Municipales 2026 à Saint-Nazaire : Denis Lambert repart au combat contre la pollution
Candidat en 2020, Denis Lambert continue de faire de la surmortalité son cheval de bataille, et dénonce "un silence politique".
Avocat de profession, militant par indignation, Denis Lambert a officialisé sa candidature aux élections municipales de 2026 via les réseaux sociaux cet hiver. Candidat en 2020, où il avait recueilli 3,56 % des suffrages au 1er tour, il affirme toujours vouloir « porter une parole que personne ne veut entendre » : celle de la pollution, de la surmortalité, et du silence qui l’entoure. S’il reconnaît s’être présenté « sur un coup de tête » en 2020, il assume 6 ans après un engagement renouvelé, et un ton inchangé. Il se déclare sans étiquette, et annonce qu'une vingtaine de soutiens ont déjà confirmé leur ralliement à sa liste Saint-Nazaire sur Mer, qui conserve le même nom qu'en 2020.
« La pollution : tout part de là »
Chez Denis Lambert, la question environnementale n’a rien d’un slogan. Elle est au cœur d’un constat implacable : « À Saint-Nazaire, on meurt davantage qu’ailleurs. Les médecins ne veulent pas venir ici, car ils savent lire les rapports de l’ARS » assène-t-il. Surmortalité, cancers, pollution de l’air, de l’eau, des sols, il accuse une « omerta totale » des responsables locaux, et vise frontalement certaines industries : « on n’a plus rien à faire d’une usine comme Cargill dans le cœur d'une ville de 70 000 habitants ». Il évoque aussi l’îlot Stef, « où il y a toujours des fuites de polluants qui rejoignent l’estuaire et la baie de La Baule ». Rappelant les discours sur l’alcool et le tabac pointés comme responsables, il dénonce une lecture biaisée et refuse la fatalité : « On a 600 morts de cancers inexpliqués chaque année. Et pendant ce temps-là, on parle arbres et écureuils… » déplore-t-il, visant le maire sortant David Samzun. Pour lui, l’argument de l’emploi ne tient pas face aux coûts humains et sanitaires. Il estime que le dossier est totalement absent du débat politique local, et s’étonne notamment du silence des écologistes sur le sujet, en dénonçant « un système où la contradiction est impossible ».
« Voir la réalité »
Si la santé publique reste son principal sujet, Denis Lambert élargit aussi le spectre à la sécurité, au commerce et à la démocratie locale. Fils de commerçants, il revendique une proximité naturelle avec leurs préoccupations. Et n'hésite pas à accuser la mairie d’entraver toute initiative indépendante : « les commerçants n’osent pas nous rejoindre, ils ont peur de se faire ensuite harceler dans leur activité ». Avocat pénaliste, il dit faire régulièrement des gardes à vue et décrit une ville « qui n’est pas tranquille ». Il pointe également l’inefficacité du système de vidéosurveillance actuel, dont la faible résolution rend difficile les identifications. « Mais à Saint-Nazaire si on critique, ou si on veut apporter des solutions différentes, on est aussitôt traité de facho » regrette-t-il. Sur les transports, Denis Lambert s’étonne de la déconnexion des investissements, « 170 millions dans les lignes de bus pour combien d'usagers, alors qu'à côté, on coupe les vivres aux associations ! » peste-t-il. Il évoque aussi le marché, « bourré d’amiante au-dessus de produits alimentaires », qui aurait dû être rénové depuis longtemps, et plaide pour des solutions plus souples qui permettraient de réduire la facture. « Pourquoi ne pas intégrer des logements au-dessus, via un partenariat privé ? » suggère-t-il. En matière de logement, il ne s’oppose pas au maire, et partage la nécessité de construire. Il imagine enfin relancer le tourisme, notamment avec l’idée d’un quai flottant pour les grands bateaux de croisière. Autant de sujets qu'il prévoit de développer dès le mois de septembre, lorsqu'il organisera sa première réunion publique.

