Saint-Nazaire : la mobilisation lycéenne dégénère devant Aristide-Briand, les CRS chargent
Après une première journée de mobilisation qui s’était déroulée dans le calme hier, la situation s’est tendue ce mercredi 7 octobre au matin devant le lycée Aristide-Briand.
Vingt-quatre heures après une manifestation qui s’était déroulée dans le calme jusqu’à la sous-préfecture de Saint-Nazaire, la mobilisation lycéenne a pris une tout autre tournure ce mercredi 7 octobre devant la cité scolaire Aristide-Briand. Le mouvement lycéen, lancé en France depuis le 21 septembre, s’est considérablement amplifié ces dernières semaines. Les élèves dénoncent notamment le manque d’enseignants et de personnels, les classes surchargées, les difficultés liées à Parcoursup et l’état de certains établissements. À Saint-Nazaire, les revendications avaient également été exposées mardi lors d’une rencontre entre une délégation de lycéens, d’enseignants et de représentants syndicaux et la sous-préfète Nathalie Valleix.
Une matinée qui commence dans le calme avant une montée de la tension
Ce mercredi matin, plusieurs centaines de lycéens se sont de nouveau rassemblés aux abords du lycée Aristide-Briand, où les cours avaient repris. Dans un premier temps, la situation est restée calme. Elle s’est progressivement tendue au cours de la matinée. Des manifestants ont allumé un feu de poubelles et lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre. Des lycéens se sont ensuite introduits dans l’établissement et ont déclenché les alarmes incendie, contribuant à accroître la confusion aux abords de la cité scolaire.
Sommation et charge
En fin de matinée, plusieurs véhicules de la brigade anticriminalité (BAC) sont arrivés depuis le secteur du Parc paysager. À leur arrivée au niveau de l’entrée principale, où plusieurs lycéens étaient massés, les véhicules ont accéléré, provoquant un mouvement de panique parmi les jeunes présents. Quelques minutes plus tard, les CRS à pied se sont rapprochés du rassemblement. Après plusieurs sommations, un face-à-face s’est installé avec des lycéens. La manœuvre a notamment eu pour effet d’encercler plusieurs lycéens au niveau du portillon avant de les repousser vers la plaine des sports. Face à la résistance de certains d’entre eux, les CRS ont utilisé leurs matraques pour les faire reculer. Les forces de l’ordre ont alors chargé, repoussant progressivement le groupe en direction de la plaine des sports.
« Je faisais partie de la délégation ayant rencontré la sous-préfète hier »
La scène de ce mercredi intervient alors que la question de la réponse apportée aux mobilisations lycéennes est devenue l’un des points de tension du mouvement. À Saint-Nazaire, la FCPE avait notamment indiqué avoir recueilli des témoignages de jeunes faisant état de violences de la part des forces de l’ordre, tout en condamnant les violences et dégradations commises pendant les mobilisations. Karine, représentante syndicale, était présente mardi lors de la rencontre avec la sous-préfète. Elle livre son témoignage sur la mobilisation et la réponse apportée aux lycéens. « Je faisais partie de la délégation ayant rencontré la sous-préfète hier. Nos élèves ont brillamment exposé leurs revendications, qui rejoignent les nôtres. Mais les autorités ne veulent pas entendre parler de répression policière. Pourtant, il y a quelques jours, une jeune fille de 13 ans a été violemment réprimée. Aujourd'hui elle a le bras dans le plâtre », raconte-t-elle.
« Je suis venue aujourd'hui pour protéger mon enfant »
Autour du lycée, la mobilisation ne rassemble pas uniquement des élèves. Des parents sont également présents pour accompagner leurs enfants. Julie est maman d'un lycéen scolarisé en terminale. Elle explique pourquoi elle est venue ce mercredi matin. « Je suis venue aujourd'hui pour protéger mon enfant. Moi j'ai l'habitude, je suis une ancienne gilet jaune. Je sais comment se passent les manifestations. Ils sont moins aguerris que nous alors j'ai peur. Je pense que plus de monde va venir encore, qu'il y a un ras le bol général de tout le monde. Tout se détériore et rien n'est fait. La violence des manifestations, cela me fait peur, car les jeunes sont beaucoup plus insouciants que nous, parce qu'ils n'ont rien à perdre », indique-t-elle. Ce mercredi après-midi, les cours sont suspendus pour les lycéens.