2 navires MSC nés à Saint-Nazaire au cœur d’une première mondiale pour la décarbonation maritime
MSC Croisières devient la première compagnie de croisières à obtenir une reconnaissance officielle de ses émissions réelles de méthane dans le cadre du règlement européen FuelEU Maritime.
Ils ont quitté les cales des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire respectivement en 2022 et 2023, sous les yeux des ouvriers qui les avaient assemblés pendant des années. Le MSC World Europa et le MSC Euribia sont deux des fleurons de la flotte MSC Croisières. Deux paquebots de nouvelle génération propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), carburant présenté comme une étape clé dans la décarbonation du transport maritime. C'est précisément sur ces deux navires nazairiens que MSC Croisières vient d'accomplir une première mondiale, annoncée le 20 mai 2026 à Paris. En effet, la compagnie est la première du secteur des croisières à obtenir une vérification indépendante et une reconnaissance officielle par l'État du pavillon de ses émissions réelles de méthane, dans le cadre de la réglementation FuelEU Maritime.
Une mesure réelle qui bat en brèche les hypothèses réglementaires
Le cœur de cette avancée tient en un concept technique, le « methane slip », ou fuite de méthane (la quantité de gaz naturel qui s'échappe non brûlé des moteurs lors de la combustion, et qui constitue un puissant gaz à effet de serre). Jusqu'ici, la réglementation FuelEU Maritime imposait aux opérateurs de se référer à une valeur par défaut fixée à 3,1 %, faute de données mesurées disponibles. MSC Croisières a décidé de remplacer cette estimation théorique par des mesures réelles, réalisées à bord des deux navires dans le cadre d'une vaste campagne conduite conformément à une résolution de l'Organisation Maritime Internationale. Les résultats sont nets. Le MSC World Europa affiche un taux réel de methane slip de 1,67 %, et le MSC Euribia de 1,48 %, soit des niveaux respectivement 46 % et 52 % inférieurs à la valeur par défaut réglementaire. La campagne de mesures a mobilisé des dossiers spécifiques aux émissions moteur, un registre dédié au méthane, des procédures définies de suivi de la charge moteur, et des mesures des gaz d'échappement réalisées à l'aide de plusieurs dispositifs afin de garantir la robustesse des résultats.
Une certification indépendante et une première réglementaire pour toute l'industrie
La vérification a été conduite par Bureau Veritas Marine & Offshore, organisme de certification de référence dans le secteur maritime. À l'issue du processus, l'administration du pavillon européen a approuvé les valeurs vérifiées et délivré une déclaration de conformité officielle reconnaissant les résultats obtenus. C'est cette combinaison qui fait de cette démarche une première dans l'industrie mondiale des croisières. Elle établit une voie réglementaire claire et reproductible permettant à l'ensemble des opérateurs du secteur de passer d'estimations théoriques à un reporting basé sur les performances réelles des navires. « En remplaçant les hypothèses par des données vérifiées de manière indépendante et fondées sur les performances réelles des navires, nous renforçons la précision et la crédibilité du reporting des émissions dans le cadre de FuelEU Maritime », a déclaré Michele Francioni, Chief Energy Transition Officer de MSC Croisières. La compagnie, qui exploite une flotte de 23 navires desservant plus de 250 destinations sur cinq continents, souligne par ailleurs qu'elle ne considère pas le GNL comme une solution unique de décarbonation, et continue d'évaluer d'autres carburants et technologies dans le cadre de sa stratégie de transition énergétique à long terme.