Suppression de stationnements à Saint-Nazaire : un collectif défend sa rue
Les habitants de la rue Parmentier contestent une partie des nouveaux aménagements du projet Hélyce, et ont décidé de s'organiser pour faire entendre leur voix.
Un collectif d'habitants s'est regroupé au sein d'une nouvelle association appelée “Vivons nos rues”. Ils agissent en réaction aux récents aménagements de la ligne Hélyce dans la rue Parmentier, qui a conduit à la création d'une voie réservée aux bus, et d'une seconde réservée aux voitures, au lieu des 2 voies partagées. Le point de crispation ? Ce changement s'est accompagné de la suppression de 65% des stationnements sur l'espace public. Sur cette portion comptant 32 logements dont un petit collectif, il ne reste plus que 9 places, contre 26 auparavant. Estimant « avoir été mis devant le fait accompli sans réelle concertation », les riverains souhaitent présenter des propositions de réaménagement à la Ville. De son côté, la Municipalité affirme avoir informé et concerté les riverains, mais ferme la porte à toute modification globale. Elle dit néanmoins rester ouverte à l'accompagnement, et au dialogue, pour étudier des ajustements plus mineurs, dans chaque cas particulier.
« C'est devenu la course aux places »
Le collectif regroupe à ce jour une soixantaine d'habitants. « Nous ne sommes pas contre les vélos, contre les bus, contre la végétalisation et les arbres, mais le quartier n'est plus du tout adapté à notre usage » affirme Benoit Laval, à l'origine de “Vivons nos Rues”. « Quand on a acheté il y a 10 ans, ces places faisaient partie de l'environnement de la maison, comme un centre commercial ou une école. J'estime qu'aujourd'hui, on a tous subi une perte financière au niveau de notre bien immobilier » poursuit-il. Les riverains témoignent qu'une très bonne entente régnait jusqu'à présent. « Maintenant, c'est un petit peu la course aux places, avec les tensions que ça peut provoquer » ajoutent-ils. La Municipalité les a invités à utiliser le parking de l'église Notre-Dame-d'Espérance, ou encore les rues avoisinantes, « C'est trop loin, en particulier pour les habitants âgés. Le parking est souvent déjà plein, et cela déporte le problème dans les autres rues » répondent-ils. Les garages des maisons construites dans les années 60 ne sont pas exploitables, selon les habitants, car trop petits pour les voitures actuelles. Restent les entrées devant les garages. « Mais pour pouvoir manoeuvrer et se garer, il nous faut casser des murets, aménager des portails, aucune compensation n'a été proposée pour ces travaux à nos frais » renchérit Denis, qui dit avoir fait des devis « qui coûtent une petite fortune ».
« Il s'agit d'un projet d'intérêt général »
Contacté, Mathieu Failler, conseiller municipal en charge de la politique de la ville et des déplacements doux, répond au collectif. « Les habitants peuvent se garer sur la voie publique devant leur bateau, au niveau de leur entrée de garage, le temps d'un dépôt, c'est toléré. Cela équivaut à une place privative pour chaque habitation » compte-t-il. Il ajoute qu'au fil des demandes et des situations des riverains, la Ville a déjà réalisé des adaptations. Il ferme par contre la porte à des compensations financières. « Il s'agit d'un projet d'intérêt général. Et il n'est pas possible d'indemniser des habitants à chaque fois que des travaux sont réalisés sur l'espace public devant chez eux » ajoute-t-il. Des emplacements dédiés aux poubelles ont été créés. Le collectif les estime inutiles, empiétant encore sur un espace qui aurait pu être alloué à du parking. L'élu concède qu'un « temps de discussion serait utile avec les différents services pour les utiliser au mieux », mais rappelle qu'ils permettent d'assurer que les voies piétonnes et cyclables tout juste aménagées resteront dégagées de tout obstacle, « notre but étant de favoriser les mobilités douces » insiste-t-il.
« Tout était déjà décidé »
Le 26 janvier dernier, rue Parmentier, Benoit Laval a participé, avec une trentaine de riverains, à une rencontre avec Christophe Cotta, Adjoint à l'urbanisme, Mathieu Failler, et une médiatrice. Se disant insatisfait des réponses apportées, le collectif a adressé un courrier aux élus. « On nous a répondu en gros qu'avec le temps, on allait s'y habituer » soufflent les habitants. Ils pointent enfin du doigt « un manque de concertation, dès le début du projet ». De son côté, la Ville affirme avoir distribué des flyers et courriers, et procédé à un affichage au lancement de la concertation. « Vue l'ampleur du projet, une concertation individuelle est impossible. 2 médiateurs ont été recrutés, et des cafés chantiers auxquels certains habitants ont participé se sont tenus au marché » souligne Mathieu Failler. « Ces cafés étaient organisés en journée quand les actifs travaillent » répondent-ils.
« Le coeur du projet ne peut être modifié »
Le collectif affirme que les différentes demandes de réaménagement des habitants ont été refusées. « Nous avons reçu Monsieur Laval en mairie en novembre dernier. Nous lui avons indiqué la marche à suivre auprès des services de la mairie pour faire une demande de réaménagement. Nous avons même proposé de l'accompagner dans sa démarche. Il ne l'a pas fait et a préféré créer ce collectif » regrette Mathieu Failler. Les habitants de la rue Parmentier indiquent vouloir rouvrir le dialogue, en proposant leur propre solution : une voie partagée entre bus et voiture, pour redonner de la place au stationnement, qui aurait aussi pour effet de réduire la vitesse qu'il juge excessive. Pour Mathieu Failler, un accompagnement et trouver des solutions au cas par cas reste possible, « nous restons ouverts à la discussion » assure-t-il. L'alternative proposée par les habitants est cependant inenvisageable pour lui. « Nous ne pouvons pas toucher au coeur du projet Hélyce. La facilité de circulation et le cadencement, la rapidité offerte aux travailleurs pour rejoindre leur lieu de travail, ne peuvent être sacrifiés » conclut-il.

