserte des zones d’activités, et sur des réponses aux difficultés récurrentes de circulation. La mobilité est aussi vue comme un enjeu d’accès à la formation et à l’emploi. « Il faut aller chercher les publics qui ont le plus de difficultés à se déplacer » rappelle Laurence Vernay. Sur le foncier, le message est de mieux anticiper les besoins des TPE-PME et adapter les règlements d’urbanisme pour permettre l’implantation d’activités aux bons endroits. Yann Trichet cite le PLU comme levier concret, regrettant que l’implantation de petites activités productives ou artisanales “au-dessus” ou “au cœur” des centralités soit aujourd’hui rarement pensée.
Une feuille de route en 12 points
La CCI a également insisté sur la fiscalité locale, « Les entreprises ne peuvent pas payer toujours plus et plus cher » martèlent Yann Trichet et Laurence Vernay, en rappelant la hausse des défaillances d’entreprises de plus de 30% en 2025. Dans le même esprit “pro-business local”, la transition environnementale et sociétale est abordée via la commande publique. Les entreprises attendent des collectivités qu’elles structurent mieux les appels d’offres pour valoriser les circuits courts et l’économie locale, par exemple en introduisant des exigences de visite ou de proximité qui rendent la réponse plus réaliste pour les acteurs du territoire. Mais le fil rouge, répété à plusieurs reprises, reste la coopération. Face aux grands chantiers et à l’arrivée de nouveaux travailleurs, la CCI plaide pour un « réflexe territorial » et une coordination intercommunale plutôt qu’une réponse commune par commune. A la sortie de la Maison de l'Entreprise ce vendredi, les candidats ont tous reçu un exemplaire des 12 propositions des chefs d'entreprises : le maintien d’activités productives et artisanales dans les centres-villes et bourgs, la maîtrise des dépenses publiques et la baisse de la fiscalité locale sur les entreprises, la mobilité des professionnels et la fluidité des cœurs de ville, l’accès à des services de proximité et à des logements abordables, l’amélioration des axes structurants, la sécurisation et la propreté des zones d’activités, le soutien à l’économie circulaire via la commande publique, l’association régulière des représentants économiques aux politiques publiques, le développement de formations locales adaptées, la mutualisation de services en zones d’activités, un plan stratégique pour l’accueil d’industries, et l’accompagnement de projets “vertueux” (sobriété foncière, eau, énergie, déchets).

