À Saint-Nazaire, Pauline et Claire veulent faire pétiller une cidrerie urbaine et participative
Avec ZigZag, les deux amies d’enfance lancent leur projet collectif entre circuit court, créativité, et envie de faire ensemble.
Et si faire du cidre devenait une aventure à plusieurs mains ? Pauline Macéra et Claire Dugleux nous parlent pommes, fermentation… et surtout collectif. Les 2 amies d'enfance se lancent en effet dans un projet de cidrerie associative en plein cœur de Saint-Nazaire. En transformant des fruits des jardins particuliers et de vergers professionnels en boissons artisanales, elles veulent embarquer avec elles les habitants qui ont envie de créer du lien, et de faire couler ensemble les bulles.
Deux parcours qui se croisent en zigzag
Elles se connaissent depuis l’enfance. Angers, les bancs de l’école, puis la vie qui file, chacune de son côté. Pauline part explorer le monde du vin, se forme à l’œnologie et à la viticulture en Bourgogne, puis s’envole pour le Québec en 2016. Là-bas, elle met les mains dans les vergers en permaculture, apprend, expérimente, et lance le “cidre sauvageon”. Le cidre n'a plus de secrets pour elle. Pendant ce temps Claire, trace sa route dans la gestion de projet. Organiser, structurer, faire avancer les idées, notamment au sein d'une ONG, c’est son terrain de jeu. Débarquée à Saint-Nazaire pour le travail, repartie, puis revenue « parce qu'on s'y sent vraiment bien », elle garde le contact avec sa copine. D'ailleurs c'est elle, qui fait découvrir la cité portuaire à Pauline. Il y a un an, à son retour du Québec, elle débarque alors ni une ni deux en découvrant ce sympathique point de chute. Et surtout, les deux jeunes femmes y voient un terrain fertile pour leur projet commun de cidrerie Zigzag. La rencontre de deux trajectoires qui se croisent, et de deux envies qui s’alignent. Avec un nom comme un clin d’œil à leurs chemins de vie… et aux détours qui mènent parfois aux meilleures idées.
Une cidrerie dans la ville
Pauline et Claire ont une idée bien arrêtée. Surtout, elles veulent bousculer les codes, jouer avec les fruits et les arômes, et sortir de la traditionnelle association cidre + crêperie. Elles ont déjà eu l'accord d'un verger bio d'Herbignac pour employer des fruit “hors calibre” qu’on délaisse trop souvent. Mais elles songent aussi à l'ajout en fin de fermentation de coings, fraises, abricots, herbes aromatiques. Et puis il y a l’autre pilier du projet : le participatif. ZigZag ne sera pas une cidrerie classique, mais un lieu ouvert et associatif. Une cidrerie urbaine, vivante, où chacun peut contribuer. Elles lancent ainsi un appel aux habitants avec des arbres fruitiers dans leurs jardins, qui ne savent que faire de leur récolte, et pourraient s'embarquer dans l'aventure. « Nous avons pour cela besoin de recenser toutes ces personnes intéressées » expliquent-elles. Avec, ou même sans jardin. Pour cueillir, produire et apprendre assemble. « On veut que ce soit un lieu accessible dans la ville. La cidrerie pourrait devenir plus qu'un simple lieu de production, et proposer des ateliers et visites » imaginent Pauline et Claire.
Pour les aider, ça se passe dès à présent !
Aujourd’hui, ZigZag entre dans une phase décisive. Pour que les premières bulles voient le jour, il faut encore réunir les conditions concrètes. D’abord, un lieu. Pauline et Claire recherchent un local d’environ 150 m², idéalement en cœur de ville. « Si on s’éloigne trop, on perd le côté participatif et cela n'a plus de sens » expliquent-elles. Ensuite, du matériel. Une campagne de financement participatif vient d’être lancée sur helloasso pour équiper la future cidrerie. Presse, cuves, aménagements… chaque contribution et chaque implication compte. Et dès maintenant. Enfin, il faut des bras, et des idées. Cueilleurs de pommes, bricoleurs, communicants, simples curieux… tout le monde peut trouver sa place. Les 2 jeunes femmes travaillent déjà avec un graphiste qui leur a créé un univers moderne et coloré. Elles veulent également élargir leur gamme à des jus de fruit. Finalement, ce que Pauline et Claire veulent faire fermenter, c’est aussi une dynamique locale, collective, et joyeuse.