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Publié par Soizick David, le 29 Janvier 2026 à 18:11

Urgences de Saint-Nazaire : « le problème vient surtout du manque de lits d’hospitalisation »

Un accord a permis d’obtenir 16,5 équivalents temps plein et d’éviter la grève prévue ce jeudi 29 janvier, mais Force Ouvrière estime que la situation reste fragile.

Urgences de Saint-Nazaire : « le problème vient surtout du manque de lits d’hospitalisation »
De g. à d. Fabien Paris, Yann Cajelot, et Gaël Leturque du syndicat Force Ouvrière © SaintNazaireNews.fr

Ce jeudi 29 janvier, en marge de l’assemblée générale du syndicat Force Ouvrière (FO), trois membres du bureau, Yann Cajelot (infirmier à l'hôpital), Fabien Paris (infirmier à l'hôpital) et Gaël Leturque (secrétaire FO Hôpital), ont dressé un état des lieux des Urgences et, plus largement, des tensions qui traversent l’établissement. Majoritaire au sein du Centre Hospitalier de Saint-Nazaire et deuxième organisation sur le champ santé en Loire-Atlantique, FO garde un discours prudent sur l'aboutissement des discussions, « c'est une avancée mais pas un succès ».

Un accord à 16,5 ETP

Mercredi 28 janvier, FO a annoncé la levée du préavis de grève qui devait démarrer ce jeudi 29 janvier à 8h, après un accord actant l’obtention de 16,5 équivalents temps plein (ETP) pour les Urgences. Dans un communiqué, la Direction a confirmé que cet accord portait notamment sur des créations à l'accueil et sur le circuit court, sur la zone d'attente avant hospitalisation, et au niveau de l'encadrement. Pour le syndicat, l’enjeu est désormais le passage à l’acte, c'est à dire le lancement rapide des recrutements, tout en rappelant qu’un ETP ne correspond pas mécaniquement à une personne embauchée, « par exemple, un infirmier travaillant de 7h à 19h équivaut à 2,8 ETP ». FO souligne aussi que ses revendications initiales portaient plus haut, autour de 27 temps plein demandés pour un service d’environ 150 agents, et insiste sur la charge « physique et mentale » grandissante pour les équipes, décrite comme ancienne mais aggravée. Le syndicat tient également à rappeler que le coeur du problème, ce ne sont pas les Urgences, mais le manque de lits d'hospitalisation derrière.

« Ce ne sont pas les urgences qui sont dysfonctionnelles  »

Pour FO, la prise en charge fonctionne aux Urgences, mais le blocage survient après, faute de lits d’hospitalisation disponibles et faute de place. Résultat, des patients restent aux urgences “par défaut”, ce qui engorge le service et place les soignants dans une situation qu’ils jugent intenable, d'autant plus qu'ils n'y sont pas formés. Il leur faut gérer sur la durée des patients qui relèvent d’unités d’hospitalisation, dans des locaux pensés pour l’urgence. FO se dit pessimiste pour les années qui viennent, évoquant notamment la pression démographique attendue avec les grands chantiers industriels (et l’arrivée de nouvelles populations), ainsi que la réorganisation annoncée autour des établissements de Mindin, dont l’impact pourrait rejaillir immédiatement sur le Centre hospitalier nazairien. « L'Hôpital de Saint-Nazaire est le seul dans cette situation en France, en raison du bail emphytéotique auquel il est lié, et ne peut pas créer de nouveaux lits. Qui plus est, l'aide versée par l'ARS pour le paiement du loyer s'arrêtera en 2031 » ajoute Gaël Leturque. Soit 12 ans avant la fin du bail.

Des problèmes grandissants de recrutement

Sur la régulation nocturne (20h–8h) mise en place en Loire-Atlantique, FO la qualifie de « mesure cosmétique ». elle réduirait une partie des arrivées spontanées, sans résoudre le nœud principal des lits disponibles après le passage aux urgences. FO ajoute d’autres facteurs aggravants : la difficulté d’accès à un médecin en ville et la précarisation d’une partie de la population, qui n'a plus les moyens de recourir à SOS Médecins. Enfin, le syndicat pointe deux dossiers lourds. D’un côté, la formation et l’attractivité du métier. Le conseil régional a annoncé la suppression de 380 places dans les écoles d’infirmières des Pays de la Loire pour la rentrée 2026. A Saint-Nazaire, le nombre de places passera de 90 à 55 en première année, « et sur ceux-là, 45% seulement sortiront diplômés, la filière connaissant beaucoup d'abandons en cours d'études » insiste Gaël Leturque. Et une fois formés, les agents restent en poste 3 ou 4 ans en moyenne, avant d'abandonner à cause des conditions de travail, qu'ils trouvent meilleures par exemple dans le secteur industriel. « Le budget de la sécu voté par le gouvernement va nous mettre encore plus à mal. Les politiques qui ont voté devront prendre leurs responsabilités. Les élus devront prendre conscience du mal qu'ils sont en train de faire » conclut-il.

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