Saint-Nazaire : près de 5 ans après l’incendie, l’immeuble de la rue Berthollet va enfin être démoli
Laissé à l'abandon par son propriétaire depuis le drame de novembre 2021, le bâtiment à l'angle de la rue Berthollet et de la rue de Pornichet sera démoli à partir du 4 mai 2026.
C'est un dossier qui aura mobilisé la Ville pendant près de cinq ans, entre procédures judiciaires, mises en demeure restées sans réponse et expertises alarmantes. Le chantier de démolition débute le 4 mai 2026, pour une durée estimée à quatre mois. Il marque l'épilogue d'une longue bataille menée par la municipalité face à un propriétaire défaillant, pendant que le bâtiment, lui, continuait de se dégrader au fil des saisons.
Novembre 2021 : un incendie meurtrier
Dans la nuit du 16 novembre 2021, un violent incendie ravage l'immeuble situé à l'angle de la rue Claude Berthollet et de la rue de Pornichet. Le bilan est lourd. Deux personnes perdent la vie, une troisième est grièvement blessée. Le bâtiment, déjà vétuste et non conforme aux normes à l'époque des faits, est entièrement sinistré. Son propriétaire, domicilié dans le département de la Vienne, est placé en garde à vue avant d'être relâché. À partir de ce moment, le bâtiment entre dans un long purgatoire. Laissé à l'abandon, progressivement dégradé par les intempéries, envahi par les pigeons, il devient une source de préoccupation croissante pour le voisinage et les services municipaux.
Un propriétaire aux abonnés absents
Face à l'inaction persistante du propriétaire, la Ville tente d'abord la voie amiable. En juillet 2024, un premier courrier de mise en demeure lui est adressé, lui demandant de faire réaliser une expertise du bâtiment et de limiter la présence des pigeons sur le site. Un an plus tard, le 15 juillet 2025, un second courrier exige cette fois une étude sur la déconstruction et la mise en place d'un périmètre de sécurité. Le propriétaire ne donne pas signe de réponse et n'entreprend aucune intervention.
L'escalade judiciaire
Le 16 juillet 2025, les services municipaux constatent sur place une aggravation inquiétante de l'état de la structure. La Ville saisit alors le tribunal administratif de Nantes le 22 juillet. Un expert désigné par la juridiction réunit les parties quelques jours plus tard, en présence de la Ville, mais en l'absence du propriétaire. Son rapport du 28 juillet est sans appel : danger grave et potentiellement imminent pour la sécurité des personnes, risques concernant aussi bien les usagers de la voie publique que les habitants des immeubles voisins, aggravés notamment par le vent et la pluie. L'expert préconise « la démolition urgente des ouvrages en voie de déstructuration et déstructurés ». Le 5 août 2025, la Ville prend un arrêté de procédure d'urgence, mettant en demeure le propriétaire d'agir dans un délai de quinze jours. Sans succès. Le 2 décembre 2025, le tribunal judiciaire autorise finalement le maire de Saint-Nazaire à procéder lui-même aux travaux de démolition, aux frais et risques du propriétaire, contre lequel une procédure a été engagée. Un expert a également été nommé par le tribunal administratif de Nantes pour suivre les travaux et pourra être sollicité en cas de dommages.
Une démolition encadrée, dès le 4 mai
Le chantier qui débute le 4 mai s'annonce minutieux. La déconstruction sera dite « sélective ». Après l'installation d'un périmètre de chantier sécurisé, les éléments risquant de chuter seront d'abord démontés manuellement, avant que le reste du bâtiment ne soit déconstruit mécaniquement. Les déchets seront ensuite triés et évacués dans les filières dédiées, avant le nivellement final de la parcelle. Par précaution, les travaux seront réalisés sous protocole amiante, avec des mesures en continu des émissions de fibres dans l'air. Côté circulation, la rue de Pornichet passera en alternat par feux pendant toute la durée du chantier, estimée à quatre mois maximum, tandis que les accès riverains seront maintenus.