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Publié par La Rédaction, le 31 Juillet 2026

Nantes Saint-Nazaire Port décroche 59,6 millions d’euros pour bâtir la plateforme Éole

Le gouvernement vient d'attribuer près de 60 millions d'euros au Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire pour construire Éole, la future plateforme portuaire d'assemblage dédiée à l'éolien en mer posé et flottant.

Nantes Saint-Nazaire Port décroche 59,6 millions d’euros pour bâtir la plateforme Éole
La mise en service est prévue pour 2032 © Perspective de Jacques Rouzeval, photo de Franck Badaire

L'annonce était très attendue par les acteurs du territoire. Philippe Tabarot, ministre des Transports, et Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, ont dévoilé le 30 juillet les lauréats de l'appel à projets « Ports » porté par l'Ademe dans le cadre de France 2030. Le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, quatrième port français et premier de la façade atlantique avec près de 30 millions de tonnes de trafic annuel, en ressort bénéficiaire d'une aide de 59,6 millions d'euros. Au total, près de 260 millions d'euros ont été répartis entre cinq grands ports français (Cherbourg, Brest, Nantes Saint-Nazaire, Port-la-Nouvelle et Marseille-Fos) afin de préparer les infrastructures nécessaires au développement de l'éolien flottant. À Saint-Nazaire, cette aide financera une partie du projet Éole, infrastructure industrielle estimée à plus de 200 millions d'euros et présentée comme l'un des maillons manquants de la filière française de l'éolien flottant.

Une enveloppe de 59,6 M€ pour un projet à plus de 200 M€

L'appel à projets « Ports » de France 2030, visait à identifier les infrastructures portuaires capables d'accueillir l'industrialisation de l'éolien en mer de grande puissance. Nantes Saint-Nazaire Port en sort désigné lauréat, avec un soutien qui vient compléter les financements déjà mobilisés au titre du Contrat de plan État-Région des Pays de la Loire, ainsi que le soutien de la Commission européenne via le Mécanisme pour l'interconnexion en Europe pour les études préalables. « Je salue l'engagement collectif et le soutien permanent de tous les élus et des acteurs socio-économiques du territoire à ce projet et au grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, véritable outil stratégique pour la région et notre souveraineté nationale et énergétique », a déclaré Laurent Hottiaux, préfet de la région Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique. Du côté du port, Jean-Rémy Villageois, président du directoire de Nantes Saint-Nazaire Port, y voit la confirmation d'une trajectoire engagée de longue date. « Nantes Saint-Nazaire Port est conscient, à travers ce soutien de l'État, de sa responsabilité au service des politiques publiques de souveraineté industrielle et énergétique » se félicite-t-il.

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Un quai de 530 mètres et cinq postes d'attente pour les flotteurs

Concrètement, Éole doit permettre de stocker et d'assembler les composants des éoliennes destinées aux futurs parcs de la façade atlantique, avant leur remorquage en mer. L'infrastructure repose sur trois éléments techniques. D'abord un quai de 530 mètres de linéaire, dimensionné pour des projets d'une puissance comprise entre 500 et 600 MW par an, qui doit accueillir à la fois l'assemblage des éoliennes flottantes à la grue et l'accostage des navires jack-up utilisés pour l'éolien posé. Ensuite, une zone de stockage à terre destinée à recevoir pales, tronçons de mâts, nacelles, turbines et outillages de levage. Enfin, des ouvrages de stationnement sur le plan d'eau capables d'accueillir cinq flotteurs d'éoliennes en attente d'assemblage, une capacité tampon indispensable pour lisser les cadences de production face à la logistique très contrainte de ce type de composants, qui peuvent dépasser plusieurs centaines de tonnes et une vingtaine de mètres de diamètre pour les flotteurs les plus imposants.

Capitaliser sur l'expérience du premier parc éolien posé français

Le choix de Saint-Nazaire n'est pas surprenant. Le site industrialo-portuaire a déjà vu naître, entre 2019 et 2022, le parc éolien en mer de Saint-Nazaire, premier parc offshore commercial français avec ses 80 turbines de 6 MW chacune, soit 480 MW installés au large du banc de Guérande. En 2025, cette installation a produit environ 1,6 TWh, avec un facteur de charge de 37 %, de quoi couvrir la consommation annuelle de plus de 700 000 personnes. Cette expérience a permis de structurer localement un écosystème de sous-traitants, de logisticiens du colis hors normes et de compétences en montage offshore, sur lequel le projet Éole pourra s'appuyer pour attaquer le segment du flottant, encore émergent en France. Contrairement à l'éolien posé, dont les fondations monopieu ou jacket sont enfoncées directement dans le sous-sol marin, l'éolien flottant repose sur des flotteurs maintenus par des lignes d'ancrage, ce qui autorise une implantation par des fonds plus importants et un assemblage largement réalisé à quai avant remorquage, une différence de méthode qui justifie une infrastructure portuaire dédiée et distincte de celle utilisée pour le parc actuel.

Un calendrier serré avant la mise en service

Le projet Éole est engagé depuis février 2024 dans une procédure de concertation préalable, avec une phase d'échanges organisée entre septembre et novembre 2024, et désormais une concertation continue jusqu'au dépôt du dossier de demande d'autorisation environnementale, attendu d'ici la fin 2026 et qui ouvrira la phase d'enquête publique. Sous réserve des autorisations obtenues, la conception-réalisation se déroulerait entre 2027 et 2028, pour des travaux engagés à partir de 2029 et une mise en service visée à l'horizon 2032. Ce calendrier resserré s'accompagne d'exigences environnementales spécifiques à ce type d'infrastructure côtière, entre dragage, remaniement des fonds au droit du quai et trafic de navires supplémentaire. Sur le volet strictement marin, les retours d'expérience disponibles en France sont plutôt encourageants. Le suivi mené depuis 2018 par l'École centrale de Nantes et le CNRS sur l'éolienne test Floatgen, au large du Croisic, n'a pas relevé d'impact fort sur l'environnement, hormis des effets ponctuels sur les mammifères marins et l'avifaune lors des phases d'installation. Les études disponibles sur la filière soulignent par ailleurs que l'éolien flottant génère moins de bruit sous-marin que le battage des pieux nécessaire à l'éolien posé.

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