Municipales à Saint-Nazaire : Denis Chéreau réussit l’alliance du centre et de la droite
La liste “Unis pour Saint-Nazaire” lance sa campagne derrière Denis Chéreau, affichant une unité retrouvée, et la promesse d’une « respiration démocratique » après un mandat passé dans l’ombre.
La droite et le centre nazairiens ont choisi de repartir unis pour les Municipales de 2026 à Saint-Nazaire, 6 ans après une division qui les a relégués hors de toute représentation municipale. Ce lundi 24 novembre, l'alliance “Unis pour Saint-Nazaire” a officialisé sa candidature collective, et désigné Denis Chéreau (Horizons) comme tête de liste. Dans une ville dirigée depuis plus d’un siècle par la gauche, la liste d'union revient en ordre de bataille, réunissant le centre gauche jusqu'à la droite républicaine.
Une union patiemment reconstruite
Ce lundi 24 novembre, Denis Chéreau (Horizons), Bassem Neifar (Reniassance), Nathalie Leroux (Démocrates et Progressistes), et Stéphane Gaschignard (LR) sont venus accompagnés d'une vingtaine de citoyens ou militants, à cette première conférence de presse de campagne. Une démonstration d'unité, pour renforcer la symbolique de leur alliance retrouvée. Car l’union était devenue indispensable. Les divisions de 2020, qui avaient laissé la droite et le centre sous la barre du premier tour, sont désormais brandies comme un contre-exemple absolu. « On a tout perdu, et un quart des Nazairiens s’est retrouvé sans représentation municipale » reconnaît Stéphane Gaschignard, candidat LR aux élections municipales de 2020. L’alliance d’aujourd’hui, adoubée par les instances nationales, revendique par ailleurs une continuité historique. « De tout temps à Saint-Nazaire, il y a eu une liste centre-droit, sauf en 2020 » rappelle-t-on. L'union est annoncée « pour durer dans le temps ».
Denis Chéreau, le rassembleur
Choisi naturellement, Denis Chéreau s’est imposé comme point d’équilibre de la coalition. Issu d’un milieu ouvrier, autodidacte républicain revendiqué, cadre bancaire de 54 ans spécialisé auprès des associations et des collectivités, il incarne une droite qui se veut « efficace, ouverte au dialogue, attentive au terrain ». Son parcours, allant du soutien à NKM à son ralliement à Édouard Philippe, raconte davantage une quête de cohérence qu’un opportunisme partisan. Engagé dans la vie associative, familier des problématiques locales, il promet une méthode fondée sur la co-construction et le refus de la verticalité politique. « Nous sommes avant tout des citoyens et pas des politiciens » affirme-t-il. Avec sa liste, il promet « une respiration démocratique pour la ville et l'agglomération (…) une autre méthode pour faire participer les habitants et améliorer leur quotidien dans tous les quartiers de façon concertée et anticipée ».
Une critique de la majorité Samzun
Face au maire sortant, David Samzun, les candidats d’"Unis pour Saint-Nazaire” attaquent désormais à front ouvert. Ils dénoncent une majorité « essouflée, qui n'a plus de vision pour la ville, qui reste dans de vieux réflexes d'entre-soi, et qui n'hésite pas à s'acoquiner avec l'extrême gauche quand ça l'arrange », en faisant référence à l'absence de consigne de vote aux deux dernières élections législatives. Denis Chéreau rappelle également les « dix à quinze ans de retard » pris sur certains dossiers, et une « incapacité à anticiper les crises en matière d’urbanisme, de logement ou de commerce ». Le sujet de la sécurité, cher aux LR, n'est pas oublié. « David Samzun prône la stabilité, il ne fallait pas créer le cahos lui même. Rappelez-vous qu'en 2020, il affirmait qu'il ne pouvait rien faire » renchérit Stéphane Gaschignard.
Une méthode mise en avant
Si le programme détaillé viendra plus tard, la coalition avance déjà trois chantiers prioritaires : revitaliser les commerces et le centre-ville dès mars 2026, lancer une vaste concertation citoyenne quartier par quartier à l’automne suivant, et instaurer un plan de transparence sur les finances publiques, notamment en matière de subventions et de possibles doublons. La majorité sortante est accusée d’avoir été incapable d’assurer une véritable participation, et même d’avoir « coupé l’opposition de l’information ». « Le maire a proposé de recevoir les oppositions de droite durant cette période, sauf qu'il a refusé l'accès aux têtes de liste, comme Stéphane Gaschignard qui n'était pas le bienvenu. C'est de la fausse démocratie » critique Denis Chéreau.
Une position ferme face au RN
Sur leur droite, les représentants de la coalition se montrent fermes : aucune alliance avec le Rassemblement national n’est envisageable, insistent-ils, regrettant au passage que la tête de liste RN soit un ancien LR. « Il y a des gens qui changent, nous on préfère la rigueur » glisse Stéphane Gaschignard. Du côté du centre, le MoDem n’est pour l’heure pas engagé dans l’alliance : Jean-Michel Texier « fait un pas de côté, mais la porte reste ouverte ». Quant à l’ex-députée macroniste Audrey Dufeu, soutien déclaré, son rôle sur la liste reste encore à préciser.
