Saint-Nazaire : deux habitantes mobilisées pour sauver les moineaux du Petit Maroc
Alicia Fourcade et Sylvie Macé ont fait interrompre un chantier sous la halle du Petit Maroc afin de préserver une cinquantaine de nids de moineaux.
Sous la grande halle couverte de l’île du Petit Maroc, les pépiements des moineaux font presque partie du décor. Depuis plusieurs années, ils ont trouvé refuge dans la charpente en bois, profitant des filets anti-pigeons installés sous la toiture pour y établir une véritable colonie et construire leurs nids. Un décor apprécié par Alicia Fourcade, coach de boxe à Saint-Nazaire, qui aime y organiser des sessions avec ses élèves. Mais ce mercredi 8 juillet, le spectacle qu'elle filme sous les halles fait le tour de la ville et des réseaux sociaux en quelques minutes. Une entreprise a commencé à retirer les filets, déposés au sol avec encore des nids enchevêtrés, et des moineaux perdus qui pépient au sol.
Une colonie installée depuis des années sous la halle
Mercred soir, Alicia retrouve sous la halle son jeune élève Aurèle pour un cours de boxe. Le garçon est accompagné de sa mère, Sylvie Macé. En arrivant sur place, tous trois découvrent la scène. « Les ouvriers avaient commencé à retirer environ un tiers des filets avant de repartir. On s’est tout de suite dit qu’il fallait arrêter les travaux. C'est encore la période de nidification », explique Sylvie Macé, membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Le lendemain matin, dès 6h30, elle retourne sur place pour attendre de pied ferme l’arrivée de l’entreprise chargée des travaux. « Les ouvriers ne faisaient qu’exécuter des ordres. Ils étaient bien embêtés et voulaient continuer. Nous avons mis quelques graines un peu plus loin pour éloigner les moineaux du chantier » explique-t-elle.
Une chaîne d’appels jusqu’à la mairie
Convaincues qu’il faut agir immédiatement, les 2 Nazairiennes multiplient les appels et contactent les services de la Ville afin d’obtenir le responsable du chantier. En parallèle, Sylvie Macé échange avec la Ligue pour la protection des oiseaux. Dans l’attente d’une décision, les ouvriers acceptent d’interrompre temporairement l'intervention, alors qu'un représentant de la mairie se rend sur les lieux pour examiner la situation. une opération qui n’a aucun lien avec l’installation des scènes des Escales, la municipalité expliquant que la dépose des filets a été actée de façon antérieure, en raison de l'état de dégradation avancé, et du risque de chute. Une décision est rapidement prise. « L'entreprise mandatée par la Ville a arrêté la dépose totale pour trouver une solution. Il a donc été décidé de purger uniquement les parties les plus dangereuses, présentant un danger de chute immédiat. Les services de la Ville se sont engagés à se rapprocher de la LPO après le passage des Escales afin d'étudier ensemble une solution qui permette la cohabitation des oiseaux et la sécurité du public » indique la Municipalité. Ces nouvelles n'ont pas rassuré complètement les lanceuses d'alerte. « Nous sommes en contact avec la LPO et l'OFB, un dossier est en cours, un signalement a été fait à la LPO de Nantes, une enquête est en cours pour trouver les responsables » indique Sylvie Macé. Celle-ci indique que des oiseaux ont été retrouvés morts, et rappelle que l'espèce est protégée depuis 2009. L'association Les Alcidés s'est de son côté déplacée pour apporter quelques abreuvoirs sous la Halle.