Saint-Nazaire : plomb et arsenic dans les sols, un dépistage gratuit proposé à Méan-Penhoët
À partir du 19 octobre 2026, les habitants de Méan-Penhoët pourront se faire dépister gratuitement, suite à la découverte de concentrations élevées de ces métaux dans plusieurs terrains du quartier.
Faut-il s’inquiéter de la qualité des sols à Méan-Penhoët ? Depuis plusieurs années, des études sont menées dans le bassin industriel de la CARENE pour mieux connaître les expositions environnementales des habitants. Les dernières analyses, réalisées entre mai et juillet 2026, ont confirmé la présence de concentrations élevées en plomb et en arsenic dans certaines parcelles privées du quartier nazairien. Pour savoir si ces métaux ont effectivement pénétré dans l’organisme des habitants, l’Agence régionale de santé (ARS), la préfecture de Loire-Atlantique, la CARENE, la Ville de Saint-Nazaire et l’Assurance Maladie lancent une campagne de dépistage gratuite et volontaire.
58 % des terrains privés analysés dépassent les seuils pour le plomb
À Méan-Penhoët, 58 % des parcelles privées analysées dépassent les seuils de gestion sanitaire pour le plomb, et 24 % pour l’arsenic. Les concentrations relevées sont plus importantes dans la partie sud du quartier. Ces résultats proviennent de deux campagnes complémentaires de mesures menées entre mai et juillet 2026. La première, pilotée par l’Université de Nantes avec le soutien financier de l’ARS et de la DREAL, a porté sur cinq communes du bassin industriel de la CARENE (Saint-Nazaire, Donges, Trignac, Montoir-de-Bretagne et Pornichet). La seconde s’est concentrée sur Méan-Penhoët et le secteur de Gron, à Montoir-de-Bretagne. Au total, les chercheurs et les spécialistes ont étudié les sols de 200 espaces publics et de 115 terrains privés. Sept métaux ont été recherchés : le plomb, l’arsenic, le cuivre, le zinc, le nickel, le chrome et le manganèse. L'ARS pense que l'origine de la pollution serait très probablement historique, avec une hypothèse privilégiée, celle de la présence de remblais constitués de matériaux douteux. Les analyses montrent par ailleurs que les espaces publics présentent généralement des concentrations plus faibles que les terrains privés, probablement parce que les sols y ont davantage été remaniés et recouverts de terre nouvelle. Dans les autres communes étudiées, les dépassements sont beaucoup moins fréquents et moins importants.
Plomb et arsenic, quels risques pour la santé ?
La présence de métaux dans les sols ne signifie pas automatiquement que les habitants y ont été exposés. Cette campagne vient donc vérifier si ces substances sont effectivement présentes dans leur organisme et permettre, si nécessaire, de mettre en place un accompagnement médical. Le plomb peut notamment affecter le développement des jeunes enfants et du fœtus. L’exposition peut se produire par l’ingestion de terre ou de poussières contaminées, par exemple lorsqu’un enfant porte régulièrement ses mains à la bouche après avoir joué dehors. L’arsenic peut également avoir des effets sur la santé en cas d’exposition prolongée. Le dépistage doit permettre de mieux évaluer la situation individuelle des habitants, au-delà des seules mesures réalisées dans les sols. Les résultats seront transmis à la personne dépistée, à son médecin traitant et à l’ARS, dans le respect du secret médical. Si les analyses révèlent une exposition supérieure aux valeurs biologiques de référence, le médecin pourra proposer un suivi adapté. Un résultat élevé ne signifie pas qu’une maladie va nécessairement apparaître. Il permet surtout de repérer une éventuelle exposition et d’agir pour la limiter.
Qui peut se faire dépister et comment procéder ?
La campagne de dépistage se déroulera du lundi 19 octobre au samedi 28 novembre 2026. Elle s’adresse en priorité aux habitants de Méan-Penhoët, avec une attention particulière portée aux personnes les plus vulnérables. Deux catégories sont notamment concernées en priorité : les enfants âgés de 6 mois à 6 ans inclus, ainsi que les femmes enceintes et celles qui envisagent une grossesse dans les six prochains mois. Les enfants à partir de 7 ans et les adultes peuvent également bénéficier du dépistage lorsqu’ils portent fréquemment les mains à la bouche, jardinent régulièrement et sont en contact avec la terre, ou consomment principalement les légumes de leur propre potager. Les habitants concernés peuvent se rendre dans un laboratoire d’analyses médicales du secteur, avec ou sans rendez-vous. Il leur faudra apporter le courriel d’information envoyé par l’Assurance Maladie, un questionnaire à télécharger sur le site de l’ARS Pays de la Loire et à remplir au préalable, ainsi que leur carte Vitale. Le dépistage comprend deux examens : une prise de sang pour rechercher le plomb et une analyse d’urine pour mesurer la présence d’arsenic. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun ni de recueillir les urines du matin. En revanche, il est recommandé d’éviter les produits de la mer pendant les trois jours précédant le prélèvement d’urine, car ils peuvent fausser le résultat. Les analyses sont intégralement prises en charge par l’ARS et l’Assurance Maladie. Aucun frais n’est à avancer. Les personnes concernées qui n’auraient pas reçu de courriel de l’Assurance Maladie peuvent contacter l’ARS à l’adresse email ars-pdl-se@ars.sante.fr.
Les bons réflexes pour limiter l’exposition à la terre
En attendant, l'ARS recommande quelques gestes simples peuvent contribuer à réduire les contacts avec les sols et les poussières potentiellement contaminés. Après une séance de jardinage ou une activité en extérieur, mieux vaut se laver soigneusement les mains et garder les ongles courts. Les jouets utilisés dehors et les vêtements de jardinage doivent également être nettoyés régulièrement. Dans le jardin, il est conseillé de limiter les surfaces de terre laissées à nu, en maintenant une couverture végétale. Lorsqu’il faut travailler le sol, l’arroser au préalable permet de limiter la formation de poussières. À l’intérieur de la maison, retirer ses chaussures en entrant et nettoyer les sols avec des méthodes humides plutôt qu’à l’aspirateur sont également recommandés. Les habitants qui cultivent un potager doivent prendre quelques précautions supplémentaires. Il est notamment conseillé de bien laver les fruits et légumes, d’éplucher les légumes-racines et les tubercules, et de diversifier l’origine de son alimentation. Les légumes-fruits, comme les tomates, les courgettes, les poivrons ou les concombres, concentrent généralement moins de métaux que les légumes-feuilles, les racines et les herbes aromatiques. Si la pollution du sol est avérée, les autorités recommandent de limiter fortement, voire de suspendre, les cultures en pleine terre. Enfin, l’ARS précise que l’eau du robinet reste conforme et peut être utilisée en toute confiance pour boire et cuisiner. En revanche, la consommation de l’eau provenant d’un puits est déconseillée de manière générale. Sur les terrains dont la pollution est confirmée, mieux vaut également éviter de consommer les œufs et la viande des volailles ou des lapins élevés en plein air.