Montoir-de-Bretagne : Air Liquide investit 50 millions d’euros dans l’azote liquide pour le Grand Ouest
Le groupe vient de mettre en service une nouvelle unité de production d’azote liquide qui augmente de 50 % les capacités du site, pour répondre notamment aux besoins dans l’agroalimentaire et l’industrie.
À Montoir-de-Bretagne, le site d’Air Liquide est un savant assemblage de cuves, de tuyauteries et de structures métalliques. Depuis plus de 25 ans, l’installation transforme l’air ambiant en oxygène et en azote, sous forme liquide ou gazeuse, pour approvisionner les industriels du Grand Ouest. Une nouvelle unité vient d’entrer en service sur le site de 2,5 hectares et a été inaugurée ce jeudi 8 octobre, pour répondre à la hausse de la demande en azote liquide, notamment dans l’agroalimentaire. Les premières molécules ont été produites il y a une quinzaine de jours, et à terme, le site pourra fournir environ 900 tonnes d’azote liquide par jour, soit 50 % de capacité supplémentaire. « Cette inauguration est importante pour faire savoir à nos clients que nous sommes présents pour les accompagner », déclare Nicolas Droin, directeur général d’Air Liquide France Industrie.
Un site au cœur de l’industrie régionale
À Montoir-de-Bretagne, Air Liquide produit de l'oxygène, et de l'azote, sous forme liquide ou gazeuse. Une partie part directement par canalisation vers des industriels voisins, notamment à Donges. Le reste est liquéfié, stocké puis livré par des semis-remorques aux clients qui vont l'utiliser dans leurs procédés de fabrication. Découpe ultra précise, fabrication des puces électroniques… « Nos molécules vont servir quasiment toutes les activités économiques et industrielles que l'on peut trouver sur le territoire français », explique Nicolas Droin. Dans le Grand Ouest, l’azote liquide est particulièrement demandé dans l’agroalimentaire pour la surgélation ou la mise en atmosphère de protection, mais aussi dans l’industrie manufacturière, ou encore le secteur pharmaceutique. « Cette nouvelle unité vient répondre à la demande de ces clients. Nous travaillons sur le temps long, avec des marchés qui progressent de 1 à 2 % par an. Au bout de 10 ou 15 ans, les capacités peuvent saturer », détaille-t-il. Avec quelque 200 000 clients en France, dont plusieurs dizaines de milliers dans l'Ouest de la France, Air Liquide a également besoin de s'implanter au plus près des acteurs économiques. Car la volatilité du produit, et les contraintes liées à son transport conduisent Air Liquide à approvisionner principalement des clients situés dans un rayon de 200 km autour du site. « L'ancrage local est dans notre ADN », poursuit le dirigeant.
Un emplacement stratégique
Sur le site, les chiffres donnent une idée du changement d’échelle. L’unité historique produisait jusqu’ici 600 tonnes d’oxygène par jour, et à peu près autant d’azote. La nouvelle unité ajoute 300 tonnes d’azote liquide quotidiennes. De quoi faire passer la capacité d’expédition d’environ 30 à 50 semi-remorques par jour. Un investissement de 50 millions d’euros a été nécessaire, consacré à la production et à la liquéfaction de l’azote. Pour l'accompagner, les effectifs du site sont passés de 10 à 20 personnes, elles travaillent également sur le site Air Liquide de Donges. L’ancienne et la nouvelle unité fonctionnent de manière autonome, tout en étant complémentaires. « C’est de la capacité additionnelle pour du développement additionnel », insiste Nicolas Droin. À quelques mètres des installations, un nouveau stockage de 1,7 million de litres d’azote liquide vient donner de la souplesse à l’ensemble. Et le choix de Montoir-de-Bretagne est stratégique, près des grands axes routiers, au plus près des clients. « C’est un beau territoire de compétences qui présente toutes les caractéristiques pour un investissement et un beau développement de l’activité », estime-t-il. « Air Liquide fait partie des plus gros investisseurs industriels en France ces dernières années », ajoute Nicola Droin. Le groupe emploie par ailleurs environ 600 personnes dans l’ensemble de ses activités liées aux gaz liquides dans le Grand Ouest, et son activité génère au total environ 2 600 emplois directs et indirects dans la région.
Comment ça marche ?
Tout commence par l’air qui circule autour de nous. Aspiré sur le site, il est débarrassé de ses poussières et de ses impuretés, puis comprimé avant d’être refroidi à des températures cryogéniques. En descendant progressivement en température, ses différents composants peuvent être séparés, chacun ne se liquéfiant pas à la même température. L’azote, l’oxygène et l’argon sont alors récupérés séparément, puis stockés sous forme liquide ou gazeuse selon les besoins. « C’est un peu comme un gros alambic », résume Nicolas Droin. Pour l’azote liquide, le procédé conduit jusqu’à -196 °C, avant son stockage dans les réservoirs du site et son expédition vers les clients. Le site de Montoir-de-Bretagne fonctionne sans interruption, 24 heures sur 24, alimenté par des postes haute-tension. Pendant le chantier, jusqu’à 70 personnes ont travaillé sur place, « c’est un projet qui s’est déployé sur un site toujours en activité », souligne Nicolas Droin. Le pilotage se joue sur site, mais aussi à distance. Comme les autres unités françaises, Montoir-de-Bretagne est supervisé depuis un centre installé près de Lyon, qui reçoit en temps réel les données des capteurs répartis sur les installations. Les niveaux de stockage, le fonctionnement des équipements, mais aussi les mouvements de camions et les prévisions de consommation des clients y sont suivis pour ajuster la production et organiser les livraisons. Cet investissement doit ainsi permettre à Air Liquide d’accompagner la progression des besoins industriels du Grand Ouest, tout en renforçant un site déjà solidement implanté dans le territoire.