Saint-Nazaire : une patiente décède aux Urgences après un retard de prise en charge
La patiente s'était présentée aux urgences ce vendredi 9 janvier, alors que le plan blanc de l'établissement a été enclenché dans un contexte de forte activité hivernale.
Ce vendredi 9 janvier, une patiente s'est rendue aux Urgences du centre hospitalier de Saint-Nazaire pour être soignée, mais elle n'en est pas ressortie. Son décès « a été attribué par les médecins présents à un retard de prise de charge. Alors qu’un médecin avait pu faire une évaluation brève de son état de santé, la très forte affluence a empêché l’exécution des soins dans les délais habituellement convenus » a réagi Force Ouvrière dans un communiqué de presse ce lundi 12 janvier. Le syndicat annonce avoir déposé un Danger grave et imminent « afin de protéger la santé mentale et physique des personnels des urgences », et indique apporter tout son soutien aux proches de la patiente et aux personnels impactés par ce décès.
« Des mesures prises insuffisantes »
Tenu au secret professionnel et à la confidentialité des informations des patients, le Centre Hospitalier indique « avoir pour règle de ne pas commenter les situations individuelles », mais confirme avoir reçu du secrétaire du F3SCT « une information de danger grave et imminent au sein du service des urgences ». Dans quel contexte est survenu ce décès ? Le plan blanc a été déclenché à l'hôpital de Saint-Nazaire le 5 janvier dernier, mais depuis plusieurs semaines déjà, les délais sont fortement rallongés au service des Urgences en raison d'un afflux important de patients. Les plus âgés ou les plus fragiles subissent de plein fouet les conséquences de l'hiver, et certains ont besoin d'hospitalisations vitales. Dans ces conditions, une pression intense s'exerce sur les médecins et les équipes soignantes.« Ce constat est d’autant plus alarmant dans le contexte nazairien. L’ouverture de 20 lits supplémentaires en 2025, la création d’une unité hivernale de 10 lits dans les locaux de la Clinique Mutualiste de l’Estuaire fin décembre 2025, la création d’une zone d’hospitalisation de 8 lits dans une salle de réunion et le renfort en personnel des équipes soignantes des urgences de jour comme de nuit depuis quelques jours restent insuffisants pour garantir l’accueil et les soins dans des conditions optimales » alerte FO.
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Des pistes en réflexion pour faire face à la situation
La Direction du Centre Hospitalier, consciente des difficultés que rencontrent en première ligne l’équipe des urgences, a déjà entamé une réflexion sur le renforcement de l’équipe soignante d’orientation et d’accueil, « afin de soulager cette étape de la prise en charge, en affectant davantage de personnel sur les missions d’évaluation et de surveillance, dès l’entrée des urgences ». « Des renforts de ce type avaient déjà été affectés dès le milieu de la semaine dernière. L’intensité de la crise et sa durée nous amènent à envisager un renforcement permanent de ces postes de travail au moins sur la durée du Plan Blanc. Des pistes de relocalisation de l’une des unités temporaires de crise, en dehors des urgences, sont par ailleurs d’ores-et-déjà à l’étude » indique-t-elle.
Des fermetures de places en IFSI
Le bassin Nazairien n'est pas le seul dans cette situation critique. « Ces mesures locales, essentielles pour tenter de maintenir un accueil un tant soit peu sécurisant et digne des patients, sont prises dans un contexte national où encore 2000 lits d’hospitalisation ont été fermés en 2024 et près de 46000 depuis 2013 » rappelle le syndicat. Les annonces de fermeture de 350 à 400 places de formation dans les IFSI (Instituts de Formations en Soins Infirmiers) de la région Pays-de-la Loire pour la rentrée 2026 « faute de crédits de l’Etat et de la Région suffisants » ne vont certainement pas améliorer la situation. « La poursuite de cette politique nationale est mortifère pour la population. L’Objectif National de Dépenses de l’Assurance Maladie (ONDAM) pour 2026 est insuffisant, comme les années précédentes. Il demeure la négation de la réponse au besoin de soins réels. Son abrogation est une nécessité. Aussi, le syndicat Force Ouvrière des Hospitaliers de Saint-Nazaire demande le maintien des renforts actuels en personnels soignants aux urgences, la pérennisation de postes supplémentaires et la mise en œuvre immédiates de toutes les mesures de sécurisation des personnels » dénonce FO.

