Saint-Nazaire : les splendeurs du fil, et la poésie de la photo, réunies dans une exposition
Les 3 artistes Marjeane, Catherine Bellorge et Sylvie Errard Douillard exposent leurs oeuvres tous les week-ends jusqu'au 24 novembre au Fort de Villès-Martin.
Coup de coeur pour cette nouvelle exposition proposée par le groupe Fort de la Maison de Quartier de Kerlédé. Le vernissage vendredi dernier a braqué les projecteurs sur 3 artistes talentueuses, et sur leurs oeuvres fruit d'un intense travail intérieur. Des oeuvres qui se complètent et se répondent, livrées à l'interprétation toujours nouvelle du public.
Les intuitives tissent le fil
Marjeane fait partie avec Sylvie Errard Douillard du collectif Les Intuitives. Un collectif fondé à Marciac qui travaille et sublime l'art textile dans des oeuvres surprenantes. Installée à Pau, Marjeane récupère les fils inutilisés de l'atelier de tissage Act3, destinés à la haute couture. « Autrefois, ces fils étaient brûlés, les maisons de haute couture ont aujourd'hui l'obligation de les donner pour les recycler » explique-t-elle. De cette matière mouvante, chamarrée et texturée, Elle en tisse des lianes montantes ou descendantes, dans des représentations tout en verticalité. Auparavant éditrice, elle écrit également un texte inspiré de ses oeuvres. « Elles sont partie intégrante d'un ensemble et “font forêt”» poursuit-elle. Nuage uppercut, Laisser filer, Secret en boule… Autant de noms mystérieux pour ces objets flottants qui invitent à la rêverie et l'imaginaire.
Sylvie Errard Douillard, exploratrice de l'invisible
Dans la même pièce, les robes en fil de laiton, et les drapés cousus de Sylvie Errard Douillard, répondent harmonieusement aux lianes oscillantes. L'harmonie est justement le lien conducteur de l'exposition, « sur le chemin du fil intérieur qui mène vers la paix » explique l'artiste nantaise. Son travail de création en phase avec sa pratique de la méditation devient prétexte au lâcher prise. Les constellations naissent sur ses délicates robes en dentelle, ou au verso des draps tissés de corps, visages et étoiles. Des oeuvres autour desquelles on ne peut s'empêcher de tournoyer, pour en découvrir toutes les facettes cachées.
Catherine Belloche saisit les fêlures des femmes
La transmission a toujours été la passion de Catherine Belloche, ancienne professeur d'anglais au Lycée Aristide Briand, et photographe autodidacte depuis 2017. « Mon déclic pour la photographie a été déclenché par ma passion pour l'architecture » insiste-t-elle. Catherine Belloche travaille sur des séries, architectures d'escalier en noir et blanc, reflets capturés dans les vitres des gares, ou sujets féminins floutés. « J'aime saisir ces fêlures et fragilités de femmes, toujours avec un penchant pour le rêve et le mystère ».
Fort de Villès-Martin • 5, rue Ferdinand Buisson à Saint-Nazaire. L'exposition est visible tous les week-ends jusqu'au 24 novembre, en présence des artistes, les samedis et dimanches de 14 à 18h.