Saint-Nazaire : 200 personnes rassemblées au Grand Café contre la fermeture du centre d’art
Le vernissage de l'exposition « Garden of Commons » s'est transformé vendredi soir en mobilisation contre la disparition programmée du lieu.
Le Grand Café, centre d'art contemporain d'intérêt national de Saint-Nazaire, accueillait vendredi 12 juin le vernissage de sa nouvelle exposition « Garden of Commons » de l'artiste Nefeli Papadimouli. Environ 200 personnes se sont rassemblées à cette occasion pour exprimer leur opposition à la fermeture du lieu. La municipalité a en effet annoncé il y a quelques jours son intention de dédier le centre à la photographie. Habitants, étudiants en Beaux-Arts, artistes venus parfois de Nantes, responsables de structures culturelles locales et nantaises, responsables politiques ou syndicat… La mobilisation suivait le lancement d'une pétition lancée trois jours plus tôt, qui a déjà recueilli plus de 3 000 signatures.
« Ce lieu, c'est notre avenir à nous »
Dans la foule, les témoignages se succédent. Gwendoline, libraire à Saint-Nazaire, dit son incompréhension face à la fermeture d'un tel espace dans une ville qui a ouvert une école des Beaux-Arts. « Ce lieu, c'est notre avenir à nous, c'est aussi un avenir pour tout le monde, un échappatoire à la vie quotidienne » témoigne un peu plus loin Natalia, étudiante justement aux Beaux-Arts. Plus loin, Corentin, artiste plasticien venu de Nantes, confie n'avoir « jamais manqué une seule exposition de ce lieu qui rayonne jusqu'à l'international ». Il pointe aussi une « perte sèche pour tous les artistes qui participaient au montage et au démontage des expositions ».
L'adjoint à la culture hué par la foule
Plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement. Le député LFI Matthias Tavel et l'élue d'opposition Violaine Lucas, du groupe Ensemble Soyons Saint-Nazaire, sont venus afficher leur soutien aux défenseurs du lieu. « On a vu passer de très grands noms qui ont émergé ensuite. C'était une chance d'avoir un tel lieu à Saint-Nazaire » affirme-t-elle. L'adjoint à la culture Michel Ray, accompagné de plusieurs autres adjoints et de membres du cabinet du maire, a pris la parole, mais son discours a été couvert par les huées et les sifflets de la foule. L'artiste exposée s'est elle aussi exprimée pour présenter ses œuvres, avec une émotion perceptible dans la voix.