Saint-Nazaire : une BU flambant neuve au cœur de la vie étudiante du campus d’Heinlex
Rencontre avec la responsable de la BU qui ouvre aujourd'hui un nouveau chapitre sur le campus d'Heinlex.
Il est à peine neuf heures, et déjà, la nouvelle bibliothèque universitaire de Saint-Nazaire bruisse doucement d’activité. Par les grandes baies vitrées, la lumière du matin inonde l’espace. À l’extérieur, les terrains de sport s’éveillent, tandis qu'à l’intérieur, les étudiants se sont installés, concentrés, sur les tables filantes ou lovés dans des fauteuils. Les piliers de béton brut s’accordent au bois clair, les teintes sont douces, l’atmosphère est paisible. C’est ici, au cœur du nouveau campus d’Heinlex, que nous rencontrons Patricia Rolet, responsable de la BU. Son sourire tranquille contraste avec le souvenir qu’elle garde du bâtiment de Gavy, où sa carrière a débuté en 1997. « La BU de Gavy, c’était au deuxième étage du vieux bâtiment Technip. Pour venir, il fallait le vouloir ! » plaisante-t-elle. Près de trente ans plus tard, la voilà avec son équipe dans un lieu lumineux et témoin, comme elle, de toutes les mutations du monde universitaire.
Les 2 bibliothèques n'en font plus qu'une
La création du campus d’Heinlex a été l’occasion de regrouper la BU de Gavy et la bibliothèque de l’IUT, autrefois séparées, dans un même espace moderne. Cette fusion a transformé l’organisation et la vie du lieu. Aujourd’hui, l’équipe est composée de trois personnes. Patricia Rolet, bibliothécaire et responsable du service, Aline Gureghian, magasinière des bibliothèques et Erwan Guyovic, personnel administratif. Ensemble, ils ont contribué activement à la conception des nouveaux aménagements, en lien étroit avec l’architecte. « Le premier projet nous avait un peu oubliés » se souvient Patricia en ajoutant « Heureusement, un professeur a demandé : “Et la BU, elle est où ?” et tout a été repensé ! ». La BU a donc trouvé sa place au rez-de-chaussée du bâtiment 22. Une BU moderne de 430 m² (contre 734 m² auparavant) mais mieux pensée, mieux équipée, plus adaptée aux usages d’aujourd’hui. Elle offre désormais 98 places assises, des espaces variés et chaleureux, où chaque étudiant peut trouver sa place. « Être au rez-de-chaussée, visible et accueillante, c'est ce que nous voulions et ça change tout » insiste Patricia.
Nouvelles façons d’apprendre, nouveaux espaces
Les étudiants ne travaillent plus comme avant, et Patricia l’a bien compris. « Aujourd’hui, on leur demande de travailler en mode projet, en petits groupes. Ils ont besoin de se retrouver, d’échanger, de partager » constate-t-elle. Pour répondre à ces nouveaux besoins, la BU s’est dotée de prises électriques tous les deux sièges, du wi-fi haut débit, et surtout de deux boxs vitrés de six places qui font fureur. Ces mini-salles, insonorisées et dotées de tableaux blancs, sont réservables via une appli. Le jour de notre visite, des étudiants y griffonnent des schémas, échangent à voix basse. « Ces boxs sont sans cesse réservés » confie Patricia. Face aux grandes baies vitrées, une trentaine de places accueillent d'autres étudiants studieux. D’autres coins, plus cosy, invitent à la détente. Des alcôves avec canapés où certains viennent se reposer, voire parfois faire une sieste. « Je voulais que la BU soit un cocon. On y vient pour travailler, mais aussi pour se sentir bien » dit Patricia. Photocopieur, relieuse, spirales gratuites pour les projets… rien n’a été laissé au hasard pour faciliter la vie des étudiants.
La BU, lieu de travail et de vie
Depuis son ouverture, la BU d’Heinlex ne désemplit pas. Ses horaires ont été élargis à 53 heures d’ouverture par semaine, contre 44 auparavant. « Avant, quand les cours finissaient à 17h45 et que la BU fermait une demi-heure plus tard, les étudiants n’avaient pas le temps de s’y poser. Maintenant, il faut presque les pousser dehors à 19h ! » sourit Patricia. Ce succès dépasse aussi les frontières universitaires ! La BU est ouverte à tous dès 16 ans, pour 34 euros par an (ou 17 euros pour six mois). On y croise des lycéens, des personnes en télétravail, des candidats à des concours, et parfois même des avocats venus consulter les bases juridiques. « C’est une alternative conviviale et abordable aux espaces de coworking » souligne-t-elle. Patricia, qui préfère désormais le terme de médiatrice à celui de bibliothécaire, observe cette diversité. « Une BU, ce n’est plus seulement une salle d’étude avec des étagères remplies de livres. C’est un lieu de vie, de rencontre et de formation ». Patricia Rolet a vu son métier évoluer, elle organise des ateliers pour apprendre aux étudiants « où chercher, comment chercher et comment ne pas perdre de temps ». La salle de formation de 18 places qu'elle a demandée, équipée d’un vidéoprojecteur, est un outil essentiel pour ces séances, souvent demandées par les enseignants, véritables prescripteurs de contenu. « Ils nous sollicitent pour des formations aux bases de données scientifiques, aux ressources numériques ou à des outils » explique Patricia. Avec ses collègues des BU nantaises, elle accompagne également les étudiants dans la maîtrise de l’IA et des outils numériques, afin de vérifier la fiabilité de l’information. « Le rôle de la BU aujourd’hui dépasse largement l’accueil. Il s’agit de former, de guider et de créer des habitudes de travail » insiste la responsable.
D’internet à l’intelligence artificielle, la mutation d’un métier
Lorsque Patricia Rolet a débuté à Gavy en 1997, il n'y avait pas un ordinateur à l’horizon. « Tout le catalogue Nautilus tenait dans des meubles à fiches, classées par auteur et par sujet » se souvient-elle. Un an plus tard, elle obtient le premier ordinateur et commence à former les étudiants à utiliser une souris, ou à envoyer un e-mail. « Google n’existait pas encore ! » dit-elle en riant. Depuis, le numérique a bouleversé les pratiques. Les BU travaillent désormais en réseau — 10 BU et 14 bibliothèques associées — et partagent leurs ressources à travers le catalogue commun Nantilus. Les livres ont cédé du terrain aux ebooks et aux bases de données, dont certaines atteignent des abonnements à 100 000 euros par an dans les domaines scientifiques et techniques. « Ce sont des dépenses énormes, mais indispensables. Les chercheurs publient dedans, on ne peut pas s’en passer ». Les tendances ont fortement évolué. Il y a 10 ans, près de 10 000 prêts annuels étaient enregistrés, aujourd’hui, ils ne sont plus que 3 000, principalement pour des romans, mangas et BD, car les étudiants en sciences privilégient désormais les ressources numériques. Patricia les forme désormais à ces outils, les guide dans leurs recherches, leur apprend à vérifier les sources, y compris celles générées par l’IA. « L’intelligence artificielle, c’est un peu comme Internet à son arrivée. Un gain de temps, à condition de savoir s’en servir. » constate-t-elle.
“ Rendez-vous à la BU !”
En à peine un mois, la BU du campus d’Heinlex a enregistré plus de 5 000 passages, soit quatre fois plus qu’à Gavy. Son emplacement en plein cœur du campus, face à l’IFSI et à l’espace BDE du bâtiment 22 y est pour beaucoup. « Le rez-de-chaussée change tout. Les étudiants passent, voient la lumière et entrent. ». Cette nouvelle dynamique a aussi transformé l’équipe. Avec Aline et Erwan, Patricia forme désormais un trio soudé. « Avant, on était chacun dans sa routine. Maintenant chaque jour est différent, cela a dynamisé l'équipe » temoigne Aline. Bientôt, les quatre ordinateurs fixes seront remplacés par dix-huit portables, libérant de la place dans un espace déjà très fréquenté à l’heure du déjeuner. Patricia rêve également d’installer une cabine acoustique pour les visios et les entretiens de stage, et d’agrandir encore l’espace de coworking. « Les étudiants ont besoin d’être ensemble. Ce lieu, c’est plus qu’une bibliothèque, c’est le cœur du campus. » Et avec un éclat malicieux dans les yeux, elle conclut, « Combien de fois ai-je entendu “Rendez-vous à la BU” ? Je ne compte plus ! »
BU du Campus d'Heinlex • Rue Pierre Marie Juret, Bâtiment 22, à Saint-Nazaire • 02 49 14 22 50.

