Grève de la collecte : Le Relais veut mettre la fast fashion devant ses responsabilités
À Saint-Nazaire et partout en France, le ramassage des conteneurs de textiles usagés est à l'arrêt, et une pétition en ligne est lancée par la SCOP Le Relais qui croule sous les vêtements sans avoir les ressources suffisantes pour les trier.
À un bout de la chaîne, il y a les grandes marques de la fast fashion qui mettent toujours plus de tonnes de textiles sur le marché. Près de 3,5 milliards d'articles textiles ont ainsi été vendus en France en 2025. Une augmentation de près de 3% par rapport à l'année précédente. À l'autre bout de la chaîne, il y a des SCOP telles que Le Relais qui valorisent tout ce dont les consommateurs lassés ne veulent plus et déposent dans les conteneurs partout en France. Mais ils n'ont plus les ressources suffisantes pour mener à bien leur mission. Après le lancement d'une grève de la collecte, une pétition a été lancée en ligne.
« Exigeons que les marques payent »
« Pour sauver la collecte textile solidaire : exigeons que les marques payent ! » demande Le Relais France, qui collecte chaque année plus de 130 000 tonnes de textiles usagés, dans 30 centres d’insertion, avec 3 000 salariés. « Mais aujourd’hui, la filière de collecte, tri et valorisation est en péril. L’ éco-organisme de la filière textile censé financer le recyclage textile (Refashion) ne couvre pas les coûts réels du tri. Les marques comme Kiabi, Décathlon ou Okaïdi… metteurs en marché, profitent du système sans assumer leurs responsabilités ». Le coût réel du tri est de 304 euros par tonne, mais Refashion ne verse que 156 euros. Au sein du conseil d'administration de Refashion, on retrouve ces grandes marques. Elles ont aujourd'hui les cartes en main pour faire évoluer cette situation qui menace la collecte textile solidaire.
La surproduction asphyxie Le Relais
« Les marques de la fast fashion produisent des vêtements de plus en plus bas de gamme, en très grandes quantités, à bas prix. Cette surproduction génère une explosion de déchets textiles, souvent non réutilisables, que les metteurs en marché refusent de prendre en charge. Ils externalisent ainsi les coûts sociaux et environnementaux de leur modèle économique aux acteurs de terrain. Résultat : la collecte s’effondre, les vêtements s'accumulent sans exutoire, et des emplois solidaires sont menacés » dénonce encore Le Relais. La Scop demande aujourd'hui à Refashion de garantir le financement du tri, d'interdire les comptes de l’éco-organisme Refashion excédentaires « pendant que les acteurs de terrain s’écroulent », et « d'imposer une responsabilité réelle aux metteurs sur le marché ».