Saint-Nazaire : le restaurant À l’Abri de la Tempête poursuit son histoire avec Mélanie et Olivier
Anciens clients du restaurant de la rue Henri-Gautier, Mélanie et Olivier ont repris les clés de cette institution le 9 septembre dernier, et vivent depuis « une reconversion heureuse » qui leur a fait retrouver l’essentiel.
Depuis des années, À l'Abri de la Tempête est un point de rendez-vous pour les salariés, les habitués, les copains, les retraités du quartier, et tous ceux qui savent qu’ici, on peut pousser la porte le matin, s’installer à table le midi et se sentir si bien qu'on ne se décide à repartir que tard dans l'après-midi. Il y a encore peu, Cathy était aux commandes. Aujourd'hui, derrière le comptoir et en cuisine, ce sont Mélanie et Olivier qui accueillent les clients. La reprise de ce restaurant emblématique de Saint-Nazaire, avec sa forte personnalité et toute son histoire, s'est faite toute en douceur, les 2 nouveaux propriétaires conservant ce qui fait le succès de l'adresse depuis toujours, tout en y apportant peu à peu leur propre cuisine.
Ça commence par une histoire de frites
Dans une autre vie, Mélanie et Olivier étaient tous deux cadres dirigeants. Ils se sont rencontrés dans le cadre de leur vie professionnelle. « Nous sommes heureux ensemble depuis trois ans », raconte Mélanie. Originaire des Ardennes, elle est arrivée à Saint-Nazaire il y a une dizaine d'années. « Je cherchais à manger de la bonne frite, c'est comme ça que j'ai connu l'Abri de la Tempête ! » dit-elle dans un grand sourire. Elle y revient, prend ses habitudes et finit par y emmener Olivier. Tous les deux ont le même rêve de reprendre un restaurant, « et on se disait à chaque fois : c'est un endroit comme celui-ci qu'il nous faut » poursuit-elle. Quelques mois plus tard, Cathy leur annonce qu'elle souhaite vendre, « les planètes se sont alignées et on s'est lancés ». Étrange signe ou coïncidence, Karen qui accueille aujourd'hui encore les clients en salle, est elle aussi originaire des Ardennes.
Garder l'âme de l'Abri
Reprendre une adresse aussi connue n'est jamais une mince affaire. Surtout lorsque les habitués ont leurs habitudes, et leurs plats préférés. « Ce qui me plaît ici, c'est que c'est un lieu poignant, chaleureux, comme à la maison. Nous avions justement envie de revenir à l'humain, à l'essentiel », explique Mélanie. L'essentiel, Olivier le connaît depuis longtemps. Il a déjà travaillé dans le service et la cuisine au gré de saisons, mais sa véritable école a commencé lorsqu'enfant, il passait ses mercredis après-midi à cuisiner avec sa grand-mère. « Les recettes de grand-mère », comme il les appelle aujourd'hui, vont donc naturellement trouver leur place sur la nouvelle carte. Mais entre les souvenirs d'enfance et le passage derrière les fourneaux d'un restaurant, il fallait franchir quelques étapes. Olivier a notamment suivi des cours à l'Atelier des Chefs à Paris, et toutes les formations nécessaires en hygiène. Pour que la transition se fasse en douceur, Cathy a également accompagné les nouveaux propriétaires. Olivier est venu progressivement en cuisine, avant de prendre les casseroles en main. « Nous disons un grand merci à Cathy qui nous a aussi transmis quelques recettes », glissent-ils.
Foie de veau, frites maison et recettes mijotées
Alors, qu'est-ce qui change dans les assiettes ? Pas question de faire disparaître ce qui a fait la réputation du restaurant. Les habitués retrouveront ainsi le foie de veau, la pièce du boucher, les andouillettes, les saucisses, le jambon grillé et, bien sûr, les frites. La carte reste volontairement simple, généreuse et accessible, avec un plat du jour qui change quotidiennement. Mais Olivier apporte désormais ses propres recettes, des plats mijotés, ceux qui viennent de ses souvenirs et de sa cuisine familiale. Lors du premier coup de feu en cuisine, le 9 septembre dernier, il avait justement choisi de mettre un bœuf bourguignon au menu. Depuis la reprise, les premiers cafés peuvent être servis dès 6h30. Le déjeuner s'étend de 11h30 à 16h30, du lundi au vendredi. Et à 18h, le rideau se baisse. En salle, les habitués retrouvent Karen. Pour ce premier mois d'ouverture, Mélanie a même fait appel à une amie venue tout droit des Ardennes. Dédette a parcouru 700 kilomètres pour venir travailler en salle et donner un coup de main au démarrage. « C'est une reconversion heureuse », disent finalement Mélanie et Olivier en chœur, et une adresse qui quoi qu'il arrive, traverse toujours les tempêtes.
À l'Abri de la tempête • 91, rue Henri Gautier à Saint-Nazaire • Téléphone 02 40 42 11 46.