Saint-Nazaire : un nouveau rassemblement devant le tribunal ce lundi pour Lyhanna
L'association « Victimes mais pas Démunies » appelle à une mobilisation pacifiste ce lundi 15 juin à 19h devant le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire pour réclamer davantage de moyens pour la prise en charge des victimes de violences sexuelles.
L'affaire Lyhanna continue de susciter une vague d'émotion et de mobilisation à travers le pays. L'affaire a déclenché une véritable crise politique et judiciaire, avec des centaines de rassemblements organisés à travers le pays dès lundi dernier. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a ordonné le réexamen de 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, une mesure jugée « infaisable » par les principaux syndicats de magistrats faute d'effectifs et de moyens suffisants. À Saint-Nazaire, une première mobilisation s'est déroulée lundi dernier. Une deuxième est organisé ce soir.
« Une aide aux victimes intégrative »
C'est l'association « Victimes mais pas Démunies » qui porte l'appel à se rassembler ce lundi 15 juin à 19h devant le tribunal de Saint-Nazaire. Le collectif, qui se définit comme « pacifiste et humaniste », réclame une aide aux victimes qu'il qualifie d'« intégrative », agissant dans toutes les sphères de la société : éducation, justice, sécurité, santé. Au-delà des moyens judiciaires, l'association demande également une « évolution sociétale » dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles, en particulier les mineurs. À l'échelle nationale, plusieurs collectifs de protection de l'enfance se sont également fait entendre ces dernières semaines pour réclamer un renforcement des moyens humains et financiers de la justice, un meilleur suivi des signalements et la création de juridictions spécialisées dans les violences faites aux mineurs.
Le maire Samzun inscrit les violences sexuelles sur mineurs à l'ordre du jour du CLSPD
Présent lors du premier rassemblement la semaine dernière, le maire de Saint-Nazaire David Samzun s'est lui-aussi emparé du sujet et a annoncé sa décision d'inscrire les violences sexuelles sur mineurs, « et singulièrement celles liées à l'exploitation sexuelle », à l'ordre du jour du prochain Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), qu'il préside. Le maire a insisté sur la nécessité pour les institutions d'« avoir le courage d'échanger entre elles » et de partager « en transparence » les situations observées, avant de déployer des solutions « au plus près des enfants ». David Samzun a par ailleurs tenu à préciser que sa présence au rassemblement ne constituait « ni une contestation de la justice » ni « une remise en cause de l'indépendance de l'autorité judiciaire ». Il a rappelé qu'« en matière de justice, l'émotion est mauvaise conseillère », tout en appelant à une « vigilance collective » et à un renforcement des moyens de la police, de la gendarmerie et de la justice pour « garantir que les auteurs de violences soient poursuivis et sanctionnés conformément à la loi ».