FCPE Saint-Nazaire : « il faut surtout entendre ce que les jeunes cherchent à nous dire »
Alors que les grilles de plusieurs lycées et collèges de Saint-Nazaire restent fermées ce lundi, la FCPE appelle à ouvrir le dialogue le plus rapidement possible.
La jeunesse est en ébullition à Saint-Nazaire et partout en France. Pas toujours pour les mêmes raisons. Des lycéens protestent sur leurs conditions d'études et les moyens accordés à leur avenir. Tandis que des casseurs s'attaquent justement à l'outil d'accession au savoir, et brûlent des lycées déjà en manque de moyens. La réponse des forces de l'ordre la semaine dernière, et l'instauration en ce début de semaine de cours en distanciel, inquiètent la FCPE de Saint-Nazaire qui a réagi dans un communiqué de presse. « Fermer les portes des lycées plutôt qu’ouvrir immédiatement le dialogue risque d’augmenter le sentiment de ne pas être écoutés et d’alimenter davantage la colère » alerte la Fédération.
Des violences rapportées par des jeunes
La FCPE ne minimise pas les violences qui ont accompagné certaines mobilisations mais demande des réponses, tout en refusant que ces actes soient confondus avec l'ensemble des jeunes mobilisés. « Si nous condamnons les violences et les dégradations qui ont pu avoir lieu dans le cadre de ces mobilisations, elles ne peuvent pas justifier des réponses disproportionnées à leur encontre. Nous sommes très préoccupés par les témoignages de jeunes qui rapportent des violences physiques et verbales de la part des forces de l’ordre (à Saint-Nazaire et dans d’autres villes). Ces témoignages doivent être entendus et les faits établis. Beaucoup de ces jeunes sont mineurs, leur protection doit rester une priorité » insiste la Fédération. Après plusieurs jours de blocages, d'affrontements et de dégradations, entre 400 et 500 établissements scolaires étaient encore totalement ou partiellement fermés ce lundi 5 octobre en France, selon le ministère de l'Éducation nationale. En Loire-Atlantique, la tension a notamment été marquée par l'incendie du lycée Nelson-Mandela à Nantes, dont le hall a été détruit jeudi 1er octobre. Ce lundi matin, un important dispositif de forces de l'ordre était encore posté devant le lycée.
Fermer les portes pour protéger, mais au risque de creuser le fossé
À Saint-Nazaire, plusieurs lycées et collèges publics ou privés restent fermés ce lundi, ou passent en enseignement à distance. Au lycée Aristide-Briand, les familles ont ainsi appris vendredi soir que les cours en présentiel seraient suspendus lundi 5 et mardi 6 octobre. Les internats d’Aristide-Briand, Brossaud-Blancho, Heinlex et Boulloche sont également fermés. Vingt établissements de Loire-Atlantique sont concernés par les arrêtés préfectoraux interdisant les rassemblements autour des lycées. La FCPE s'inquiète cependant de la manière dont les jeunes vont interpréter ces décisions. « Les lycéens ne sont pas responsables de la décision de fermer leur établissement et de passer au distanciel », rappelle-t-elle. « Cette décision est prise par des adultes et par les institutions, elle ne doit pas devenir une responsabilité que l’on ferait porter collectivement aux jeunes », ajoute la Fédération, qui craint que la fermeture ne produise l’effet inverse de celui recherché. « Une mesure présentée comme protectrice peut aussi être vécue comme une sanction ou comme une façon d’éloigner les jeunes de leur lieu de mobilisation. Alors qu’ils demandent justement à être entendus, fermer les portes des lycées plutôt qu’ouvrir immédiatement le dialogue risque d’augmenter le sentiment de ne pas être écoutés et d’alimenter davantage la colère », poursuit-elle. Cette interrogation vaut aussi pour l'enseignement à distance. Tous les élèves ne disposent pas des mêmes conditions matérielles ou familiales pour travailler chez eux.
Le dialogue peut-il commencer avant le 14 octobre ?
C’est finalement le calendrier du dialogue qui inquiète le plus la FCPE. Au lycée Aristide-Briand, des temps d’échange et une consultation des élèves sont annoncés, tandis qu’une réunion du Conseil de vie lycéenne doit se tenir le 14 octobre. Des espaces que la fédération considère comme « importants », mais qui ne répondent pas à l’urgence du moment. « Le dialogue ne peut pas attendre le 14 octobre. Les jeunes doivent pouvoir être entendus dès maintenant », insiste la Fédération des conseils de parents d'élèves. Cette demande résonne avec la situation nationale. Après une semaine de mobilisation marquée à la fois par de fortes revendications et de graves violences, le gouvernement a annoncé vouloir travailler sur les demandes des lycéens et promettre des premières réponses avant la fin du mois. À Saint-Nazaire, la FCPE entend pour sa part rester à sa place. « Nous voulons tenir notre rôle de parents : défendre le droit de nos enfants à étudier dans de bonnes conditions, mais aussi leur droit à s’exprimer, à contester, à être écoutés et à être protégés. Ce mouvement appartient à la jeunesse. À elle de porter ses revendications et sa parole. À nous, adultes, de faire en sorte qu’elle puisse être entendue, respectée et protégée », déclare la Fédération, en appelant les parents et adultes « qui se sentent concernés à prendre part à la marche du 6 octobre », « en solidarité avec la jeunesse et pour se mettre à leur disposition pour assurer sa protection et sa sécurité ».